Bilan

Economie durable: les cantons romands se positionnent

25 millions pour des projets en faveur de l’économie durable: Le canton de Vaud souhaite s’engager davantage pour la durabilité. Tour d’horizon des stratégies des cantons de Suisse romande.

  • Andreane Jordan Meier et Philippe Leuba lors d'une conférence de presse à Lausanne.

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  • Eric Nanchen, directeur de la FDDM (Fondation pour le développement durable des régions de montagne).

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Le canton de Vaud a présenté sa nouvelle politique d’appui au développement économique pour la période 2020-2025. On y trouve notamment un nouveau fonds de soutien de 25 millions de francs pour des projets en faveur de l’économie durable. «La durabilité est un atout économique», dit Philippe Leuba, conseiller d’Etat vaudois à la tête du Département de l'économie, de l'innovation et du sport. «On souhaite soutenir les entreprises dans leur transition vers une économie durable, encourager le développement économique des dix régions du canton et renforcer la promotion économique du canton de Vaud.» Andreane Jordan Meier, cheffe du Service de la promotion de l'économie et de l'innovation au canton, ajoute: «Notre stratégie ne se limite pas qu’au soutien financier, on souhaite également créer une plateforme de réseautage et promouvoir l’innovation.»

Responsabilité des cantons

En Suisse comme dans 193 Etats-membres de l’ONU, l’Agenda 2030 et ses objectifs de développement durable (ODD) constituent le cadre de référence de la Stratégie pour le développement durable. Pour cela, le Conseil fédéral collabore étroitement avec les cantons, mais aussi avec d'autres acteurs étatiques et non étatiques. Comme les cantons sont responsables de faire appliquer les lois, ils jouent un grand rôle dans la promotion de l’économie durable. «Le monde économique a aujourd’hui pleinement conscience de l’avantage de prendre en compte le développement durable, non seulement par souci éthique mais parce que cela constitue un avantage concurrentiel et économique», dit Till Berger, coordinateur de la Stratégie pour le développement durable à l’Office fédéral du développement territorial (ARE). «Pour l’économie publique, la durabilité est en principe bénéfique, surtout à long terme. Mais au niveau de l’entreprise aussi, le canton peut avoir une influence.» Un exemple: bien que la Confédération soit chargée de la promotion de la place économique suisse à l’étranger, ce sont les cantons qui sont responsables de l’implantation proprement dite des entreprises sur leur territoire. La législation fédérale leur laisse une grande marge de manœuvre en la matière. Du point de vue environnemental, toutes les activités économiques n’ont pas le même impact ; les cantons disposent donc d’un potentiel d’action non négligeable en faveur du développement durable, par exemple en termes de choix des entreprises vouées à s’implanter sur leur territoire et leurs sites.

Genève canton pionnier

Avec la création de pôles de compétences et de hubs d’innovation, le canton de Vaud souhaite se positionner comme leader sur la thématique de l’innovation et de la durabilité. Qu’en est-il des autres cantons? Le canton de Genève, en 2001, était le premier à adopter une loi sur l'action publique en vue d'un développement durable. L’une des lignes directrices de la Stratégie économique cantonale 2030, adoptée en juin 2015, impose de prendre systématiquement en compte les impacts environnementaux, sociaux, locaux et globaux, dans toute décision et déploiement d’activité.

Cela est le cas dans beaucoup de cantons. Dans le Jura, pas de ligne dans le budget de l’Etat strictement dédiée à l’économie durable ou au financement de projets d’économie durable ; «par contre, le principe de durabilité va de pair avec de très nombreux projets (économie forestière, tourisme, énergie, aménagement du territoire, etc.) soutenus par le canton du Jura», explique Jacques Chapatte, Chef du service de l’information.

En Valais, l’économie durable est un des fondements de l’Agenda 2030 Valais adopté par le Conseil d’Etat en 2018. «L’Etat contribue concrètement au développement durable dans une multitude de domaines au travers de ses activités ‘usuelles’, sans que ces dépenses soient estampillées ‘développement durable’», dit Melanie Mooser, collaboratrice à la Chancellerie d’Etat. Par contre, le Conseil d’Etat a adopté un programme de développement durable 2020 avec un budget total d’un million de francs pour vingt actions. Il est également prévu d’investir sept millions de francs pour promouvoir les véhicules électriques et hybrides.

D’autres cantons investissent de manière ponctuelle dans des projets durables: le gouvernement neuchâtelois a lancé en novembre un programme pour cofinancer des projets qui favorisent l'économie de proximité, avec une première enveloppe de 200'000 francs d'ici à 2023. Les projets privilégiés seront notamment ceux cohérents avec les trois dimensions du développement durable (environnement, social, économie) et présentant des retombées positives, n’entraînant pas de concurrence sur le plan local. Le Conseil d’Etat de Fribourg prévoit à son tour un investissement à hauteur de 10,5 millions de francs pour la période 2020-2026, avec pour objectif de contribuer à l’expansion de PME innovantes.

Manque d’institutionnalisation

Comme les bases légales et les stratégies adoptées pour la promotion économique ne sont pas uniformes en Suisse, une comparaison entre cantons s’avère difficile. Pour Eric Nanchen, directeur de la FDDM (Fondation pour le développement durable des régions de montagne) qui coordonne le programme de développement durable du Canton du Valais, le dernier des 17 objectifs de l’Agenda 2030 des Nations Unies est primordial. Selon lui, il est indispensable de renforcer les partenariats et la collaboration entre les différents acteurs, soit le secteur privé, public et la société civile.

«L’économie durable est, de toute façon, un concept dynamique», dit Eric Nanchen, ce qu’on considère aujourd’hui comme durable ne le sera peut-être plus demain». Il donne l’exemple suivant: «Avant, on pensait que recycler suffisait. Aujourd’hui on sait qu’il faut avant tout réduire notre consommation de matières premières.» Selon lui, il est donc important de garder une vue évolutive et globale sur les sujets de durabilité.

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