Bilan

Etudes en environnement: La Suisse vice-championne d’Europe

Une étude de la British Business Energie a révélé les meilleurs pays d’Europe pour décrocher un diplôme en environnement. La Suisse se classe 2ème dans ce domaine et 4ème en matière d’emploi.

L'intérêt pour les sciences de l'environnement s'est accru pour Ian Whright fondateur de la British Business Energy

Crédits: British Business Energy

On se souviendra de l’année 2019 comme étant celle de la couleur verte. Partout dans le monde, les manifestations pour le climat se sont imposées dans les rues. Etudiants, employés ou retraités, tous se joignaient à la cause de l’environnement. Une tempête verte qui déferlait même jusqu’à la Berne fédérale avec un parti des Verts qui marchait sur les élections fédérales d’octobre. 

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Le millésime 2020 est une autre chanson. La vague verte a été dépassée voir dévorée par le Covid-19. Pendant le confinement, les préoccupations pour le climat passaient au second plan. Pourtant, pendant cette période, on a constaté une baisse significative de la production de CO2 ainsi que de la pollution. La vie reprenant pas à pas son rythme d’entant, le changement climatique et l'épidémiologie sont revenus sur le devant de la scène et de plus en plus de personnes sont conscientes de la manière dont elles peuvent faire la différence.

Scolarité, coût moyen de la vie et emploi

C’est le constat de la British Business Energie. Son fondateur Ian Wright a observé une demande dans le monde entier afin de mener une étude internationale: «Le Covid-19 a mis en évidence la nécessité de mener des études environnementales et épidémiologiques dans le monde entier. Cette année, l'intérêt pour les sciences de l'environnement s'est accru et nous avons constaté une augmentation des demandes de diplômes universitaires en environnement par rapport aux années précédentes.»

Le but de l’étude est de dénicher les meilleurs pays d’Europe pour décrocher son diplôme vert. L’entreprise énergétique anglaise s’est basée sur les 300 universités les plus cotées du monde proposant des études liées à l’environnement afin d’identifier les pays qui proposent le plus de cours. Les données récoltées entre le 18 et le 27 mai 2020 ont été analysées sur trois critères: les frais de scolarité, le coût moyen de la vie et les chiffres de l’emploi. Un indice permettant une notation de 1 à 10 a par la suite été créé. 

La Suisse est le deuxième meilleur pays d’Europe en matière d’étude sur l’environnement. Une place méritée pour Ian Whright: «C'est l'un des pays les plus sûrs au monde et il possède certaines des meilleures universités du monde qui en font un choix de premier ordre pour les étudiants.» Le pays à croix à blanche se hisse en première position en matière de réputation de ses universités avec un score de 9,5. Un score et une position a nuancer selon le directeur du programme d’enseignement Bachelor et Master en sciences et ingénierie de l’information à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, François Golay: «On reste attentif à notre réputation et à notre positionnement en vue des des étudiants étrangers mais on ne cède pas à la mode de ses enquêtes car il y en a beaucoup.» L’étude a pris en compte sept établissements helvétiques qui proposent des études sur l’environnement et le climat. L’Ecole polytechnique fédéral de Zürich est le meilleur représentant helvétique.

Les études en environnement sont chères en Suisse

Les études dans le pays coûtent en moyenne plus cher que dans les autres pays. Les étudiants qui veulent étudier en Suisse doivent débourser environ 24’257£ par an. Soit 28'779,45 francs. L’enquête montre également que le coût annuel total dans les six meilleur pays du classement s’élevait en moyenne à 15’000£ (17'832,40.-) soit quasiment la moitié des coûts du Royaume-Uni et de la Suisse. Les deux pays en tête du classement. Cette différence s’explique logiquement par la réputation de leurs universités. Mais pas seulement: «Au niveau du frais d’écolage, la Suisse est plus modeste avec environ une centaine de francs par semestre, nous apprend François Golay, alors que la somme dans les pays anglophones peut grimper à plus de 1000 francs.» Pour le directeur du programme d’enseignement en sciences et ingénierie de l’information à l’EPFL, le coût des études s’expliquent en priorité par le coût de la vie. «On met tous en œuvre pour atténuer ces îlots de cherté à nos étudiants, note le directeur, il y a une volonté d’attractivité en leur proposant des bourses mais également en les accompagnants, par exemple dans la recherche de logement.» 

La Suisse est l'un des pays les plus sûrs au monde et il possède certaines des meilleures universités du monde qui en font un choix de premier ordre pour les étudiants.

A noter également, que les emplois dans le secteur de l’environnement représentent 4% de l’emploi total dans le pays. Ce chiffre hisse la Suisse au 2ème rang de ce classement. La Finlande se hisse en tête de ce classement avec un chiffre de 6% alors que l’Allemagne est le pays maître en matière d’emploi dans l’environnement avec un total de 579'495.

Malgré le coût des études en Suisse, chaque année une centaine d’étudiants s’inscrivent à l’EPFL pour commencer le Bachelor en sciences et ingénierie de l'environnement. Si la vague verte n’a pas eu le déferlement escompté à la rentrée 2019 avec 110 inscriptions, aucun scénario n’est imaginé pour la prochaine: «Il y a beaucoup d’incertitude concernant le mode de fonctionnement de nos cours et il y a également beaucoup de concurrence entre les différentes universités et hautes écoles» conclut François Golay. La tendance reste à la hausse et les préoccupations pour le climat et l’environnement se renforcent. «Avec le Covid-19, l’inquiétude pour le sort commun poussera peut-être les inscriptions en environnement ou alors ils iront tous faire médecine» rigole le directeur du programme en sciences et ingénierie de l’environnement à l’EPFL.

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