Bilan

Charles Vögele: «Finalement, tout le monde s’y retrouve»

Christophe Spadone, bénéficiaire du trust Elarof, actionnaire principal du groupe d’habillement, fait partie du consortium d’investisseurs qui se portent aujourd’hui acquéreurs des actions publiques de Charles Vögele. Interview.

Homme d’affaires genevois d’origine valaisanne, Christophe Spadone se dit soulagé par l'offre qui permettrait d'assurer l'avenir de Charles Vögele.

Selon Christophe Spadone, l’inclusion de Charles Vögele, société suisse en difficulté, dans le groupe italien de prêt-à-porter Sempione Retail, dont son trust familial a acquis 20,5% du capital, permet de satisfaire à la fois les employés, les créanciers et les actionnaires.

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- Etes-vous satisfait de l'offre de rachat de Charles Vögele par Sempione Retail, à laquelle vous participez?

- Je suis plutôt satisfait du travail accompli depuis notre entrée au capital de Charles Vögele et mon arrivée au conseil d’administration. Nous participons à offrir un futur à une société qui rencontre des difficultés depuis de nombreuses années. Mais surtout je suis soulagé car la situation de l’entreprise se dégrade de mois en mois et j’étais persuadé qu’il ne serait pas possible à la fois de sauvegarder l’emploi, de rembourser partiellement les créanciers (banques) sans sacrifier les actionnaires. Finalement, tout le monde s’y retrouve et c’est une source de satisfaction.

- Prévoyez-vous de vendre votre part de 15,2% dans Vögele, après avoir acquis 20,5% dans Sempione Retail?

- Non, la condition affichée par les co-investisseurs du consortium était que notre trust familial conserve sa participation actuelle dans Charles Vögele.

- Cela veut dire que vous croyez dans le secteur de la confection?

- Le secteur doit se consolider pour faire face aux nouveaux défis de l’internet du fast retail. Je suis content que nous soyons parmi les premiers à agir.

- Quel bilan retirez-vous jusqu’ici de l'aventure Charles Vögele?

- Il est trop tôt pour le dire puisque nous restons solidement investis à condition que l’offre aboutisse. Si ce n’était pas le cas, il faudrait revoir le rationnel de cet investissement. Dans tous les cas, j’ai le sentiment que c’est l’engagement, l’ouverture et l’obstination qui ont permis d’offrir une solution.

- Quels sont vos autres projets d'investisseur, au travers de Elarof Trust?

- C’est une décision qui appartient à nos trustees mais nous allons en parler rapidement avec eux et le responsable de notre family office. Peut-être quelque chose de moins compliqué qu’une société cotée !

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

Myret Zaki est journaliste indépendante, spécialisée en économie et finance, et conseillère pour influenceurs et leaders d’opinion. Entre 2010 et 2019, elle a travaillé au magazine Bilan, assumant la rédaction en chef à partir de 2014. Elle avait auparavant travaillé au Temps de 2001 à 2009, dirigeant les pages financières du journal. Ses débuts, elle les avait faits à la banque genevoise Lombard Odier dès 1997, où elle a appris les fondements de l'analyse boursière. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage d'investigation, "UBS, les dessous d'un scandale". Elle obtient le prix Schweizer Journalist 2008. En 2010, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle prédit que la fin du secret bancaire profitera à d'autres centres financiers. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin du billet vert comme monnaie de réserve, puis «La finance de l'ombre a pris le contrôle» en 2016.

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