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France: les députés adoptent le projet controversé de réforme des retraites

Les députés français ont adopté en première lecture le projet de réforme des retraites qui a donné lieu à un vaste mouvement de protestation dans le pays, la majorité présidentielle ayant rejeté deux motions de censure de l'opposition.

Samedi, le gouvernement français a décidé d'utiliser l'article 49-3 de la Constitution qui permet l'adoption d'un texte législatif sans vote du Parlement.

Crédits: AFP

Les députés français ont adopté en première lecture le projet de réforme des retraites qui a donné lieu à un vaste mouvement de protestation dans le pays, la majorité présidentielle ayant rejeté deux motions de censure de l'opposition.

Samedi, le gouvernement avait décidé d'utiliser l'article 49-3 de la Constitution qui permet l'adoption d'un texte législatif sans vote du Parlement.

Le Premier ministre Edouard Philippe avait dénoncé «l'obstruction» de la gauche radicale qui avait déposé des milliers d'amendements ralentissant les débats.

Seul un succès des motions de censure pouvait empêcher la réforme visant à créer un «système universel» de retraite par points d'être adoptée.

Mais les deux motions proposées par l'opposition de droite et celle de gauche ont largement échoué, dans la nuit de mardi à mercredi, à atteindre la majorité absolue requise.

Récusant tout coup de force, M. Philippe a martelé qu'il s'agissait d'une réforme de «justice sociale» et observé qu'il aurait fallu «8 semaines», week-ends compris, pour étudier tous les amendements.

«Vous avez fracturé le pays», a répondu la députée socialiste Valérie Rabault, tandis que Jean-Luc Mélenchon (LFI, gauche radicale) taclait l'utilisation de l'article 49-3 décidée «sournoisement» en promettant la poursuite d'une «guérilla populaire et parlementaire, pacifique».

Ce projet phare du président Emmanuel Macron a déclenché à partir de début décembre un conflit social exceptionnellement long, notamment dans les transports mais aussi parmi les avocats ou encore à l'Opéra de Paris.

Mardi, des manifestations ont eu lieu à Paris et en province contre ce "passage en force" du gouvernement, mais les cortèges étaient plutôt clairsemés.

Au plus fort de la mobilisation, les contestataires étaient jusqu'à 1,8 million à battre le pavé, selon les chiffres de la CGT, un des principaux syndicats.

Chez les avocats, une des professions les plus hostiles à la réforme, le barreau de Paris a voté la poursuite de la grève «jusqu'au mercredi 25 mars inclus».

Les députés vont désormais examiner le deuxième volet de la réforme dont l'adoption définitive est attendue à l'été, après son passage devant le Sénat dont la majorité est à droite.

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