Bilan

Comment on transforme les déchets en or

Produire des objets dont la qualité est supérieure à leur état d’origine, «surcycler»,n’a jamais été aussi tendance.

L’équipe dirigeante de Plast’if, qui «surcycle» les déchets plastiques des employés.

Crédits: Bertrand Noël

Le surcyclage est l’une des plus fortes tendances actuelles de l’économie circulaire. Pour rappel, ce terme désigne l’action de récupérer des produits dont on n’a plus l’usage afin de les transformer en produits de qualité ou d’utilité supérieure. Ainsi, alors que le recyclage permettait aux déchets d’être recyclés en quelque chose d’équivalent ou de moindre qualité, le surcyclage produit des objets dont la qualité est supérieure à leur état d’origine.

Parmi les entreprises qui créent des spirales de valeur autour des déchets, citons ATMI. «ATMI a mis au point une solution propriétaire à base d’eau, non toxique, qui permet d’extraire les minuscules morceaux d’or incrustés dans les circuits électroniques, expliquent les consultants de McKinsey Stefan Heck et Matt Rogers dans «Resource Revolution». L’extraction est effectuée par une machine de la taille d’un conteneur qui peut être envoyée partout où il y a des e-déchets à traiter. La machine peut recycler les e-déchets de toute une ville et produire un lingot d’or tous les deux jours. Comme le procédé à base d’eau d’ATMI n’endommage pas les puces des circuits, celles-ci peuvent être réutilisées dans d’autres produits électroniques, ce qui prolonge leur durée de vie.» Etant précisé que les e-déchets sont responsables de 70% des métaux lourds dans les décharges aux Etats-Unis.

Là où ATMI utilise la science pour transformer des déchets en objets de grande valeur, d’autres entreprises utilisent le design. En France, Bilum récupère des matières usées (issues d’airbags, tissus de scénographie, maillots de sport, uniformes...) et les transforme en de beaux produits d’une plus grande valeur comme des sacs, accessoires ou du mobilier.

Quant à la CAMIF, entreprise de vente aux particuliers spécialisée dans l’équipement de la maison et de la personne, elle s’est associée à plusieurs éco-organismes pour collecter chaque année plus de 400 000 tonnes de déchets d’ameublement dans plus de 3700 points de collecte en France, et elle les «surcycle» en meubles design. Le fabricant de meubles haut de gamme Fiam Italia récupère quant à lui les rebuts de verre de son usine et les utilise pour fabriquer des meubles élégants.

Inciter les employés à surcycler

Le surcyclage s’invite aussi dans les bureaux grâce à Plast’if, entreprise qui «surcycle» tous les déchets plastiques des employés (gobelets en plastique, bouteilles d’eau, etc.) grâce à son imprimante 3D. Certains sont destinés aux employés (supports de tablette ou coques pour smartphone), d’autres seront imprimés en équipe afin d’encourager le team building (chaises, tabourets, etc.).

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Amanda Castillo

Journaliste

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Amanda Castillo est journaliste freelance. Elle collabore régulièrement avec plusieurs médias dont Bilan et Le Temps. Ses sujets de prédilection: le management et le leadership.

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