Bilan

Genève s’engage pour l’employabilité

Un vaste projet de l’Etat encourage les entreprises du canton à améliorer une compétence centrale mais parfois délaissée: celle des employés à être affectés à un nouveau travail.

Employés et employeurs ont besoin d’agilité pour s’adapter à la crise.

Crédits: Maskot/Getty images

Maître-mot de ces dernières années, le numérique est aujourd’hui le moteur de profondes évolutions, ce qui demande une perpétuelle adaptation du monde professionnel. Une mutation forcée qui malmène notamment l’employabilité. Pénurie de talents, complexité intergénérationnelle, manque de compétences numériques... Tant les services publics que l’employeur et l’employé se retrouvent désormais face à un besoin d’agilité, décuplé en cette période de crise.

«Genève, comme d’autres cantons, a pris conscience de l’importance fondamentale de l’employabilité et du rôle pivot qu’elle est appelée à jouer en ces temps de convulsion et de reconfiguration du marché du travail. A la différence que Genève est en train d’agir concrètement», décrit Laetitia Kulak, directrice du cabinet Global HR Talents. En effet, en juin dernier, le Département du développement économique (DDE) du canton publiait le premier guide suisse de l’employabilité destiné aux entreprises. La première étape d’un plus vaste projet.

Dresser un pont entre les générations

Cet automne, le conseiller d’Etat Pierre Maudet lance la suite de ce plan avec, cette fois-ci, du concret. Accompagné de Laetitia Kulak, le DDE lance un appel à candidature afin de réunir un panel représentatif d’entreprises qui s’essaieront aux deux phases suivantes du projet. «L’intervention de l’Etat en matière d’emploi prend traditionnellement plusieurs formes. Il faut à présent y ajouter la volonté de décloisonner pour favoriser les dynamiques d’innovation», précise Pierre Maudet.

Pour cela, un programme de mentorat intergénérationnel (ou reverse mentoring) est proposé en premier lieu. Il a pour objectif de faire travailler toutes les générations ensemble au sein d’une même entreprise pour ainsi partager les talents des plus jeunes au service des plus âgés et inversement. Une façon de casser les silos internes qui a tout de suite séduit Christian Bazin, DRH du groupe SGS: «Les nouvelles technologies font de plus en plus souvent apparaître un fossé entre les différentes générations au sein même de notre entreprise. Cela devrait encore s’intensifier avec l’arrivée des digital natives sur le marché. Il est temps d’intégrer leurs attentes et d’adapter les structures et les méthodes de travail en conséquence.» Un avis partagé par un autre participant au projet, Sébastien Poulet, directeur de Bisa qui emploie plus de 500 personnes. Pour lui, l’employabilité est devenue stratégique et représente véritablement une nouvelle forme d’attractivité.

La polyvalence comme excellence

Le deuxième élément du projet est un dispositif de transfert de compétences. De nos jours, pour espérer perdurer à une époque où les métiers se transforment au rythme des avancées technologiques, l’employé idéal se doit d’être polyvalent. Ainsi, le DDE a créé un format d’immersion de collaborateurs dans des PME, pouvant durer d’une à plusieurs semaines, et permettant de développer des compétences multiples.

Le groupe Serial a d’ailleurs répondu présent, comme l’indique son CEO, Denis Tumson: «L’une de nos missions, en plus d’accompagner les projets informatiques de nos clients, est de perfectionner les expertises de nos employés. Travailler en collaboration fait justement partie de notre ADN.» L’occasion de rappeler que l’employabilité est l’affaire de tous, de la multinationale à la très petite entreprise (TPE).

Mullerjulieweb
Julie Müller

Journaliste à Bilan

Lui écrire

Du Chili à la Corée du Sud, en passant par Neuchâtel pour effectuer ses deux ans de Master en journalisme, Julie Müller dépose à présent ses valises à Genève pour travailler auprès de Bilan. Quand cette férue de voyages ne parcourait pas le monde, elle décrochait des stages dans les rédactions de Suisse romande. Tribune de Genève, 24 Heures, L'Agefi, 20minutes ou encore Le Temps lui ont ainsi ouvert leurs portes. Formée à tous types de médias elle se spécialise actuellement dans la presse écrite économique.

Du même auteur:

Malgré les turbulences, les agences de voyage gardent le cap
Bouche à oreille, le laissé pour compte du marketing

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."