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En Grande-Bretagne, la BoE s'attend à la pire récession depuis au moins un siècle

Le Royaume-Uni est parti pour connaître une récession «plus rapide et profonde que tout ce à quoi nous avons assisté au siècle précédent, voire depuis plusieurs siècles» à cause de la pandémie de coronavirus, estime un responsable de la Banque d'Angleterre.

Crédits: Keystone

«Il est important de ne pas considérer (la crise actuelle) comme un simple choc d'offre, dans le sens d'une contraction temporaire inévitable avec laquelle nous devons simplement vivre», a commenté Gertjan Vlieghe dans un discours jeudi.

«C'est beaucoup plus complexe que cela et, par conséquent, il y a beaucoup plus de possibilités pour y répondre par des politiques volontaristes», a ajouté ce membre du Comité de politique monétaire (MPC) de l'institution.

M. Vlieghe a cependant insisté sur le fait que la crise économique provoquée par les mesures de confinement ou limitations drastiques des déplacements afin de limiter la propagation de la pandémie ne remettait pas en cause l'indépendance de la Banque d'Angleterre et son objectif d'une inflation annuelle autour de 2%.

«Le MPC a décidé d'augmenter le bilan de la Banque d'Angleterre (à travers le rachat d'actifs), car nous pensons que si nous ne le faisons pas, l'économie s'affaiblira davantage, et nous ne pourrons pas atteindre notre objectif d'inflation», a-t-il expliqué, tenant à se démarquer des banques centrales de la République de Weimar ou du Zimbabwe, dont les politiques monétaires ont conduit, à 80 ans d'écart, à de graves épisodes d'hyperinflation.

Selon lui, la différence entre la politique monétaire de la Banque d'Angleterre et les exemples qu'il a cités ne provient pas des outils utilisés mais de l'indépendance vis-à-vis du gouvernement.

Le gouverneur Andrew Bailey, qui a pris ses fonctions à la mi-mars, s'est par ailleurs défendu au début du mois dans le Financial Times de faire du «financement monétaire» - à savoir «imprimer» de l'argent - pour combler le budget du gouvernement, après les critiques de certains commentateurs.

Le discours de M. Vlieghe jeudi est intervenu peu de temps après que la maison de recherche IHS Markit a publié une estimation faisant état d'une chute record de l'activité au Royaume-Uni en avril.

Selon elle, ce résultat «illustre le déclin de loin le plus rapide dans l'activité depuis que ces données ont commencé à être compilées il y a plus de deux décennies».

Le Royaume-Uni est l'un des pays les plus durement touché d'Europe avec plus de 18.000 morts et plus de 130.000 personnes testées positives.

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