Bilan

Boom des prêts hypothécaires en 2019

Les banques cantonales romandes ont poursuivi leur croissance sur le marché du logement, mais à des rythmes différents. Avec le Covid-19, les risques ont augmenté.

Avec le Covid-19, les risques ont augmenté pour les banques sur le marché du logement.

Crédits: Keystone

La pandémie de coronavirus risque d’affaiblir le marché immobilier helvétique et donc de réduire la forte croissance des prêts hypothécaires accordés par les banques au cours des dernières années. Avec une part de marché de 37%, les banques cantonales jouent un rôle-clé.

Leurs résultats pour 2019 qu’elles ont dévoilés depuis le début de l’année montrent qu’elles ont à nouveau répondu à la demande. Selon leur association faîtière, les instituts cantonaux ont octroyé l’an dernier des prêts hypothécaires pour un montant de 16 milliards de francs. Leur croissance (+4,3%) est supérieure à celle du marché (+3,2%).

Les Jurassiens en tête

En Suisse romande, c’est la Banque cantonale du Jura qui a enregistré la progression la plus forte (+5,4%) devant ses homologues fribourgeoise (+5,3%) et valaisanne (+4,3%). Suivent la Banque cantonale vaudoise (+4%), la Banque cantonale de Genève (+2,6%) et la Banque cantonale neuchâteloise (+1,9%).

Dans les cantons de Genève, Neuchâtel, du Valais et du Jura, la hausse des créances hypothécaires a été un peu moins élevée en 2019 que l’année précédente. La Banque cantonale neuchâteloise constate que, dans la région où elle est active, le marché du logement «ne présente plus de réelles perspectives de croissance, avec un déséquilibre entre offre et demande ayant conduit à une augmentation sensible des taux de vacance pour les objets de rendement.»

Pression sur le marges

Comme la part des hypothèques à taux fixe a atteint un niveau historiquement élevé, les banques doivent se montrer particulièrement attentives à la structure de leur refinancement et à la maîtrise des risques de taux. D’autant que les opérations d’intérêts constituent la principale source de leurs revenus.

«Etant donné la pression persistante sur les marges, l’incitation à prendre des risques reste élevée pour les banques axées sur le marché intérieur. Ce constat vaut en particulier pour l’octroi de prêts hypothécaires», affirmait la Banque nationale suisse (BNS) à la fin de l’an dernier. Ses dirigeants constataient aussi que «de nombreuses banques ont accru leur propension au risque, en particulier dans l’octroi de prêts hypothécaires.

Les risques liés au dépassement de la capacité financière des emprunteurs sont élevés pour les nouveaux prêts hypothécaires destinés à financer des objets résidentiels de rendement, et ils ont continué d’augmenter.»

La prudence est de mise

En raison des risques liés au Covid-19, le Conseil fédéral a suivi les recommandations de la BNS et de la Finma (Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers). Il a ainsi désactivé le volant anticyclique de fonds propres pour les prêts hypothécaires destinés à financer les objets d’habitation. Cette mesure vise à donner aux banques une plus grande marge de manœuvre en matière d’octroi de crédits.

Mais la BNS estime toutefois que les établissements bancaires doivent se montrer prudents lors l’octroi de prêts hypothécaires du fait de la persistance des déséquilibres sur le marché du logement.

Dans ce contexte, il faut rappeler que les créances hypothécaires ont franchi pour la première fois la barre historique des 1000 milliards de francs dans le courant de l’année 2018. Aujourd’hui, elles s’élèvent à 1042 milliards de francs. Ce qui représente 150% du produit intérieur brut de la Suisse.

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix BZ du journalisme local 1991, Prix Jean Dumur 1998, AgroPrix 2005 et 2019.

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