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Cours en ligne: le coronavirus dope l'offre des écoles et universités

En raison du coronavirus, les institutions de l’enseignement supérieur, universités, écoles polytechniques fédérales, Hautes Ecoles Spécialisées réfléchissent à des solutions d’enseignement à distance.

Le studio où les Moocs de l'EPFL sont réalisés.

Crédits: EPFL

En Chine, le coronavirus a accéléré la numérisation. Une grande partie des activités du quotidien ont été transférées en ligne. Les écoles ont aussi lancé des cours en ligne de manière massive. «Les classes sont suspendues, mais pas l’apprentissage», a déclaré le ministère de l’éducation, dans un communiqué. En Chine, on compterait 22'000 cours en ligne publiés sur 22 plates-formes, de l’école primaire à l’université. Les entreprises qui proposent des formations en ligne ont vu les besoins exploser.

Qu’en est-il de la situation en Suisse? La Direction de l’EPFL a décidé le 10 mars dernier que tous les cours de 150 personnes et plus – usuellement dispensés dans les grands auditoires - seraient donnés en ligne. Cette mesure, qui sera réévaluée, fait partie des efforts que l’École a décidé de prendre pour ralentir la propagation de la maladie dans la société.

Dorénavant, les professeurs enregistrent leurs cours. Ceux-ci sont ensuite disponibles en léger différé le jour où le cours devait normalement avoir lieu. Un forum permet aux étudiants de poser leurs questions. Ce sont 71 matières qui sont désormais proposées en ligne impactant 5118 étudiants, principalement des étudiants de Bachelor.

«La mise en ligne devient urgente»

En raison du coronavirus, les institutions de l’enseignement supérieur, universités, écoles polytechniques fédérales, Hautes Ecoles Spécialisées réfléchissent à des solutions pour permettre le bon fonctionnement des enseignements et des apprentissages dans une situation de crise.

«La mise en ligne des cours devient urgente. Le Covid-19 est une opportunité pour faire ce pas. Aujourd’hui, les enseignants proposent cette option mais uniquement au cas par cas. Désormais, c’est une réflexion globale qui a lieu pour passer de l’enseignement traditionnel à des cours en ligne. Mais enseigner à distance est très différent. On ne peut basculer d’un mode à l’autre du jour au lendemain. La planification de ce type de dispositif est essentielle», estime Ariane Dumont, conseillère pédagogique et professeure d’anglais à la Haute Ecole d’ingénierie et de gestion (HEIG-VD) d’Yverdon-les-Bains.

Elle-même utilise déjà la plateforme Perusall, une sorte de classe virtuelle. Elle suit le travail des étudiants à distance, identifie les erreurs dans leurs commentaires, analyse les interactions qu’ils entretiennent en ligne les uns avec les autres. «A la HES-SO, 25000 étudiants utilisent la plateforme Cyberlearn qui permet un accès en ligne à différents supports», poursuit Ariane Dumont. Enseigner à distance s’impose comme une solution idéale lorsqu’enseignants et étudiants n’ont pas la possibilité de se retrouver en présentiel.»

L’Université de Genève passera par Coursera

L’Université de Genève s’interroge aussi sur la possibilité d’augmenter ses cours en ligne. « Nous proposons déjà 36 cours sur une plateforme, essentiellement pour le grand public. Les cours à distance en lien avec la gestion de portefeuilles ou les droits de l’homme connaissent le plus de succès», constate Christelle Bozelle Giroud, reponsable des MOOCs à l’Université de Genève.

Si l’Université de Genève devait fermer, elle pourrait rediriger ses étudiants vers la plateforme Coursera qui propose 3200 cours et 310 formations spécialisées en ligne assurées par des universités et grandes écoles internationales: université Columbia, Johns Hopkins, université du Michigan, Stanford ou HEC Paris. «Ces cours pourraient être proposés gratuitement aux étudiants», ajoute Christelle Bozelle Giroud.

L’Université de Neuchâtel (Unine) agit elle aussi à son niveau contre la propagation du Covid-19. Depuis le 9 mars, elle enregistre tous les cours donnés dans l’une des 22 salles équipées du système UbiCast. Les images sont ensuite diffusées sur une plateforme d'apprentissage en ligne dont bénéficient les étudiants.

Bloch Ghislaine NB
Ghislaine Bloch

Journaliste

Lui écrire

Ghislaine Bloch a découvert le monde de la vidéo et du reportage dès son adolescence. Après l'obtention d'un master à la Faculté des Hautes Etudes Commerciales de l'Université de Lausanne, elle démarre sa carrière à L'Agefi où elle effectue son stage de journaliste. Puis elle rejoint le quotidien Le Temps en 2004 où elle se spécialise dans les sujets liés aux start-up, à l'innovation, aux PME et à la technologie. Des thématiques qu'elle continue de traiter chez Bilan depuis 2019.

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