Bilan

Coronavirus: un vaccin d'ici un an dans un scénario optimiste, selon l'EMA

Un vaccin contre le coronavirus dans un an c'est possible, selon des experts européens, un scénario qu'ils présentent toutefois comme optimiste et qui n'éradiquera pas forcément cette maladie qui a déjà tué près de 300.000 personnes dans le monde.

Crédits: AFP

"Ce virus pourrait devenir endémique dans nos communautés, il pourrait ne jamais disparaître", y compris en cas de découverte d'un vaccin, a averti l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Jeudi, l'Agence européenne du Médicament (EMA), a estimé que dans un scénario "optimiste", un vaccin pourrait être disponible dans un an. "Nous pouvons voir la possibilité si tout se déroule comme prévu que certains (vaccins) soient prêts à être approuvés d'ici un an", a affirmé Marco Cavaleri, directeur de la stratégie à l'EMA, dont le siège est à La Haye.

Plus de 100 projets sont en lice dans le monde et une dizaine d'essais cliniques sont en cours pour tenter de trouver un remède contre la maladie, apparue dans la ville de Wuhan, en Chine, au mois de décembre et qui depuis a fait 297.259 morts et contaminé 4.362.090 personnes, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles jeudi à 11H00 GMT.

Une concurrence, non dénuée de tensions

La police fédérale américaine (FBI) a accusé mercredi des pirates informatiques, mais aussi des chercheurs et des étudiants proches de la Chine, de voler des informations d'instituts universitaires et de laboratoires publics. Pékin a réagi jeudi en accusant les Etats-Unis de diffamation.

Côté laboratoires, le géant pharmaceutique français Sanofi a provoqué l'indignation en annonçant qu'il distribuerait en priorité aux Etats-Unis un éventuel vaccin, car les autorités américaines ont investi financièrement pour soutenir ses recherches. Cette avance pourrait être de quelques jours ou quelques semaines, a déclaré son directeur général Paul Hudson.

Une telle éventualité a été jugée "inacceptable" par la secrétaire d'Etat française à l'Economie, Agnès Pannier-Runacher. L'ONG militante Oxfam a dénoncé des informations "tout simplement scandaleuses" et critiqué "les motivations financières et la recherche de profits".

"Bien d'utilité publique"

"Le vaccin contre le Covid-19 doit être un bien d'utilité publique et son accès doit être équitable et universel", a réagi un porte-parole de la Commission européenne.

Le président de Sanofi France, Olivier Bogillot, s'est abstenu de démentir M. Hudson, appelant l'Union européenne à être "aussi efficace (que les Etats-Unis) en nous aidant à mettre à disposition très vite ce vaccin".

Dans l'attente d'un traitement, les gouvernements sont contraints d'arbitrer entre les mesures visant à enrayer la propagation de la maladie et la relance de leurs économies. D'où un déconfinement qui continue d'avancer pas à pas.

Jeudi, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a annoncé lever plus tôt que prévu l'état d'urgence dans la plupart des régions du pays face au net reflux du nombre de nouveaux cas de Covid-19. Il le maintient en revanche dans les grandes agglomérations comme Tokyo et Osaka.

Au total, le Japon a annoncé avoir enregistré quelque 16.000 cas de Covid-19 et 687 décès. En Europe, qui paie un lourd tribu à la maladie avec plus de 161.000 morts, la plupart des pays sont engagés sur la voie d'un déconfinement plus ou moins progressif.

La Commission européenne a souhaité mercredi une réouverture "concertée" et "non discriminatoire" des frontières intérieures de l'UE afin d'empêcher le naufrage du secteur du tourisme.

Le championnat allemand de football reprendra samedi, et ses concurrents anglais, espagnol et italien s'apprêtent à l'imiter.

Le Royaume-Uni, deuxième pays au monde le plus endeuillé (plus de 33.000 morts), a légèrement levé la chape sur la seule Angleterre, où il est de nouveau possible d'aller travailler, bronzer ou jouer au golf.

Bien que la Russie soit devenue mardi, selon un comptage de l'AFP, le deuxième pays au monde le plus contaminé (plus de 242.000 cas), le président Vladimir Poutine, dont le porte-parole et le Premier ministre ont été hospitalisés, a donné son feu vert à un début de déconfinement, en fonction de la situation épidémiologique de chaque région. La mortalité y reste basse comparée à d'autres pays, avec 2.212 victimes officiellement recensées.

Aux Etats-Unis, pays le plus touché au monde avec 84.136 morts, les plages autour de Los Angeles, en Californie, ont rouvert, sans qu'il soit autorisé d'y poser sa serviette.

A l'inverse, la capitale Washington, où la pandémie tarde à reculer, a prolongé le confinement de sa population jusqu'au 8 juin.

Les autorités chiliennes ont pour leur part remis en vigueur cette mesure à Santiago, où les cas ont augmenté de 60% en 24 heures.

En Chine, la vaste agglomération de Jilin, dans la province éponyme frontalière de la Corée du Nord, a placé mercredi ses habitants en confinement partiel après de nouveaux cas de coronavirus faisant craindre une deuxième vague épidémique.

"Nouveaux pauvres"

L'Afrique elle est jusqu'à présent relativement épargnée par la pandémie, qui y a officiellement fait moins de 2.500 morts. Mais les indices indiquant que ce bilan est fortement sous-estimé se multiplient

Ainsi, la hausse importante des décès pour la plupart inexpliqués dans le nord du Nigeria, pays le plus peuplé du continent, fait craindre une forte propagation du coronavirus dans cette région parmi les plus pauvres au monde.

Le pays est en outre fragilisé par sa forte dépendance à la production de pétrole, dont les prix ont fortement pâti de la crise sanitaire mondiale. "Le Nigeria est en train de perdre des sommes colossales à l'heure actuelle, c'est un véritable désastre", a déclaré à l'AFP le président de la Chambre africaine de l'Energie, NJ Ayuk, basé à Johannesburg.

De nombreux autres pays sont déjà en récession, comme en Italie où des millions de "nouveaux pauvres" ont fait leur apparition.

"Je me retrouve moi-même dans la situation de ces gens qui ont besoin d'aide", se désole Maria Loprete, 65 ans, qui avant le coronavirus aidait les sans-abri et est aujourd'hui venue demander de l'aide dans un centre de distribution géré par Caritas dans la banlieue de Milan

La Commission européenne a annoncé jeudi prévoir de présenter le 27 mai sa proposition de plan de relance pour l'économie européenne. L'objectif de ce plan est de mobiliser au moins 1.000 milliards d'euros.

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