Bilan

Une Europe, six scénarios de déconfinement

La pression économique monte et pousse les gouvernements européens à réfléchir aux différentes possibilités de sortie de confinement. Six d’entre eux ont déjà émis des pistes.

La Suisse devrait annoncer son plan mercredi après-midi.

Des jours, des semaines voire des mois, personne ne sait exactement de quoi le (semi)confinement de demain sera fait. La Chine qui a levé le 8 avril dernier le cordon sanitaire entourant Wuhan, cœur de l’épidémie à ses débuts, sert d’exemple avec son déconfinement pas à pas. Tout en douceur, les Chinois ont opté pour une sortie progressive couplée à un port du masque obligatoire, une prise de température dans les transports en commun et magasins, ainsi qu’un code QR prouvant ses antécédents médicaux.

En Europe, premier continent touché avec plus de 75'000 décès au 12 avril, l’incertitude règne. Aucun plan global n’a été pour l’instant annoncé mais plusieurs scénarios ont d’ores et déjà été mis sur la table. Tour d’horizon des pistes émises par les pays d'Europe les plus avancés dans la crise.

Source: Statista, chiffres du 9 avril 2020

La France (13'832 décès / 21'461 guéris) : Le 31 mars dernier, lors d’une allocution télévisée, le Premier ministre français, Edouard Philippe, émettait plusieurs hypothèses de déconfinement progressif. La première portant sur une sortie selon les régions les plus touchées, en fonction des lits de réanimation disponibles dans les hôpitaux. La deuxième prenant pour critère l’âge, avec un confinement plus long pour les personnes plus âgées. Enfin, l’idée de déconfinement selon le profil sanitaire des individus a aussi été émise, les personnes immunisées pouvant ainsi retourner travailler.

    Malgré tout, les contours du confinement qui vient d’être prolongé du 15 au 28 avril, font l’objet des préoccupations d’une cellule d'anticipation du gouvernement mais restent encore flous. Le Président viendra éclaircir la situation ce lundi 13 avril, soit presque un mois après son discours de mi-mars sur l’entrée en guerre de la France «contre un ennemi invisible nommé Covid-19».


    L’Italie (19'468 décès / 26'491 guéris): Pays le plus touché d’Europe par le coronavirus, l’Italie a décidé de prolonger les mesures de confinement qui expiraient lundi 13 avril jusqu’au 3 mai. C'est «une décision difficile mais nécessaire dont j'assume toute la responsabilité politique», a déclaré le Premier ministre Giuseppe Conte lors d'une allocution solennelle la semaine dernière. La sortie de confinement n’est donc pas encore à l’ordre du jour bien que quelques activités supplémentaires soient à nouveau autorisées à reprendre dès le 14 avril. Parmi elles, les librairies et les magasins pour bébés.


    L’Espagne (16'353 décès / 48'021 guéris) : Troisième pays le plus endeuillé au monde, l’Espagne a indiqué vendredi un prolongement de la période de confinement jusqu’au 25 avril. Le chef du gouvernement, Pedro Sanchez, qui avait mis à l’arrêt pour deux semaines toutes les activités économiques non-essentielles, a autorisé les entreprises à rouvrir à partir du lundi 13 avril. Des masques seront distribués à la sortie des métros et des gares mais les Espagnols sont tout de même encouragés par le gouvernement à continuer le télétravail lorsque cela est possible.


    L’Autriche (350 décès / 5'249 guéris) : Au cœur de l’Europe, l’Autriche a comptabilisé peu de cas et se voit déjà sortir du confinement. Début avril, le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, a annoncé son programme d’assouplissement des mesures de restriction liées à la pandémie pour les semaines à venir. Celles-ci commenceront à s’appliquer le 14 avril prochain. Les consignes en vigueur depuis le 15 mars (déplacements et rassemblements réduits mais aussi distanciation sociale) sont prolongés jusqu’à la fin du mois d'avril mais seront assorties de l’introduction du port du masque obligatoire et d’une lente reprise de l’activité économique, notamment dans le commerce et les services.


    L’Allemagne (2'871 décès / 46'300 guéris) : La chancelière Angela Merkel a appelé jeudi dernier les Allemands à la patience. Un déconfinement progressif est à l'étude, possiblement après les vacances de Pâques (19 avril), selon le ministre de la Santé, Jens Spahn, mais sous réserve que la tendance actuelle (positive) se confirme. Parmi les mesures accompagnatrices imaginées, une série de prises de sang massives chez la population a déjà commencé. Plus de 30'000 personnes vont être testées afin de voir quelle proportion de la population est déjà immunisée.


    Source: Office fédéral de la Statistique

    La Suisse (857 décès / 9'800 guéris) : Contrairement à ses voisins, la Suisse a tenu à ne pas imposer un confinement général à sa population mais un modèle qui s’en rapproche. Ainsi, depuis mi-mars les rassemblements de plus de cinq personnes sont interdits, les commerces non-essentiels fermés et il nous est rappelé sans cesse qu’il faut rester à la maison. 

    Des mesures qui ont été finalement prolongées jusqu’au 26 avril. Néanmoins, le Conseil fédéral a chargé le Département de la santé et celui de l'économie d'élaborer un système d’assouplissement qui pourrait se faire étape par étape.

    Les résultats de ce travail seront présentés lors de la prochaine conférence de presse du Conseil fédéral, autrement dit jeudi 16 avril prochain. 

    Les détails sont encore flous mais d’après la présidente de la Confédération, Simonetta Sommaruga, «les premiers assouplissements devraient pouvoir se produire déjà avant fin avril», avec comme condition préalable qu'il n'y ait plus d'augmentation des contaminations. Une utilisation de masques serait accrue et l’hypothèse d'isoler complètement les groupes à risque serait écartée. Selon elle, il ne serait pas possible de couper complètement ces groupes du monde extérieur.


    Ainsi, pour ces pays ayant dépassé la phase ascendante de l’épidémie, l’heure est à la réflexion post-coronavirus. Ce qui annonce une semaine riche en décisions et prises de paroles européennes.

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    Julie Müller

    Journaliste

    Lui écrire

    Du Chili à la Corée du Sud, en passant par Neuchâtel pour effectuer ses deux ans de Master en journalisme, Julie Müller dépose à présent ses valises à Genève pour travailler auprès de Bilan. Quand cette férue de voyages ne parcourait pas le monde, elle se débrouillait pour dégoter des stages dans les rédactions de Suisse romande. Tribune de Genève, 24 Heures, L'Agefi, 20minutes ou encore Le Temps lui ont ainsi ouvert leurs portes. Formée à tous types de médias elle tente peu à peu de se spécialiser dans la presse écrite économique.

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