Bilan

Gourde, blockchain et environnement

Pour lutter contre le plastique dans la mer, des entrepreneurs suisses ont lancé une bouteille bien spéciale. Elle est liée à la blockchain et compte les bouteilles économisées. Cela permet de financer le nettoyage des plages polluées.

Crédits: Rebo

Leur but est d’habituer les personnes à consommer de l’eau courante. Les fondateurs de REBO, une bouteille qui utilise la blockchain, parlent de leur incompréhension face à la consommation de bouteilles. «Dans les pays dits développés, nous pouvons boire l’eau du robinet» lance Pierandrea Quarta, cofondateur et CEO de REBO. Lui, Francesco Abbate (CFO) et Eduardo Atamoros (CMO) ont mis au point le concept ensuite présenté sur Indiegogo. La bouteille use de la blockchain pour transmettre des informations. A chaque bouteille bue, REBO promet de ramasser une bouteille en PET dans la nature. Pierandrea Quarta parle d’un «crédit vert». Ce même crédit est ensuite financé par la marque ainsi que des sponsors, pour financer le nettoyage des plages. C’est tout un écosystème qui est donc mis en place par l’équipe genevoise. La traçabilité de la consommation d’eau permet de connaître le nombre de bouteilles économisées. La communication de ce chiffre à Plastic Bank, l’organisation en charge d’agir sur le terrain se fait à l’aide de la technologie blockchain. «Il y aura une application pour iOS et Android» promet Edouard Atamoros. L’association avec Plastic Bank permet de récompenser ceux qui débarrassent les bouteilles dans les endroits concernés. L’entreprise active dans le nettoyage des océans emploie des chômeurs pour ôter les déchets plastiques des plages.

Chaîne logistique

Les Genevois ont largement atteint leur objectif de financement, puisqu’ils ont dépassé les 200’000 francs sur les 15’000 demandés. Si le coronavirus a passablement perturbé la chaîne de production, l’équipe promet qu’elle met tout en œuvre pour assurer les livraisons dans les meilleurs délais. «Nous avons été capables de compresser les temps de production et de certification de manière à nous permettre de livrer les premiers produits en septembre» précise une mise à jour sur la plateforme de financement.

Cet élan n’est cependant pas partagé par tout le monde, et le projet a également ses détracteurs. Un subreddit - une sorte de sous-forum - est dédié aux projets de financement participatif loufoques. REBO est cité et les internautes critiquent l’usage de composants électroniques dans une bouteille durable. L’un s’exclame: “Blockchain et graphène, les mots à la mode de 2019”.

A cela, les fondateurs répondent que «la blockchain est un élément fondamental de notre processus de certification et de transparence, car seule cette technologie permet de mesurer en toute transparence la consommation d’eau des utilisateurs. La mesure de cette consommation est primordiale dans le projet puisqu’elle est « convertie » en nombre de bouteilles non seulement économisées mais aussi collectées sur les plages, et il nous fallait pour cela pouvoir garantir une transparence totale sur les chiffres.

Bien sûr l’utilisation de composants électroniques est inévitable dans tout objet connecté. Inscrivant REBO dans la tendance de la « green-tech », nous sommes persuadés que les progrès technologiques dans tous les domaines, du transport à l’internet de l’objet, contribuent à réduire l’impact de l’activité humaine sur l’environnement. Le bénéfice environnemental apporté par chaque bouteille REBO (la collecte de milliers de bouteilles en plastique) compense très largement l’impact que le produit aura en termes de composants électroniques, que nous avons par ailleurs rigoureusement sélectionnés selon des critères de recyclabilité. Et pour minimiser encore cet impact, nous offrirons à nos clients la possibilité d’envoyer gratuitement la bouteille, lorsqu’elle sera en fin de vie, à un centre de recyclage à proximité.»

Trouver davantage

Le financement est largement assuré, mais REBO cherche à créer une solution durable. Le CEO s’est rendu aux Etats-Unis au mois de février. Dans une des grandes messes des startups, il a tenté de voir les solutions de financement et de synergie. «J’ai rencontré quelqu’un qui fabrique des batteries à faible consommation électrique, et j’ai discuté avec lui pour savoir si nous pouvions les utiliser dans notre produit» confie Pierandrea Quarta. Autre profil intéressant: celui de l’entrepreneur prêt à investir. «J’ai parlé avec un patron qui voulait entre 500 et 1000 gourdes pour ses employés. Nous devions voir pour le prix, la quantité et les dates possibles».

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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