Bilan

Réinvention forcée de l'événementiel: quand le virtuel prend le dessus

Les intervenants étaient prévenus, les conférences définies et il ne manquait qu’à attendre la date pour se réunir… le coronavirus a empêché la tenue de bon nombre de salons. Qu’à cela ne tienne, beaucoup d’organisateurs et participants ont décidé de s’adapter à la numérisation. Pour les événements, l’heure est au virtuel.

THE SPOT vise à créer des liens entre les personnes. Il n'aura pas lieu cette année.

Crédits: ThinkSport

Avec le tsunami qu’a provoqué le Covid-19 dans l’événementiel, il a fallu trouver des solutions. S’adapter. De nombreux organisateurs l’ont bien compris et ont vite pris des mesures pour virtualiser leur événement. C’est notamment le cas du Festival de Film Fantastique de Neuchâtel, le NIFFF. Sa directrice Anaïs Emery estime qu’il fallait maintenir le lien avec le public. «Nous voyons cette édition comme un événement hors-série, pour continuer le débat sur les interactions entre création et public».

Cette proposition numérique est une occasion d’innover mais elle constitue aussi un rampe de lancement pour la 20ème édition prévue en 2021. Fallait-il simplement annuler le festival? «Nous nous sommes posés la question», admet Anaïs Emery, avant d’ajouter que «ce n’est pas dans l’ADN du NIFFF de rendre les armes». Résultat: le festival prend la forme d’un hors-série en ligne Au programme: des films et surtout des débats autour des œuvres fantastiques et l’innovation.

L’immobilier, l’horlogerie et le sport

Tenir le festival en ligne est aussi un moyen pour le NIFFF de conserver la marque dans la tête du public. C’est également ce que tentent des marques horlogères qui ont monté leur salon virtuel avec l’annulations des événements du secteur. Louis Moinet, basé à St-Blaise dans le canton de Neuchâtel, a organisé ses Discovery Days. Du 30 avril au 5 mai, l’équipe a choisi de ne pas simplement présenter ses montres. Elle a créé ce qu'elle nomme une trilogie émotionnelle «made in Hollywood», qu'elle a présenté depuis sa «Salle d’Imagination» plutôt que d’aller à Baselworld comme prévu.

Les horlogers utilisent des applications comme Zoom, Skype pour des visioconférences. L’un des objectifs était de conserver le lien émotionnel unissant le client à la marque. «Néanmoins, le but principal aujourd'hui pour nous est d'être avec nos amis - partager du temps et des pensées. De l'empathie plutôt que des ventes dures», explique Jean-Marie Schaller, CEO et propriétaire de la marque.

De son côté, Luca Tagliaboschi a maintenu son salon de ventes immobilières. Le CEO de Cardis Sotheby’s International Realty se félicite du succès de l’événement, si bien que son équipe a rempilé pour une deuxième semaine. Cette dernière commence ce mercredi à 14h. Les produits proposés sont des biens neufs comme des ventes sur plan. «Nous avons eu plus de 30 réservations chez le notaire» affirme Luca Tagliaboschi.

Les contacts changent des salons habituels. «Avant il y avait un contact physique. Nous pouvions nous asseoir avec un verre de vin, de jus d’orange et discuter en étant confortablement posé», raconte-t-il. A l’heure du virtuel, ces possibilités disparaissent mais laissent place à d’autres. «Nous pouvons directement contacter des organismes financiers pour trouver des crédits, voir les vidéos du drone qui a suivi le chantier de construction… Nous voyons plus que dans un salon immobilier», poursuit encore l’expert en immobilier. En tout, la première édition en ligne a vu passer quelque 3000 personnes. Pour cette seconde semaine, lui et son équipe se sont axés sur différentes thématiques. Ils peuvent compter sur la participations des diverses personnalités, du hockey suisse au Montreux Jazz Festival.

Autre événement qui devait se tenir au mois de mai: THE SPOT. L’événement organisé par Thinksport, l’incubateur sportif lausannois, devait souffler sa troisième bougie mais il n’a pas pu avoir lieu. Sa directrice, Anna Hellman, estime qu’il n’y a pas de sens à poursuivre un tel événement de réseautage en ligne. «Le concept est de faire des rencontres», insiste-elle.

Elle indique qu’il valait mieux utiliser cette situation de crise pour penser des nouveaux concepts complémentaires à THE SPOT qui pourrait être réutilisés à l’avenir. Son équipe réalise pour l’heure d’autres projets. Elle est très active dans la création de webinaires et d’autres manières de réunir les acteurs du monde sportifs, tout en gardant l’ADN de ThinkSport.

C'est donc toute une industrie qui a dû s'adapter et trouver des solutions pour que leurs événements perdurent. Dans le cas des festivals de musique, il est évidemment difficile de proposer une offre similaire et adaptée en ligne. Dans le cas des conférences réunissant des experts d'une industrie, certains arrivent à se retrouver à coup de conférences et d'applications. 

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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