Bilan

Doetsch Grether, de l’or en pastilles

CEO de la compagnie familiale bâloise depuis 2017, Thomas Wyss mise sur un portefeuille de produits suisses, leaders dans leur créneau. Le groupe affiche une croissance à deux chiffres.

Thomas Wyss.

(Crédits: Anita Maerki)

Connue dans le monde entier pour les Grether’s Pastilles, la société quasi centenaire Doetsch Grether est installée depuis deux ans dans des locaux flambant neufs en plein centre historique de Bâle. Le CEO Thomas Wyss arpente les couloirs d’un pas vif. Il salue ses interlocuteurs d’une énergique poignée de mains. Ce Bernois d’origine a rejoint la compagnie il y a douze ans avant de reprendre la direction de cette PME de quelque 70 collaborateurs en 2017. Active dans les secteurs pharmaceutique, OTC (médicaments vendus sans ordonnance) et de la grande consommation, Doetsch Grether déploie un portefeuille d’une trentaine de marques qui viennent s’additionner aux fameuses pastilles pour la gorge. Propriété de la famille Grether, l’entreprise est aujourd’hui chapeautée par un management et un conseil d’administration où la famille fondatrice n’est plus représentée.

Les Grether’s Pastilles sont aujourd’hui des produits culte. Avez-vous quelques informations sur l’histoire de ces médicaments pour la gorge?

La première mention des pastilles remonte à 1850. Elles s’appelaient Allenburys Pastilles. La manufacture Allen & Handbury les fabriquait à Londres. En 1910, la boîte trouve la forme iconique qu’elle a conservé jusqu’à aujourd’hui et devient populaire en Suisse. En 1930, la compagnie Doetsch Grether obtient les droits de distribution pour les Allenburys Pastilles. Puis en 1974, la firme suisse reprend complètement la marque, la rebaptise à son nom - Grether’s Pastilles - et change le logo. La production est dès lors complètement transférée en Suisse. Actuellement, c’est une manufacture située au bord du lac de Constance qui assure l’ensemble de la production. Nous venons de lancer une édition limitée de boîtes avec des décors de montagne dans un esprit vintage. Elles ont toutes été vendues en un temps record.

Quelle proportion de pastilles part à l’exportation?

Quelque 45% de la production est exportée. Il s’agit d’un produit saisonnier qui se consomme surtout en hiver, d’octobre à mars. Les bonbons sont vendus dans une dizaine de marchés essentiellement européens, ainsi qu’aux Etats-Unis et à Hongkong. En Suisse comme à l’étranger, on ne les trouve que dans les pharmacies et les drogueries. Nous sommes une PME familiale non cotée et nous ne communiquons pas davantage au sujet des chiffres.

Souffrez-vous du franc fort?

Non. Le renchérissement du franc suisse rend meilleur marché les importations de matières premières. Nous ne souffrons pratiquement pas des fluctuations de change. Le prix des Grether’s Pastilles reste le même, quel que soit le cours du franc.

Votre portefeuille de marques va du stick anti-acné Pixor aux déodorants MUM, en passant par des compléments alimentaires. Quel est le point commun des produits du groupe?

Il s’agit de marques suisses qui jouissent d’une position de leadership dans leur créneau. Nous sommes aussi toujours à l’affût d’une opportunité d’achat dans un segment premium. Doetsch Grether n’intervient pas au niveau de la fabrication mais concentre ses efforts sur la distribution, la vente et le marketing. Cette stratégie nous réussit plutôt bien: le groupe affiche une croissance à deux chiffres.

Vous avez récemment acquis les préservatifs suisses Ceylor. Pourquoi cet achat?

Parce que c’est un excellent produit fabriqué en Suisse. Son histoire remonte à 1916, lorsque l’Etat helvétique a passé une commande de préservatifs pour l’armée au fabricant suisse de produits en latex Lamprecht. Nous avons d’ores et déjà pu optimiser la distribution et les ventes enregistrent une nette hausse.

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

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Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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