Bilan

Adoptez les bons gestes pour la planète

Regarder une série en streaming, envoyer un e-mail ou jouer en ligne: chaque action a un impact. Conseils pour limiter son empreinte environnementale.

Crédits: Netflix 

Smartphones

Des batteries en lithium, du verre, de l’électronique, du métal, du plastique et bien d’autres éléments: les smartphones mobilisent passablement de composants. Tout comme les ordinateurs ou tablettes, ils nécessitent de l’énergie tout au long de leur cycle de vie. L’entreprise Ericsson, active dans les télécommunications, estime que 1,4% des émissions de CO2 proviennent du secteur. Cela comporte la fabrication des appareils, leur mise en réseau ainsi que leur utilisation. Acheter un produit efficient est donc important, mais le conserver le plus longtemps possible l’est encore plus. Les utilisateurs semblent l’avoir compris, et les Américains attendent plus longtemps qu’auparavant avant de changer de téléphone. Ils patientent presque trois ans, contre moins de deux ans et demi quelques années plus tôt.

FairPhone a lancé son smartphone connecté, qui n’utilise que des matériaux provenant d’entreprises écoresponsables. Sa particularité est d’avoir été créé pour être démontable, et les pièces se remplacent donc sans trop de difficulté. Des acteurs comme la Fédération romande des consommateurs (FRC) proposent régulièrement des «repair cafés», durant lesquels les personnes tentent de réparer leurs appareils.

Conseil: réparer plutôt que de jeter dans la mesure du possible.

Streaming

Les contenus audio ou vidéo représentent une part non négligeable de la pollution de la planète. Des chercheurs de l’Université de Bristol estimaient en 2016 que YouTube mobilisait l’équivalent de la production de dioxyde de carbone émise par la ville de Glasgow. Netflix laisse aussi une empreinte. Le site Carbon Brief avance qu’une heure de visionnage équivaut à consommer entre 0,12 et 0,24 kWh d’électricité par heure. Trente minutes représentent 28 à 57 grammes d’émissions de CO2.

Que faire? D’une part, l’utilisateur peut choisir de regarder son contenu sur des appareils peu gourmands en énergie. Cela signifie savourer le karaoké de Bohemian Rhapsody sur un portable plutôt que sur son énorme télévision de 60 pouces. Cela signifie également éviter de lancer des vidéos en ultra HD pour quitter la page sans la regarder.

Quant aux jeux en ligne, ils ne représentent pas forcément une consommation élevée. Certains ont largement déployé leurs infrastructures en ligne et l’ordinateur n’a pas besoin de charger en permanence des données.

Conseil: tenter au maximum de lancer ce qui va être consommé. Se passer de la haute définition lorsqu’elle n’est pas nécessaire.

Stockage

Il ne fait pas bon de laisser la poussière s’accumuler dans sa maison. Le stockage suit le même principe, que ce soit en matière de boîte mail ou de documents en ligne. Justin Adamson, aujourd’hui employé chez Tesla, a calculé que la sauvegarde d’un fichier sur un cloud était un million de fois plus coûteuse en électricité que sur un disque dur. Le confort de stockage est évidemment différent, mais la question peut se poser.

Trier ses e-mails régulièrement est aussi une bonne habitude à prendre. Les internautes ont l’occasion de filtrer à la source, en se désabonnant des newsletters qu’ils ne lisent pas. Ils peuvent aussi supprimer les messages inutiles ou déjà traités, qui ne requièrent pas de trace. Les pièces jointes pèsent davantage dans l’espace de sto-ckage. Aussi, éviter d’envoyer des e-mails inutiles aide énormément la planète. Mike Berners-Lee, expert en empreinte carbone et professeur à l’Université de Lancaster, met en garde contre le temps de traitement des e-mails normaux. Alors que les spams sont vite gérés et jetés à la corbeille, les remerciements répétés ou propos qui aurait pu être tenus de vive voix sont autant d’émissions de carbone évitables.

Conseil: effectuer si possible des sauvegardes sur deux disques durs différents lorsque le fichier n’a pas besoin d’être accessible en tout temps par différentes personnes.

Logiciels et opérateurs

Le choix du navigateur internet n’est pas anodin, puisqu’ils sont construits différemment. Ainsi, Opera consomme moins que Firefox ou Google Chrome. Et au final, la page affichée est identique. Concernant les logiciels, des limites existent bien sûr, car tous ne possèdent pas de version légère. De plus, des entreprises mettent en place des infrastructures pour compenser leur empreinte carbone. Infomaniak, par exemple, est mis en avant par de nombreux acteurs de l’informatique en Suisse. Boris Siegenthaler, CEO, affirme qu’«un serveur chez nous consomme en moyenne 13 kg de CO2 par an pour son exploitation (grâce à un achat d’énergie renouvelable) alors qu’il émettrait 160 kg de CO2 par an s’il était sto-cké chez un hébergeur qui ne ferait pas l’effort d’acheter de l’énergie renouvelable».

Certains moteurs de recherche ont tendance à conserver des informations durant longtemps, tout comme des sites friands de données. The Shift Project a développé un outil qui calcule l’impact de la navigation. Ce «carbonalyser» donne le poids des émissions d’électricité, de CO2, de données téléchargées et le temps en ligne.

Conseil: utiliser les navigateurs les moins énergivores et se renseigner sur le rapport de durabilité de son fournisseur.

Réglages utilisateur

Luminosité de l’écran, vidéos lancées automatiquement ou simplement temps d’utilisation: l’utilisateur dispose de quelques leviers pour diminuer la consommation énergétique de ses appareils. Sur de nombreux téléphones ou tablettes, la luminosité se règle automatiquement selon la lumière ambiante. Plusieurs sites ou extensions permettent d’empêcher des vidéos de se lancer automatiquement.


(Crédits: Dr)

«L’adoption du cloud par les entreprises s’accélère»

Ardeschir Dabaghchian est fondateur et directeur d’Admiris, spécialisée dans la gestion d’infrastructures informatiques.

Comment va évoluer le réseau internet au cours des prochaines années?

Actuellement, l’infrastructure en place est déjà très efficace en Suisse. Le pays figure parmi les plus développés. Tout s’oriente vers une augmentation de la demande. Les personnes ne vont pas continuer au même niveau d’utilisation qu’aujourd’hui, les privés voudront avoir Netflix en 4K à la maison, les entreprises, quant à elles, souhaiteront toutes une liaison très haut débit à un tarif attractif. En ce qui concerne le réseau mobile, nous bénéficions d’une excellente couverture au niveau national. Le déploiement de la fibre optique à grande échelle ainsi que des réseaux mobiles plus performants participeront à cette évolution.

La fibre va-t-elle s’installer partout?

La fibre optique est presque là. D’ici à fin 2021, les 2202 communes de Suisse devraient bénéficier de la fibre optique. Les opérateurs devront proposer des offres suffisamment intéressantes, tant en termes de fonctionnalité que de coût, afin d’inciter une adoption maximale de la population.

A quel point le cloud est-il utilisé aujourd’hui?

L’adoption du cloud par les entreprises s’accélère. Nous constatons tout de même le paradoxe suivant chez certaines sociétés: elles aimeraient accéder à des solutions cloud, sans vouloir accepter les changements que cela implique. Une autre préoccupation majeure pour les entreprises est le maintien de leurs données sur sol helvétique, au point où de grands acteurs du marché ont déployé des data centers à Genève et à Zurich afin de pouvoir répondre à ce besoin.

Où en sont les entreprises dans leur digitalisation?

La plupart des entreprises ont, selon moi, entrepris ce changement de paradigme, avec différents niveaux d’avancement bien entendu, en fonction de leurs besoins et de leur stratégie. Qui dit nouveau paradigme, dit nouvelles opportunités! Le défi pour les entreprises est d’évoluer, de s’adapter à la demande du marché et, ainsi, continuer à se développer.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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