Bilan

L'hôtellerie-restauration appelle Berne au secours

Désormais en lutte pour sa survie après les décisions prises par le Conseil fédéral face à l'épidémie de coronavirus, la branche de l'hôtellerie, de la restauration et du tourisme demande des mesures. Celles-ci doivent notamment permettre de surmonter la pénurie de liquidités, des améliorations au niveau de l'indemnisation du chômage partiel.

Selon une enquête de Gastrosuisse, le chiffre d'affaires de l'hôtellerie-restauration a chuté en moyenne d'un tiers au cours des deux dernières semaines.

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Dans un communiqué mardi, la Fédération suisse du tourisme (FST) demande «l'introduction immédiate d'un fonds pour les cas de rigueur». Forte du soutien de plusieurs associations faîtières de la branche, la FST estime que sans mesures de soutien immédiates de la part du Conseil fédéral et des cantons, le secteur «souffrira des dommages durables et irréversibles».

Saluant les décisions prises jusqu'ici, la FST exige de nouvelles mesures de soutien afin d'éviter un «effondrement total». Avant l'obligation de fermeture, l'hôtellerie-restauration et la branche du tourisme ont dû faire face à une diminution extrême du chiffre d'affaires.

Selon une enquête de Gastrosuisse, le chiffre d'affaires de l'hôtellerie-restauration a chuté en moyenne d'un tiers au cours des deux dernières semaines. Entre le 28 février et le 12 mars, le manque à gagner s'est hissé à 382,2 millions de francs, estime-t-elle.

Grosses pertes


La baisse du chiffre d'affaires est particulièrement élevée dans l'hôtellerie. Selon la faîtière Hotelleriesuisse, les revenus ont plongé de quasiment la moitié en mars (-45%). D'ici la fin du mois, les pertes pour la seule hôtellerie devrait s'afficher à 450 millions de francs.

Avec le «lockdown», la branche est près du coup d'arrêt, poursuit la FST. La baisse du chiffre d'affaires s'élève par conséquent à plusieurs milliards. Le secteur demande au Conseil fédéral et aux cantons une «suspension proactive et généreuse» d'amortissements et des sursis de paiement pour les arriérés d'impôts et de taxes, particulièrement de la TVA et de l'impôt sur le bénéfice.

La FST demande aussi un accès à des prêts sans intérêts ainsi que des paiements directs. Elle appelle aussi les banques à faire preuve de souplesse pour les établissements en difficulté de paiement. Les cantons doivent assurer des suspensions d'amortissements et des limites de découvert sans intérêts dans les banques cantonales pour les établissements concernés, ajoute la fédération.

La branche salue le raccourcissement du délai de carence pour la réduction de l'horaire de travail. Toutefois, sans rentrées d'argent, la plupart des établissements ne seront bientôt plus en mesure de payer les salaires de leurs employés. De ce fait, la FST juge nécessaire d'assouplir les critères d'éligibilité et d'envisager des paiements par acomptes pour l'indemnité de chômage partiel.

Elargissement du chômage partiel


La FST souhaite un élargissement de la définition de l'ayant droit, l'hôtellerie-restauration regroupant essentiellement des petites et moyennes entreprises (PME). Les employés à temps partiel de même que les entrepreneurs de l'hôtellerie-restauration doivent pouvoir demander, en tant qu'employés, une réduction de l'horaire de travail.

En raison de la pénurie de liquidités, les indemnités de chômage partiel doivent être versées très rapidement. Les paiements par acomptes peuvent éviter que les établissements se retrouvent en difficulté de paiement.

Alors que le Conseil fédéral entend examiner d'ici au 1er avril un soutien financer allant jusqu'à un milliard de francs pour les cas de rigueur, la FST en demande l'introduction immédiate, compte tenu de l'urgence de la situation. De plus la FST juge ces fonds insuffisants pour apporter les aides financières nécessaires.

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