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Japon: le moral des grandes entreprises manufacturières au plus bas depuis 2013

Le moral des grandes entreprises manufacturières japonaises est tombé à son plus bas niveau depuis mars 2013, sur fond de profondes inquiétudes autour de la pandémie de Covid-19, selon l'enquête trimestrielle Tankan de la Banque du Japon (BoJ) publiée mercredi.

La chute de la confiance parmi les grandes entreprises manufacturières est particulièrement marquée dans les secteurs du pétrole, de la sidérurgie, de l'industrie lourde, de l'automobile et du textile.

Crédits: AFP

Ce baromètre de confiance est tombé à -8 pour les grandes entreprises manufacturières, soit une chute de 8 points par rapport au trimestre précédent.

C'est aussi la première fois depuis mars 2013 que cet indicateur repasse en territoire négatif.

La chute reste cependant légèrement plus faible que celle qui était anticipée par le consensus des économistes de l'agence Bloomberg, qui misait sur un plongeon à -10 pour les grandes entreprises manufacturières.

Les indices trimestriels Tankan (pour chaque catégorie d'entreprises) mesurent, sur un très grand nombre de questions, la différence entre le pourcentage de sociétés estimant que la situation est favorable et celles jugeant qu'elle ne l'est pas.

Un niveau négatif signifie ainsi que les avis pessimistes l'emportent.

La chute de la confiance parmi les grandes entreprises manufacturières est particulièrement marquée dans les secteurs du pétrole, de la sidérurgie, de l'industrie lourde, de l'automobile et du textile.

Du côté des grandes entreprises non manufacturières (évoluant dans les services), la confiance est également en forte chute (-12 points) mais reste positive, à +8.

Hôtellerie et restauration à la peine


L'hôtellerie et la restauration a notamment vu son indice de confiance sombrer à -59, soit un effondrement de 70 points par rapport à fin 2019, alors que le tourisme mondial est laminé et que les Jeux olympiques de Tokyo ont été reportés à 2021 à cause de la pandémie.

Tous secteurs et toutes tailles d'entreprises confondues, la confiance est tombée à -4, une baisse de 8 points par rapport au trimestre précédent.

Si le niveau de déprime des entreprises est similaire à celui de mars 2013, le contexte est cependant «totalement différent», a estimé Takeshi Minami, économiste en chef de l'institut de recherche Norinchukin, interrogé par l'AFP.

A l'époque «le sentiment négatif était minoré par l'attente des +Abenomics+ (la politique économique de relance du Premier ministre Shinzo Abe, NDLR) mais la situation est nettement plus sérieuse cette fois. Il y a de grandes chances à ce que la confiance s'enfonce encore», a-t-il ajouté.

Les entreprises nippones, qui affrontaient déjà un contexte économique détérioré dans l'archipel avant même la propagation du Covid-19, sont désormais confrontées comme le reste du monde à cette crise sanitaire majeure paralysant l'économie dans de nombreux pays, aux Etats-Unis et en Europe notamment, alors que l'activité repart lentement en Chine.

Au bord de la récession, la troisième puissance économique mondiale souffre de l'arrêt de ses principaux marchés d'exportation, de difficultés d'approvisionnement et de la chute du tourisme, tandis que la consommation des ménages était déjà en berne depuis un relèvement de la TVA dans le pays en octobre dernier.

«Le problème est que personne ne sait combien de temps cela va durer, ce qui affecte fortement le climat des affaire», a souligné M. Minami.

L'enquête Tankan a été réalisée auprès de 9.653 sociétés au Japon entre le 25 février et le 31 mars. Il s'agit de l'un des principaux baromètres utilisés par la Banque du Japon pour décider des orientations de sa politique monétaire.

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