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A bicyclette entre montagnes et plat

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Pédaler pour découvrir les paysages de la Suisse ou de l’étranger est à la portée de tous. Avec la montée en popularité des vélos électriques, les possibilités de voyage se sont élargies. Avec elles, l’offre aussi.

Prendre le temps de vivre les paysages: le vtt électrique a le vent en poupe.

Crédits: Jérémie Carron

Les stations valaisannes l’ont compris et elles ne sont pas les seules. La popularité de l’e-bike décuple les possibilités en matières de tourisme et de parcours cyclables. Que ce soit pour aller du col du Nüfenen, au Tessin, à Venise ou pour simplement explorer le barrage de Tseuzier ou le Val de Bagnes, l’offre existe.

L’impact économique est important, à l’image de ce qu’observe la station de Crans-Montana. Elle a récemment accueilli le Festival du cyclisme alpin, dans le cadre du Tour des Stations. La Maison du Tourisme de Crans-Montana n’a pas de chiffres précis quant à l’impact direct du tourisme de vététistes en termes de nuitées et consommation. Elle compte cependant quatre hôtels labellisés «Swiss Bike Hotels» ainsi que trois magasins de vélo et quatre écoles dédiées à ce sport. Côté infrastructures, la station compte 200 kilomètres de parcours faisables en vélo de route et 177 kilomètres destinés aux VTT, 

Un autre festival de vélo aura lieu, dans le Val de Bagnes cette fois. Le Verbier E-Bike festival vise à faire découvrir la pratique du vtt électrique dans les Alpes. Le terrain de jeu se trouve être le Val de Bagnes tout entier. L’un des grands attraits réside en les différentes bornes électriques installées un peu partout dans la vallée. Au nombre de douze, elles sont fournies par la société d’énergie Altis. L’infrastructure est donc bonne pour lancer tout à chacun sur les différents parcours.

Nicolas Haye-Woods, créateur de l’E-Bike Festival mais également directeur du Freeride World Tour, a fondé le festival grâce à plusieurs facteurs. «D’abord, cela fait 25 ans que nous travaillons avec Verbier et la commune de Bagnes. Une station qui a décidé d’investir durant la période estivale. Ensuite, nous jouons "à la maison". Enfin, il y a suffisamment de terrain et d’infrastructures». Les coûts du festival sont estimés à 1,2 million de francs. «Environ 50% du budget provient des subsides des institutionnels, donc la Commune de Bagnes, le Canton du Valais, la Loterie Romande et le Fonds du Sports». Les autres sources de financement sont les différents sponsors, plus de 30 marques de l'industrie du vélo mais aussi les participants eux-mêmes qui paient leur inscription. «Nous espérons 100 000 à 150 000 francs de recettes avec la vente des différentes activités proposées au public» annonce Nicolas Haye-Woods. Le directeur de l’événement parle d’une politique de prix agressive, afin de directement inscrire le festival comme incontournable du genre.

Un jour… ou plus

Au-delà de l’offre découverte qu’offrent ces événements, de nombreux guides proposent leurs services pour des parcours. Il y a de tout, longue ou courte durée, très sportif ou plutôt rando-gourmande. Toujours est-il que les passionnés en quête de partage sont nombreux. C’est notamment le cas des fondateurs d’eMTB Swiss Alps. Maxence Carron et Adrià Mercadé ont été motivés par diverses raisons. «Au départ, par passion du VTT et de la montagne ainsi qu’un désir immodéré de faire partager les richesses de la culture alpine. Ensuite, la volonté de participer à l’avènement d’un tourisme de montagne quatre saisons. Enfin, le désir de ne pas proposer un simple tour à vélo mais une expérience d’exception. L’idée excitante de revisiter la plus mythique des traversées alpines, la Haute Route Chamonix-Zermatt, en l’adaptant au e-bike a été finalement le déclencheur de cette aventure», affirment les deux compères.

Un groupe en pause lors d'une étape. Crédits: Jérémie Carron.

Le succès est au rendez-vous puisqu’ils comptent sept Hautes routes de réservées en une saison. «Soit plus de cinquante journées de vélo», traduit Adrià Mercadé. Le prix du séjour de sept nuits est fixé à 2300 francs suisses, repas compris. En outre, comme beaucoup de guides, les deux compères ont mis en place un système pour que leurs clients n’aient qu’à transporter leur sac à dos avec eux. Les bagages sont eux envoyés à l’étape suivante.

Pour tous

Si les adeptes des coups de pédale profitaient déjà des routes et paysages qu’offrent la Suisse et les différents pays, des petites révolutions sont apparues. La plus marquante: l’essor des vélos électriques. Ils permettent aux moins sportifs d’accompagner les plus athlétiques. «On peut tout de même transpirer avec une assistance moins forte», précise Nicolas Haye-Woods.

Maxence Carron confirme. «Nous avons été extrêmement surpris par la diversité des personnes intéressées par ce défi.Cela va de l’étudiant de 20 ans au couple de retraité de 70 ans, de la médaillée olympique au sportif du dimanche, de l’amateur de sensations fortes au féru de beaux paysages.»

De ce fait, les familles peuvent elles aussi profiter de partir ensemble. De cette augmentation des e-bike est née le développement de l’offre hôtelière. Le label «Swiss Bike Hotel» reconnaît par exemple les établissements hôteliers qui accommodent les cyclistes. Dans sa brochure, Suisse Tourisme parle d’infrastructures pour les vélos et de cuisine adaptée.

Désormais, c’est au tour des bornes électriques de fleurir un peu partout. Si le Val de Bagnes se place en précurseur avec celles posées par Alpiq, d’autres devraient en ajouter.

La borne proche d'Ayent. Crédits: Public Places.

La station d’Anzère a récemment annoncé l’installation d’une borne solaire pour charger les vélos. La société Public Places l’a fournie. Son fondateur Thierry Galladé précise que l’intérêt grandit. Quant à savoir qui paye: «Pour l’instant l’intérêt suscité est plus fort auprès des Office du tourisme qu’auprès des autorités communales (budgets croisés donc - in fine - c’est la commune qui paie).»

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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