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Les meilleurs plans pour une retraite anticipée

Se mettre au vert avant l’âge légal de la retraite, nombre d’actifs en rêvent. Comment réunir les conditions nécessaires pour atteindre cet objectif? Le tour de la question en 10 points.

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  • De nombreux Suisses prennent leur retraite au soleil pour éviter de trop perdre de pouvoir d’achat.

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  • Il est recommandé aux femmes de ne pas cesser de travailler dans leur carrière et d’éviter toute situation de dépendance financière.

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Dix questions essentielles pour la préretraite

Vous ne vous êtes jamais senti aussi en forme! Vous rêvez de vous mettre bientôt au vert, pour profiter au mieux de la vie? Ou peut-être que votre travail vous épuise et que vous cherchez à y échapper au plus vite? Quoi qu’il en soit, la retraite anticipée est faite pour vous.

A ce sujet, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. Commençons par la mauvaise. On le sait, l’allongement de la durée de vie et la baisse générale des rendements financiers plombent les rentes versées par les caisses de pension. Les montants reculent clairement depuis une quinzaine d’années. Il faudra donc avoir accumulé des avoirs de vieillesse conséquents pour pouvoir mettre les voiles prématurément. A l’âge légal de la retraite en Suisse (64 ans pour les femmes, 65 ans pour les hommes), la rente AVS et celle de la caisse de pension ne couvrent dans le meilleur des cas que 60% des revenus de la dernière activité lucrative. Ce chiffre correspond à une carrière sans interruption et sans temps partiel. Cette proportion recule évidemment encore avec un départ anticipé.

La bonne nouvelle, c’est qu’au prix d’un peu de frugalité, un vaste éventail de possibilités s’offre à vous. Si vous entendez gagner quelques années de liberté, il faut anticiper une nette diminution des coûts de la vie. C’est le moment de faire des choix. S’installer quelques années dans des pays moins coûteux que la Suisse? Renoncer à une résidence secondaire? Réduire son train de vie? Ces sacrifices en valent certainement la peine.

Malgré la détérioration des conditions financières, l’intérêt pour les retraites anticipées ne cesse de croître. Un fait qui s’explique aisément par la pression accrue que subissent les travailleurs – cadres comme simples collaborateurs –, victimes d’une économie en restructuration permanente.

Les études rapportent que les indépendants sont trois fois moins nombreux que les salariés à y recourir. «Contents d’avoir créé quelque chose, ils travaillent quant à eux volontiers au-delà de l’âge de retraite», témoigne Roland Bron, directeur de VZ Suisse romande. Ajoutons que les indépendants n’ont souvent droit qu’à des conditions de retraite minimales faute d’avoir pu renforcer leurs avoirs de vieillesse.

La branche professionnelle joue un grand rôle dans la décision d’abréger sa carrière. Selon l’OFS (Office fédéral de la statistique), les taux les plus élevés de préretraites s’appliquent aux secteurs «Activités financières et assurance» (65%), «Administration publique» (56%), «Transports et entreposage» (49%) et «Construction» (42%) (voir infographie page 31). Des scores qui s’expliquent aisément. Dans la banque et l’assurance, l’érosion des marges et le poids croissant de la réglementation génèrent en effet un stress important pour le personnel. De son côté, la fonction publique bénéficie de conditions de préretraite privilégiées qui poussent sans doute les travailleurs à arrêter plus tôt. Dans la construction, c’est la pénibilité physique qui transparaît derrière ce choix.

Voici maintenant quelques conseils en 10 points pour pouvoir profiter d’une retraite anticipée dans les meilleures conditions possibles.

1. Quelles sont les questions à se poser?

Afin de ne pas être pris de court, les professionnels de la prévoyance conseillent de faire impérativement un premier bilan dès la cinquantaine, voire dès 45 ans. L’assuré doit répondre à trois questions. De combien ai-je besoin pour vivre? A combien s’élèvent mes avoirs 2e pilier? Quelles sont les conditions offertes par ma caisse de pension? «Souvent, les assurés ne réalisent pas l’importance de baisse de revenus qu’induit une retraite anticipée. Sans 3e pilier, la personne dépendra essentiellement d’une rente LPP. Si la préretraite se profile comme un objectif, il convient d’épargner beaucoup pour en diminuer l’impact, par exemple en renforçant ses avoirs placés à la caisse de pension», explique Michèle Mottu Stella, partenaire chez Prevanto.

2. Dès quel âge?

«L’âge d’or de la retraite anticipée remonte déjà à une vingtaine d’années, observe Roland Bron. Jusqu’au début des années 2000, il était possible de bénéficier de très bonnes conditions. Mais depuis une vingtaine d’années, les taux de conversion et les rentes s’érodent.» En clair, en 2005, un actif qui voulait arrêter de travailler à 62 ans pouvait aisément le faire. Aujourd’hui, une préretraite au même âge débouche sur une réduction des rentes d’environ 20% par rapport à cette date. D’après l’OFS, quelque 40% des personnes actives prennent actuellement une préretraite à un an de l’âge légal de la retraite, soit 64 ans pour les hommes et 63 ans pour les femmes (2015-2017). Il s’agit en effet de la formule la plus abordable pour la population.

Roland Bron reprend: «Il est devenu très rare de pouvoir s’offrir un départ à 58 ans. Il faut pour cela disposer d’une épargne très importante, avoir fait un héritage ou avoir gagné beaucoup d’argent durant sa vie active.» Responsable du département Fiscalité et prévoyance à la BCV, Fabrice Welsch prolonge: «L’âge du départ à la retraite a tendance à reculer si j’en juge d’après notre expérience. La contrainte est d’adapter son niveau de vie à ses revenus, en tenant compte des cotisations AVS qu’il faut verser jusqu’à l’âge légal et, éventuellement, d’un prêt hypothécaire que l’on n’aurait pas encore amorti.»

3. A quel coût?

«De façon très approximative, on peut dire qu’une retraite anticipée devient envisageable à partir d’un 2e pilier qui atteint 500 000 francs», estime Roland Bron. Le calcul est le suivant: un 2e pilier de 500 000 francs à un taux de conversion de 5% donne droit à une rente annuelle LPP de 25 000 francs par an. Ce chiffre baisse à 15 000 francs par an pour un 2e pilier de 300 000 francs.

L’AVS ne sera versée qu’à partir de l’âge légal de la retraite. Certaines caisses prévoient une rente complémentaire connue sous le nom de pont AVS. Si ce n’est pas le cas, ce pont s’inscrit à la charge du préretraité. Les experts estiment que la retraite anticipée coûte près d’une année de salaire par année d’anticipation. L’assuré cotise moins longtemps pour recevoir une rente plus tôt. Cependant, il est possible de racheter des parts du 2e pilier afin de compenser la réduction des prestations en cas de versement anticipé (article 1b de l’Ordonnance sur la prévoyance professionnelle/OPP2). Votre caisse vous indiquera dans quelle mesure vous pouvez renforcer vos avoirs vieillesse.

4. Comment calculer sa rente?

Différents sites internet permettent d’évaluer le niveau de sa future rente. Les banques cantonales et les caisses de pension des cantons proposent des outils faciles d’accès. Attention, ces instruments fournissent des approximations. Pour prendre des décisions définitives, il est recommandé de s’appuyer sur les calculs d’un conseiller. Recourir à une préretraite accentue encore le rétrécissement général des rentes. Pour les hauts revenus assurés par des caisses qui ont montré beaucoup de largesse, la chute enregistrée ces dernières années peut être vertigineuse, rapporte Fabrice Welsch. «L’exemple de Credit Suisse est emblématique de cette évolution. Chez la grande banque zurichoise, les rentes ont reculé de 23% entre le moment du pic maximum des prestations et 2020. Le recul sera de plus de 36% en 2027.»

Pour un plan minimal LPP, l’érosion est moins marquée. Le taux de conversion introduit en 1985 était de 7,2% à 65 ans et n’a commencé à baisser que dans la deuxième moitié des années 2000 pour être fixé à 6,8% en 2014. Pour un salaire de 10 000 francs par an, MoneyPark calcule une rente annuelle de près de 42 000 francs à 60 ans et 53 580 à 65 ans (voir infographie).

5. Les traitements de caisses sont-ils très différents?

Les conditions offertes par les différentes caisses varient beaucoup. De manière générale, les caisses publiques se montrent plus généreuses, tandis que les caisses privées sont plus chiches. Selon Michèle Mottu Stella, partenaire chez Prevanto, les différences entre caisses dépendent de l’implication de l’employeur. «Il subsiste encore quelques caisses de pension qui visent à garantir au mieux le maintien du niveau de vie des collaborateurs. A l’époque où ça se faisait encore, on parlait d’employeur «paternaliste», puisque l’entreprise voulait s’impliquer dans la vie de l’employé au-delà des aspects professionnels. C’est évidemment devenu très rare.»

Renseignez-vous sur les modalités offertes par votre propre caisse, car vu leur multiplicité et la complexité des règlements respectifs, il est impossible de les comparer ici.

6. A quoi les femmes doivent-elles être attentives?

Avant toute chose, chacun devrait s’assurer d’avoir versé la totalité des prestations réglementaires et comblé toute lacune de cotisation liée à une cessation momentanée d’activité. Les personnes, des femmes le plus souvent, qui se sont retirées du marché du travail et/ou ont travaillé à temps partiel doivent impérativement se pencher sur leur prévoyance pour éviter de très mauvaises surprises.

Avantage, les rachats de cotisations LPP sont exonérés d’impôts. Si vous avez 45 ans aujourd’hui et un salaire assuré à 100%, vous pouvez racheter des années de cotisation comme si vous aviez assuré un salaire à 100% dès vos 25 ans. «A titre personnel, je recommande aux femmes de ne pas cesser de travailler et d’éviter toute situation de dépendance financière. Elles devraient faire des rachats dès que l’occasion se présente», souligne Michèle Mottu Stella.

7. Et en cas de divorce?

C’est une évidence: un divorce oblitère fortement le niveau de vie, pour utiliser un euphémisme. Sachant qu’en Suisse, deux mariages sur cinq finissent par un divorce, c’est un phénomène à rendre en compte. Le total des avoirs LPP est divisé en deux, le pouvoir d’achat de chacun des deux anciens partenaires s’effondre. Cette catastrophe financière sonne le glas des rêves de retraite anticipée. La maison familiale est le plus souvent également emportée par la tempête, puisqu’il faut la vendre afin de partager les avoirs.

Une mince consolation du côté du fisc: à tout âge, les rachats effectués à la suite d’un divorce dans le but de compenser la part transférée à l’ex-conjoint sont en principe totalement déductibles du revenu imposable.

8. Un 2e pilier amputé?

La loi donne la possibilité de retirer des avoirs de vieillesse du 2e pilier pour faire un achat immobilier. Les professionnels déconseillent cette option, qui a par ailleurs toutes les chances d’anéantir tout projet de préretraite. Fabrice Welsch détaille: «Le risque est celui de l’évolution de la valeur de l’objet immobilier ainsi financé. Une incertitude aiguë en cas de divorce, lorsqu’il faut estimer le bien alors que le marché n’est pas forcément dans une phase favorable. Prenons un exemple. Si j’achète un appartement à 800 000 francs avec un apport de 10% en fonds propres et 10% via la prévoyance professionnelle, une baisse du prix de 20% (160 000 francs) sur le marché emporterait mon investissement. Je ne retrouverai ni mon épargne personnelle ni l’avoir vieillesse LPP prélevé.» En cette période d’offre immobilière insuffisante, les possibilités d’acquérir un bien se concentrent dans les régions périphériques qui sont en outre les plus touchées en cas de retournement de conjoncture.

9. Une retraite par étapes?

«Face à l’érosion des taux de conversion de la LPP, la retraite par étapes constitue une très bonne alternative à la retraite anticipée, affirme Roland Bron. Ainsi, la personne peut lever le pied et bénéficier de davantage de temps libre, sans sacrifier une trop grande part de ses revenus.»

Lorsqu’un salarié passe par exemple de 100 à 70% d’activité, il peut retirer 30% de son avoir vieillesse sous forme de rente, de capital ou d’une combinaison des deux. La Banque Migros décrit ce processus dans une publication récente. Vous pouvez réduire votre temps de travail à 70% à 58 ans, puis passer à 40% à 60 ans et partir à la retraite à l’âge légal. Toutefois, la caisse ne compensera pas totalement la réduction de salaire. En revanche, vous pouvez percevoir les fonds du 3e pilier A, cinq ans avant l’âge AVS. Si vous avez les moyens, vous pouvez aussi continuer à cotiser.

Attention, les conditions-cadres applicables aux retraites échelonnées diffèrent d’un canton à l’autre, mieux vaut se renseigner auprès des autorités fiscales de votre canton.

10. Partir à l’étranger?

Avec un revenu qui plonge à l’arrêt de la vie active, les promesses d’un coût de la vie de 30% inférieur, par exemple au Portugal, font souvent rêver les jeunes retraités. Réaliste, Michèle Mottu Stella pointe: «La théorie est très tentante: vivre au soleil sans dépenser trop. Ce projet se justifie peut-être au niveau financier. Mais il doit encore résister à l’examen de nombreux facteurs comme une langue et une culture différentes, un système médical étranger et l’éloignement de la famille.» De l’Italie à la Grèce, différents pays méditerranéens déploient des programmes avantageux fiscalement qui facilitent l’accès à la propriété. L’intérêt pour les gouvernements est de stimuler leur économie en attirant des personnes plus ou moins fortunées sur le territoire. Du côté des Suisses qui s’expatrient, la tendance est de profiter du climat du sud de l’Europe dès la préretraite. Les mêmes planifient cependant un retour en Suisse autour des 80 ans, lorsque des soucis de santé liés au grand âge apparaîtront.


Les taux de conversion fondent

Utilisé pour convertir les avoirs vieillesse du 2e pilier en rente annuelle, le taux de conversion ne cesse de reculer depuis une vingtaine d’années. Aujourd’hui, un avoir de vieillesse qui s’élève à 500 000 francs donne droit à un taux de conversion de 6%, à une rente annuelle de 30 000 francs. C’est 30% de moins qu’il y a trente ans, à cotisation égale. Pour ce qui est des contributions d’épargne prescrites comme obligatoires, pour la part de revenu située entre 24 885 et 85 320 francs, le taux de conversion minimal est fixé par la loi à 6,8%. Si vous gagnez davantage, le surplus versé, appelé surobligataire, fera l’objet d’un taux décidé par la caisse, d’habitude inférieur à 6,8%. En moyenne, les caisses autonomes appliquent un taux de 5,7% et les fondations quelque 6,2%.


Jean-Louis Zurcher ne regrette pas son choix. (Crédits: Alistair Berg/Getty images)

«L’occasion de lancer un nouveau projet»

Sacrifiant une part importante de son revenu, Jean-Louis Zurcher s’est converti dans le commerce de vin. Il ne regrette rien.

«Je conseille à tout le monde de saisir l’opportunité d’une retraite anticipée. Quand vous vous approchez de la soixantaine, vous êtes encore en pleine forme et capable de vous lancer dans de nouveaux projets. Les gens ne réalisent pas toujours la perte d’énergie qui s’opère entre 65 et 70 ans.» Même si la préretraite lui a coûté très cher en termes financiers, Jean-Louis Zurcher (69 ans) se félicite d’avoir pris cette voie. Ce choix lui a permis de réaliser son rêve: devenir commerçant en vins. «Cette activité ne m’a jamais vraiment rapporté d’argent, s’amuse-t-il. Mais c’est une formidable occasion de prendre la route pour aller à la rencontre des producteurs. Une fois en Suisse, je vais livrer des amis et des connaissances que je suis toujours ravi de revoir.»

Ancien porte-parole de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), ce Biennois d’origine a quitté à 61 ans un poste confortable. «J’aimais beaucoup mon travail. Mais je pendulais entre Genève et Berne et ces trajets m’épuisaient.» Avait-il préparé ce départ et constitué des réserves ou un 3e pilier? Le Genevois d’adoption éclate de rire: «Je n’avais rien anticipé du tout.» Le revenu annuel de cet ancien journaliste dévisse de 140 000 francs annuels à 40 000. Occupant chanceux d’un logement au centre de Genève au loyer de 1600 francs, il peut conserver son appartement. «Bien sûr que l’on s’en sort. Vous payez moins d’impôts, évidemment. Vous allez moins au restaurant. Mais je ne me suis pas privé de voyager.»

Bouger, Jean-Louis Zurcher a toujours aimé ça. Dans les années 1970, il a travaillé dans l’équipe du téléjournal d’Annette Leemann que la SSR diffusait à l’époque depuis Zurich. Il a vécu en Afrique, au Cambodge, à Rome. Il a été délégué du CICR, représentant de l’OMS. Sa carrière de journaliste l’a emmené des agences ATS et AP à la Télévision suisse romande, en passant par le défunt «Journal de Genève, 24 heures» et le «Journal du Jura». Durant deux ans, ce touche-à-tout s’est même exilé en Grande-Bretagne, où il a retapé une maison et ouvert un bistro. «L’année prochaine, je vais toucher un capital libéré par une police d’assurance vie souscrite il y a longtemps, se réjouit le sexagénaire. Vraiment, je ne regrette rien.»


Les avantages du 3e pilier

Le pilier 3A vous permet, avec un compte de prévoyance ou un dépôt de prévoyance, de constituer un capital vieillesse supplémentaire, qui sera plus que bienvenu lorsqu’il s’agit de prendre une retraite anticipée. Le versement maximum possible sur un 3e pilier est de 6826 francs par année civile pour un salarié. Pour un indépendant, il est de 20% du revenu net d’exploitation, avec un montant maximum de 34 120 francs par an. Les cotisations ou versements effectués pour le 3e pilier A sont déductibles des impôts, selon les directives de l’Administration fiscale. Le pilier 3A vous autorise à retirer votre capital cinq ans avant l’âge de la retraite. Si vous avez souscrit plusieurs 3es piliers, vous pourrez échelonner le retrait de vos avoirs. Vous pourrez ainsi compléter les lacunes causées par la retraite anticipée, tout en allégeant votre charge fiscale.


(Crédits: Dr)

«Il faut se préparer le plus tôt possible»

Christophe Decor, directeur général de la Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG).

Sous quelles conditions peut-on bénéficier d’une retraite anticipée sans sacrifier trop de revenus?

Cela dépend de chaque situation individuelle et familiale. Une retraite anticipée doit être pensée et préparée le plus tôt possible pour prendre les mesures nécessaires.

Quelles sont les différentes mesures possibles?

Le taux d’activité a une conséquence sur le montant du salaire assuré. Il faut en être conscient si on envisage de travailler à temps partiel. Concernant le rachat de parts du 2e pilier, plus il est envisagé tôt, plus il alimente le compte de prévoyance grâce aux intérêts. Dans le cadre de l’encouragement à la propriété du logement (EPL), il est possible de retirer des fonds du compte, ce qui affaiblit la rente. Il est donc préférable, si c’est possible, d’avoir remboursé le montant prélevé avant de prendre une retraite anticipée. Quant au 3e pilier, outre ses avantages fiscaux, il amène un complément bienvenu.

Comment profiter au mieux de la défiscalisation de l’épargne retraite?

Si les règles de votre Caisse de prévoyance le permettent, les rachats sont intéressants, tant pour améliorer sa couverture de prévoyance (retraite, AI, décès) que fiscalement, pour les années de ces versements.

Les indépendants ont souvent investi leur 2e pilier dans leurs propres activités. D’autres assurés l’ont utilisé pour acquérir un bien immobilier. Est-ce qu’une préretraite est envisageable dans ces cas de figure?

Oui, si celle-ci a été bien pensée. Les indépendants ont la possibilité, en fonction de la structure de leur activité, de bénéficier d’un 2e pilier, ou de marges élevées dans le 2e pilier A. Pour l’acquisition d’un bien immobilier, cela peut permettre une diminution des charges, donc de favoriser un équilibre financier avec une retraite anticipée.

En cas de retraite anticipée, faut-il mieux opter pour un versement en capital ou une rente?

S’il n’y a pas de soucis de santé au moment du départ en retraite, la rente semble une meilleure option. En effet, la rente est viagère et garantie alors que si l’on prend du capital, il faut avoir les compétences pour le gérer jusqu’à son dernier jour. Et le cas échéant, les proches survivants devront aussi être en mesure de gérer ce capital.

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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