Bilan

La Suisse risque de tomber en récession au 1er semestre

L'économie suisse risque de faire les frais de la pandémie de coronavirus et devrait chuter en récession en première partie d'année avant de rebondir par la suite. Grâce aux différentes mesures de soutien, les répercussions sur l'emploi devraient être limitées.

Sur l'ensemble de l'année, la Suisse ne devrait enregistrer qu'une croissance de 0,3%, contre une hausse de 1,8% attendue jusqu'à présent.

Crédits: Keystone

Dans leur scénario de base, les spécialistes de l'institut conjoncturel KOF s'attendent à un repli du produit intérieur brut (PIB) au premier et deuxième trimestres, ont-ils indiqué mardi dans un communiqué.

Sur l'ensemble de l'année, la Suisse ne devrait enregistrer qu'une croissance de 0,3%, contre une hausse de 1,8% attendue jusqu'à présent. En 2021, le KOF table toujours sur une progression du PIB de 1,4%.

«La pandémie de coronavirus va très clairement entraver la vie économique ces 12 prochains mois», a précisé l'institut rattaché à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich. Jusqu'à fin juin, la consommation des ménages et les investissements des entreprises vont fortement reculer, au vu de la fermeture de nombreux magasins et de l'activité réduite des sociétés.

Tous les secteurs sont concernés par les répercussions négatives du Covid-19 et surtout les exportateurs qui pâtissent du ralentissement du commerce mondial. Le domaine de la santé constitue une exception et devrait nettement progresser, soutenant du coup le PIB helvétique.

Les répercussions sur l'emploi devraient être contenues, grâce notamment aux mesures adoptées avec le chômage partiel. Pour le KOF, «une vague de licenciements» devrait ainsi être évitée.

Les entreprises pourront en effet faire appel plus rapidement au chômage partiel à cause du coronavirus. Les autorités ont réduit de dix à trois jours le délai pour déposer des demandes de réduction de l'horaire de travail.

Vers une «corona récession»


Le KOF a aussi compilé deux autres scénarios. Selon des projections plus bénignes - dans le cas où la pandémie s'atténuerait rapidement - le PIB pourrait encore croître de 1,2% en 2020, mais seulement de 0,9% l'année suivante.

Dans un scénario du pire, prenant en compte des répercussions plus lourdes sur l'économie, le PIB helvétique pourrait chuter de 2,3% en 2020, avant de rebondir de 1,3% l'exercice suivant.

Face à une situation qualifiée de «corona récession» par le KOF, ses économistes recommandent «des mesures claires, ciblées et rapidement efficaces» en faveur des entreprises, notamment «l'instrument éprouvé» du chômage partiel.

Pour les indépendants notamment, le KOF privilégie un report temporaire des impôts ou des garanties facilitées pour les crédits bancaires.

D'autres instituts conjoncturels ont récemment revu à la baisse leurs prévisions de croissance. Raiffeisen table désormais sur un PIB annuel en repli de 0,2%, alors que dans ses précédentes estimations la banque s'attendait encore à +1,3%.

UBS a ramené à +0,7%, contre +1,1% précédemment, sa prévision de croissance en 2020, invoquant un impact marqué du coronavirus sur la première moitié de l'exercice, amené à s'amenuiser sur la seconde. La projection pour l'année prochaine en revanche a été relevée à +1,4%, contre +1,3% précédemment.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."