Bilan

Retrouver la forme: pas si facile

Destinés à la fois aux sportifs d’élite et aux amateurs, les centres de remise en forme et les offres de soins se multiplient en Suisse romande.

A droite: Jeremy Barfuss, spécialiste en médecine du sport au sein du Réseau hospitalier neuchâtelois.

Crédits: Guillaume Perret/lundi13

Tout le monde peut pratiquer une activité sportive. De nombreux médecins sont d’accord sur la question: même ceux qui n’aiment pas courir peuvent trouver chaussure à leur pied. Le mobilier urbain installé un peu partout en Romandie est un encouragement en ce sens, tout comme les cours de sport en plein air et les invitations à bouger de part et d’autre. Mais pour être en forme, l’exercice seul ne suffit pas. «La bonne forme est une notion plus complexe, elle vise à combiner aujourd’hui une pratique sportive saine, sans excès, une alimentation équilibrée, et des plages de récupération. On voit dès lors que le rythme de vie actuel nous oblige à faire des concessions sur tel ou tel paramètre, car le temps manque!», affirme Bruno Paillat, physiothérapeute du sport et directeur d’exploitation au sein de Vidysport à Lausanne.

En termes d’activité physique, «il y a une palette de choix», plaide Hicham Montasser, fondateur et président de la Sports Academy à Lausanne. L’important est de parvenir à pratiquer correctement. Pour se mettre en jambes, il existe pléthore de conseils et de ressources en ligne, mais il ne faut pas pour autant écouter n’importe qui. «Des mythes circulent. Ce que l’on voit en nutrition du sport est fou», observe ainsi Jeremy Barfuss, coordinateur du projet médecine du sport au sein du Réseau hospitalier neuchâtelois (RHNe). Cette structure, mise en place en 2020, suit autant de jeunes espoirs que de sportifs amateurs. Alors qu’un généraliste aurait tendance à faire cesser la douleur, ceux qui s’axent sur le sport visent la reprise des activités. «Le physiothérapeute existe depuis longtemps pour suivre quelqu’un après une blessure», raconte Benjamin Aebischer, responsable des cours en activité physique adaptée chez Metics. Il ajoute: «Souvent, il n’y avait plus rien après la physiothérapie. Les gens étaient livrés à eux-mêmes.» Pour les personnes s’étant cassé un tibia ou un radius, la règle était souvent de porter le plâtre et, s’il n’y avait pas de particularité à la blessure ou aux muscles, d’attendre sans bouger. Désormais, des exercices sont recommandés pour toutes les phases, que ce soit en prévention ou en récupération.

Si l’appel aux spécialistes arrive souvent au moment des blessures, de plus en plus de personnes cherchent justement à s’entourer de professionnels pour éviter les douleurs. «Nous aidons parfois les personnes à répartir de façon adéquate leurs différents entraînements de la semaine, que ce soit en termes d’intensité ou de temps. Cela leur permet de gagner en qualité et d’éviter des surcharges qui peuvent encore une fois amener à des blessures», explique Jeremy Barfuss. Même pour celles qui croient savoir ce qu’ils font, il y a parfois des mauvaises surprises. «Plusieurs m’ont dit qu’elles avaient fait du gainage pendant dix ans mais que c’était la première fois qu’elles sentaient leurs abdominaux», sourit Benjamin Aebischer.

Aussi lentement que nécessaire

Tous les âges se croisent dans les couloirs de ces centres, de la championne nationale qui se remet d’une entorse à l’homme bedonnant de 65 ans qui veut retrouver la forme. Souvent, ils consultent les médecins du sport après une blessure de surcharge. «Le risque est de vouloir en faire trop», constate Benjamin Aebischer. Ce spécialiste voit passer des sportifs qui adoptent un rythme démesuré par rapport à leurs capacités, surtout lorsqu’ils veulent imiter leurs athlètes favoris. «A voir les autres, cela paraît facile, on veut faire comme eux. Simplement, la musculature n’est pas prête à accepter cela. C’est le plus dur à accepter», affirme-t-il. Il pense notamment aux personnes qui reprennent le sport à 35-40 ans après une période sans aucune activité. Elles espèrent réitérer leurs performances passées, comme si elles avaient de nouveau 20 ans. «Il faut se lancer sans avoir d’attentes trop élevées», encourage-t-il.

Même constat du côté du RHNe. Jeremy Barfuss a pu le constater au sein du service de médecine du sport. Chacun à son rythme donc, et tant pis pour la course aux chiffres. «Il existe de superinstruments de mesure, mais tous ne savent pas quoi en faire», confie Jeremy Barfuss. La fréquence cardiaque, l’allure, les zones d’efforts ou la puissance (pour les cyclistes) sont autant de données qu’il faut savoir interpréter. «La digitalisation rend accessibles toutes les informations et toutes les performances, et tout semble devenir possible à chacun», glisse Bruno Paillat, dont le centre est labellisé Swiss Olympic Medical Center. L’un des exemples marquants est celui de l’application Strava. C’est en quelque sorte la carotte au bout du bâton. Le sportif peut devenir «King/Queen of the Mountain» (roi/reine de la montagne) s’il est le meilleur sur un segment donné, soit sur un parcours de A à B. Pour certains, il s’agit d’un objectif à battre. Pour d’autres, c’est une obsession qui peut conduire à la blessure.

Le bon sens à l’aide

Les spécialistes de la santé préconisent régulièrement le bon sens chez leurs patients. La nutrition est, par exemple, un incontournable pour les personnes qui se remettent en forme. «Elle a été mise sous microscope, ce qui a créé de nombreuses tendances», explique Hicham Montasser. Le fondateur de Sports Academy met toutefois en garde: «Il faut garder une certaine simplicité.» Les recettes ou gélules miracle sont à proscrire, d’après lui. «Les personnes veulent tricher, alors qu’il suffit de revenir aux bases: manger équilibré, boire de l’eau et dormir», conclut Benjamin Aebischer.


Un nouveau centre d’urgences à Lausanne

Hirslanden Clinique Bois-Cerf veut accompagner ses patients de la blessure à la guérison, dans une seule structure.

Orthopédie La Clinique Bois-Cerf à Lausanne comptera dès la mi-décembre un service d’urgences orthopédiques. Le groupe Hirslanden l’a créé de manière à pouvoir accueillir les patients durant la totalité de leurs soins: de leur accueil aux urgences à leur éventuelle opération ou de leur passage dans les étages des soins jusqu’à la rééducation. «Tout le parcours du patient doit être possible en une seule clinique, pour optimiser au maximum les déplacements, explique Cédric Bossart, directeur de Hirslanden Clinique Bois-Cerf. Nous travaillons à limiter au maximum le temps d’attente des patients, notamment avec une radiologie intégrée.»

Sur place, les médecins peuvent ainsi effectuer des radiographies, ultrasons, IRM et Scan-CT, mais également pratiquer des interventions chirurgicales en cas de besoin. Des travaux ont permis de créer quatre salles de consultations, que celles-ci concernent l’orthopédie, la traumatologie ou encore la chirurgie de la main.

Les autres services de la clinique couvrent le suivi régulier au moyen de consultations par les médecins accrédités ainsi que la rééducation. Le patient peut ainsi être accompagné dans la même structure de sa blessure à sa guérison totale.

Les urgences orthopédiques ouvrent leurs portes mi-décembre, de 8 h à 20 h, tous les jours de la semaine.
En dehors de ces horaires, les patients peuvent se diriger vers les urgences polyvalentes de la Clinique Cecil.

(Crédits: Dr)
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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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