Bilan

Covid-19: les chiffres inédits de la consommation alimentaire

Au mois de mars, la demande de produits alimentaires a explosé en Suisse. Par exemple, les ventes de riz et de sucre ont progressé respectivement de 108,6% et de 80%.

A la mi-mars, les consommateurs s'étaient rués sur les produits alimentaires.

Crédits: Keystone

A la mi-mars, les consommateurs s’étaient rués dans les magasins pour s’approvisionner en produits alimentaires en raison de la décision du Conseil fédéral de limiter les activités économiques et les déplacements de la population pour lutter contre la propagation du Covid-19. Aujourd’hui, on peut mesurer l’ampleur du phénomène grâce une brève étude que vient de publier l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG).

Globalement, la hausse de consommation des ménages, qui est aussi dûe à l’arrêt provisoire du tourisme d’achat, a partiellement compensé le recul enregistré dans la restauration pour cause de fermeture des établissements. En revanche, celle-ci a eu des retombées négatives sur le marché de la viande de bœuf et de veau au niveau des volumes écoulés et des prix.

Les chiffres figurant ci-dessous concernent l’évolution des ventes en volumes de produits alimentaires dans le commerce de détail helvétique en mars 2020 par rapport à la même période de l’année précédente. Ils se fondent sur les données de Nielsen, dont le panel regroupe la plupart des acteurs nationaux de la grande distribution, à l’exception d’Aldi et de Lidl, mais ne comprend toutefois pas les petits détaillants locaux (bouchers, vente directe, etc.).

Viande

Les ventes de viande ont augmenté de quelque 20%. La consommation moyenne standardisée est passée de 4'230 tonnes par semaine à 5'090 tonnes.

Œufs

La demande d’œufs de consommation a progressé de 24% et même de 25% en ce qui concerne le bio. Malgré une forte hausse de la production indigène, celle-ci n’est pas parvenue à couvrir les besoins. Il a fallu importer plus de 1000 tonnes.

Lait

Les produits laitiers (lait de consommation, crème, yogourt, fromage, etc.) ont enregistré une croissance de 21,5%. Avec une hausse de 25%, le bio a davantage progressé. «Au mois de mars 2020, il s’est vendu en moyenne par semaine 2,8 millions de kilos ou de litres de produits laitiers de plus que durant la même période de l’année précédente», constate l’OFAG.

Fruits

Les ventes de fruits, toutes catégories confondues, ont augmenté en moyenne de 19%. Les plus fortes hausses ont concerné les agrumes (+47%), soit les oranges, clémentines et citrons, les pommes (+20%), les bananes (+15%). En revanche, les consommateurs ont réduit les achats de poires. Du côté des petits fruits, l’évolution a été divergente. Les ventes de myrtilles (+85%) ont progressé, celles de framboises sont restées inchangées, alors que les fraises ont baissé de 15%.

Légumes

Les légumes ont affiché une hausse moyenne de 26,6%. La demande pour le bio a été encore plus forte (+31,8%). C’est le céleri (+55%) qui a enregistré la plus forte croissance devant le poireau (+53%), les oignons (+42%), la laitue pommée (+40%), le fenouil (+35 %) et les carottes (+33%).

Pommes de terre

Les consommateurs se sont rués sur les pommes de terre de table (+40%) et sur les produits qui en contient (par exemple les röstis préemballés). Leurs ventes ont explosé de près de 50% et de 118% pour le bio.

Céréales, articles de boulangerie et autres produits

La demande de pain et d’articles de boulangerie a augmenté de plus de 40 %. Le secteur non bio a connu une plus forte croissance que celui du bio. Les ventes d’huiles et de graisses ont progressé d’environ 30%. La part des produits bio (elle se situe à un bas niveau) a presque doublé. «Cette hausse est due notamment au fait que les huiles et graisses standard ont été fréquemment en rupture de stock à cause de la forte demande», affirme l’OFAG. La demande de riz et celle de sucre ont été encore plus fortes avec une croissance respective de 108,6% et de 80%.

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix BZ du journalisme local 1991, Prix Jean Dumur 1998, AgroPrix 2005 et 2019.

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