Bilan

Coronavirus: un roman écrit en 1981 avait prédit l'épicentre du virus

Chaque événement planétaire s’accompagne de son lot de spéculations et de théories du complot évoquant l’intervention de forces occultes. Le coronavirus n’y a pas coupé.

Le coronavirus avait été prédit.

Ces jours, un roman de science-fiction fait beaucoup parler de lui. Et pour cause. The Eyes of Darkness, écrit en 1981 par Dean Koontz, explique comment le virus appelé Wuhan-400 a été développé dans des laboratoires militaires autour de la ville chinoise de Wuhan, d’où il tire son nom. Le hashtag wuhan400 est devenu, sans mauvais jeu de mots, viral sur les réseaux sociaux où s’entremêlent théories du complot évoquant l’intervention des laboratoires pharmaceutiques mais aussi de forces politiques et occultes. Pourtant, si la ville de Wuhan est effectivement l’épicentre du «2019-nCoV», les similarités entre le coronavirus, vraisemblablement d’origine animale, et l’arme biologique fictive du romancier nord-américain s’arrêtent là. Pour rappel, le taux de destruction du Wuhan-400 est de 100%, alors que celui du coronavirus est de 2 à 4%.

Cette anecdote a cependant le mérite de rappeler la fascination exercée par les œuvres prophétiques. Dans son livre Filmatrix, changez votre vie grâce au pouvoir des films (éd Macro), Virginio de Maio en répertorie quelques-unes. «Le 22 juillet 2011 sortait en salle Another Earth, un film à la trame relativement simple: une planète identique à la notre faisait son apparition dans le ciel», écrit-il.

De façon intéressante, le 21 juillet 2015, le télescope en orbite Kepler a découvert une sœur de la Terre, qui ne diffère de notre planète bleue que par son âge et son tour de taille. Baptisée Kepler-425-B, «cette découverte s’est produit au siège de la NASA, à quelques centaines de kilomètres du cadre du film».

Dans Astérix et la Transitalique, une bande dessinée signée Jean-Yves Ferri et Didier Conrad sortie en 2017, on retrouve également le «Coronavirus». Les deux gaulois y affrontent en effet, dans une course organisée à travers l'Italie, un pilote de char nommé comme le virus venu de Wuhan. Pour la petite histoire, Coronavirus perd la course.

Des prémonitions qui donnent la chair de poule

Autre exemple, celui de La Submersion du Japon (Nihon Chinbotsu), un film méconnu en Occident mais qui a attiré, lors de sa sortie en salle au Japon le 15 juillet 2006, des millions de spectateurs. «Ce film évoque de terribles tremblements de terre et tsunamis qui contraignent des milliers de gens à abandonner leurs maisons, à cause d’une série d’explosions nucléaires, poursuit Virginio de Maio. La scène finale montre une vieille dame heureuse de voir revenir les oiseaux à…Fukushima! Cela donne la chair de poule lorsque l’on sait que le 11 mars 2011, les Japonais ont vécu un scénario semblable dans cette ville, précisément.»

Plus près de chez nous, Prédictions, sorti en salle en 2009, annonçait qu’une plate-forme au large du Golfe du Mexique s’était effondrée en déversant des hectolitres de carburant dans la mer. Le 9 août 2010, la tragédie s’est réellement produit avec la plate-forme Deep Water Horizon.

Quant à Demolition Man, certains se souviendront peut-être d’une scène si improbable qu’elle avait provoqué l’hilarité générale en 1993. Sandra Bullock apprend en effet à Silvester Stallone qu’Arnold Schwarzenegger est devenu le nouveau Président des États-Unis. La suite est connue. En 2003, à la surprise générale, le comédien autrichien est devenu Gouverneur de Californie.

Donald Trump à la tête des États-Unis

Des prémonitions du même genre peuvent être observées dans la série d’animation The Simpsons. En 2000, un épisode intitulé Bart in the Future, en référence au film Back to the Futur, imaginait ainsi Donald Trump à la Maison Blanche. Dans un autre épisode diffusé en 2001, apparaissait pour la première fois le drapeau d’un groupe d’opposition syrien né après le Printemps arabe, un mouvement qui n’est apparu que dix ans plus tard. Enfin, dans un épisode sorti en octobre 1997, Marge essaye de convaincre son fils Bart de sortir de son lit. Elle lui suggère un livre, Curious George and the Ebola Virus. La couverture montre un singe alité. «Ce virus était alors méconnu et n’avait été mentionné par la communauté scientifique que fort longtemps auparavant, en 1976, note Virginio de Maio. L’épidémie a bien eu lieu en 2015.»

Il ajoute que ces coïncidences laissent sans voix mais «nous mettent surtout face à de sérieuses questions sur les corrélations entre les histoires du cinéma et de la littérature et leurs manifestations dans la réalité. Et s’il ne s’agissait pas de coïncidences? Et si les émotions vécues par plusieurs personnes pouvaient interférer sur les événements futurs? Pour la physique quantique, l’événement ne se produit qu’au moment où il est observé. Pour simplifier, si personne n’avait lu ces histoires ou vu ces films, les événements qu’ils décrivent ne se seraient pas produits.» 

Ces questions peuvent rester ouvertes. Mais par prudence, écoutons le conseil du réalisateur Alejandro Jodorowsky: «Le monde est malade. Il faut faire des films (et des livres) thérapeutiques. Si l’art ne devient pas médicament pour la société, alors il est poison.»

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Amanda Castillo

Journaliste

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Amanda Castillo est une journaliste indépendante qui écrit pour la presse spécialisée. Diplômée de l'université de Genève en droit et en sciences de la communication et des médias, ses sujets de prédilection sont le management et le leadership. Elle est l'auteure d'un livre, 57 méditations pour réenchanter le monde du travail (éd. Slatkine), qui questionne la position centrale du travail dans nos vies, le mythe du plein emploi, le salariat, et le top-down management.

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