Bilan

«On ne peut réduire la mobilité à zéro»

Pour le Salon de l’automobile de Genève qui doit s’ouvrir du 5 au 15 mars, le directeur Olivier Rihs est confronté à la désaffection des visiteurs, au coronavirus et aux activistes du climat.

Inédit: un circuit de 456 m de pistes à l’intérieur de Palexpo pour tester 48 bolides.

Crédits: Dr

Jamais un Salon automobile de Genève n’aura connu autant de désistements: après Volvo, Ford, Opel, Land Rover et Jaguar absents en 2019 s’ajoutent Peugeot, Citroën (sauf DS), Nissan, Mitsubishi, Subaru, Lamborghini, Maserati, Mini et Tata Motors. Tesla n’a jamais fréquenté Genève, alors que Hyundai fait son retour pour cette 90e édition: «Nous allons lancer 44 modèles électrifiés sur le marché d’ici à 2025, parmi lesquels plusieurs entièrement électriques», explique le vice-président et CEO du groupe, le milliardaire Chung Eui-sun. «En tout 17 marques manquent à l’appel, mais c’est 75% du volume des voitures vendues en Suisse qui seront représentées à Palexpo», relativise Olivier Rihs, directeur du Geneva International Motor Show (GIMS). Malgré le coronavirus, quatre marques chinoises installent leurs stands, dont Aiways, qui avait présenté à Francfort son SUV U5 100% électrique et qui veut le commercialiser en Europe.

Le spectre du coronavirus

«Aucun salon n’est à l’abri d’une annulation de dernière minute», constate le Biennois qui va effectuer son premier salon seul à la tête de la manifestation (en 2019, André Hefti était encore à ses côtés). Ainsi Barcelone a annulé deux semaines avant l’ouverture le Mobile World Congress 2020 de fin février. La grand-messe de la téléphonie devait être organisée par un consortium de 400 fabricants et 750 opérateurs. Tout récemment, le Salon des inventions, qui devait se tenir à Genève du 25 au 29 mars, a été reporté en septembre.

Une différence de taille: les exposants chinois sont nettement moins importants au GIMS. «Des appareils de désinfection seront placés dans toutes les halles. Nous allons aussi être attentifs aux cuisines et rappeler à tous les exposants les règles d’hygiène nécessaires.» Seul un ordre strict de l’Office fédéral de la santé publique pourrait contraindre les organisateurs à tout arrêter. Cela coûterait cher: il n’existe aucune assurance pour annulation en cas de force majeure.

«Aucun salon n’est à l’abri d’une annulation de dernière minute» Olivier Rihs, à la tête du Salon genevois de l’automobile (Crédits: Dr)

Un VIP Day la veille de l’ouverture

Pour tenter de combler la désaffection des salons spécialisés, Olivier Rihs a dû faire preuve d’imagination. Il a créé pour la première fois un circuit d’essai intérieur: «Mettez côte à côte un modèle à essence et un électrique, vous ne voyez pas la différence, explique-t-il. Il faut les tester. Près de 90% des gens n’ont jamais conduit de voiture électrique.» Le GIMS va mettre en service 456 m de pistes alternant virages, longues courbes et lignes droites avec 48 véhicules à propulsions alternatives. Elles seront mises
à disposition pour 10 minutes par les importateurs de véhicules électriques, hybrides, à hydrogène et à gaz naturel. L’inscription est limitée à 11 000 candidats qui doivent s’inscrire en ligne. Trois commissaires du TCS superviseront l’opération «Discovery Drive». Autre nouveauté, un VIP Day, le mercredi, veille de l’ouverture, avec des conférences sur le thème de la mobilité du futur, moyennant 250 fr. par personne.

Pour Olivier Rihs, le salon 2020 sera tout à la fois le premier qu’il gère seul et le dernier, puisqu’il a annoncé son départ imminent pour TX Group (Tamedia, éditeur de Bilan). Ses différents projets de réaménagement du salon n’auraient-ils pas plu au conseil d’administration? «Sur douze membres, onze les ont approuvés», rétorque le directeur qui doit affronter un autre problème, celui des activistes du climat et d’Extinction Rebellion: «Tout le monde a le droit de manifester, mais on ne peut réduire la mobilité à zéro. Il faut améliorer l’utilisation rationnelle des transports. Moi-même, j’ai un abonnement combinant abonnement général des CFF et voiture électrique.» Olivier Rihs sera-t-il le premier et dernier directeur du Salon de l’auto à ne pas posséder de voiture?

Oliver Grivat

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