Bilan

Construire une stratégie résiliente

La résilience: ce mot était sur toutes les lèvres pour désigner les entreprises qui ont su garder la tête hors de l’eau pendant et après la crise sanitaire. Pour y parvenir, il ne suffit pas seulement de mental. Il faut surtout construire une stratégie claire et prévoir les risques potentiels.

Télétravail ou retour au bureau ? De nombreuses mesures sont mises en place pour assurer la sécurité des collaborateur. Un casse-tête qui évolue tous les jours.

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La crise sanitaire liée au Covid-19 était loin d’être une petite épreuve à surmonter. Si beaucoup de théories et de «il suffisait de...» circulent sur les réseaux sociaux, peu d’experts avaient assez d’informations au moment de prendre des décisions. International SOS, leader mondial de la gestion des risques de santé et de sûreté, a récemment organisé une table-ronde avec différents Chief Security Officers lors des premières mesures de déconfinement. Cette table ronde a été animée et modérée par le directeur sûreté Gautier Porot et le directeur médical régional Dr Anthony Renshaw d’International SOS.

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Les experts d’ABB, Phillip Morris International, LafargeHolcim, Pictet ou encore Firmenich ont partagé leurs expériences. «Toute notre stratégie est basée sur la courbe épidémiologique » explique Cedrick Moriggi, Global Head of Security and Resilience chez LafargeHolcim.

Cedrick Moriggi, Global Head of Security and Resilience, LafargeHolcim. Crédits: DR.

Plus difficile encore: les experts en sûreté ont dû naviguer entre les normes imposées entre les différents pays et les mesures de sûreté pour les employés, le tout en tentant de garantir une production acceptable. «Nous nous sommes efforcés d’assurer la continuité de nos activités. Grâce à la résilience de nos équipes de production, nous avons opéré sans interruption au niveau mondial, tout au long de la crise sanitaire. Fidèles à nos valeurs familiales, nous avons fait don de plus de 100 tonnes de solution hydroalcoolique en Suisse et aux Etats Unis, car il était important pour nous d’être solidaires avec les communautés locales,» explique Rob Newman, VP of Global Security de Firmenich, un acteur essentiel de la chaîne d’approvisionnement alimentaire et d’hygiène.

Rob Newman, VP Global Security & Chief Security Officer / Secretary Corporate Crisis Management Team, Firmenich. Crédits: DR.

Tirer à la même corde

Au cours de la table-ronde, les experts ont reconnu les erreurs. «Nous avons sous-estimé la propagation à travers les frontières» explique Richard Gould, Global Head of Security & Market Safety, Philip Morris.

Richard Gould, Global Head of Security & Market Safety, Philip Morris. Crédits: DR.

Le tout était surtout de ne pas se précipiter et de prendre des décisions avec un certain calme. International SOS invite ses clients à se préparer à tout type de crise, et notamment à définir les procédures afin qu’il y ait un plan à suivre. «On respire, on réfléchit, et ensuite on prend une décision compréhensible.» explique Cedrick Moriggi. Il ajoute que la descente rapide d'une montagne peut conduire a des erreurs, et qu'il faut constamment analyser le peu d'information à disposition. Richard Gould pointe du doigt l’instabilité ambiante. «Il était parfois difficile de se fier aux autorités». Certains ont pris des décisions controversées. Richard Gould évoque la suppression des voyages d’affaires ainsi que l’obligation de porter des masques dans les bureaux. «Les autorités ont fini par faire appliquer ces décisions.» affirme-t-il. Avec ou sans deuxième vague, les directeurs sûreté ont encore fort à faire pour faire respecter les mesures et les adapter à la situation. Ils sont dans une situation ambivalente: d’un côté ils sont obligés de conserver une bonne productivité. De l’autre, ils doivent empêcher certaines pratiques traditionnelles - et mettre en place des nouvelles manières de faire faisant potentiellement perdre du temps.

Local et rationnel

Pour Christophe Legrenzi, président d’Acadys International, la crise a mis à mal plusieurs pratiques. Un management, une organisation ou encore une informatique non affûtés ont été catalysés par la pandémie entraînant des pertes importantes de productivité et une démobilisation des collaborateurs» affirme le spécialiste du conseil. Il cite l’exemple de l’approvisionnement de différents secteurs.

Christophe Legrenzi, CEO d'Acadys. Crédits: DR.

Des horlogers, fabricants de matériel médical et bien d’autres ont souffert de la fermeture des marchés - et notamment de l’impossibilité de chercher des composants en Asie. «Il faut utiliser le court, le local et l’accessible» insiste Christophe Legrenzi. Autre point important: la numérisation soudaine de bien des pratiques. Les visioconférences ont réglé pendant quelques mois, mais l’informatique n’est pas une solution à tout. L’expert évoque un rapport confidentiel réalisé pour le secteur de la santé. «Nous avons remarqué que le dossier du patient informatisé obligeait les infirmiers à passer davantage de temps devant l’ordinateur - et moins devant le patient.» Acadys International conseille les entreprises dans leurs décisions stratégiques et leur transformation numérique, le but étant de faire des choix éclairés et rationnels. Surtout, le but est de faire des choix qui génèrent de la valeur ajoutée.

Avant la crise, il faut bien entendu se préparer au pire et mettre en place des protocoles à suivre. Pendant la crise, il faut respecter les protocoles en question et fréquemment réévaluer la situation pour s’adapter. Gautier Porot, directeur sûreté au sein d’International SOS, insiste sur la nécessité d’anticiper. En matière de prévention, l'entreprise a par ailleurs publié un whitepaper ainsi qu'une infographie. Les deux documents s'adressent aux entreprises, et expliquent à leurs cadres les réflexions à mener. Les entreprises risquent gros en arrivant sans fondation managériale, organisationnelle et technologique solide au devant d’une crise. En témoigne le Covid-19, qui a saisi à la gorge bien des patrons.

Gautier Porot, Security Director, International SOS. Crédits: DR.
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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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