Bilan

«Il ne faut jamais abandonner»

Bertrand Piccard et Georges Kern reviennent sur cette folle aventure en 1999 du premier tour du monde en ballon sans escale. Un exploit qui ne serait plus réalisable aujourd’hui, selon eux.

L’explorateur Bertrand Piccard et Georges Kern, CEO de l’horloger Breitling.

Crédits: Dr

Voilà vingt ans que Bertrand Piccard, à bord du ballon Breitling Orbiter 3, a réalisé le premier tour du monde sans escale, battant un record de durée de vol en 447 heures et 47 minutes. Pour célébrer cette prouesse, Breitling a lancé cette année le garde-temps Cockpit B50 Orbiter en édition limitée à 213 exemplaires, en honneur de la date d’atterrissage de l’engin en Egypte, le 21 mars, soit 20 jours après son décollage de Château-d’Œx (VD). L’explorateur Bertrand Piccard revient avec Georges Kern, PDG de Breitling, sur cette épopée hors norme.

Breitling et Bertrand Piccard, c’est une longue histoire d’amour…

Georges Kern: Soutenir le projet Breitling Orbiter a contribué de manière significative à la notoriété de la marque. Il y a vingt ans, c’était totalement novateur pour une entreprise horlogère de s’associer à une telle aventure qui a par ailleurs projeté Breitling dans une nouvelle sphère, au sens propre comme au sens figuré.

Bertrand Piccard: Breitling représente la fidélité, la confiance et la prise de risque. En 1992, Théodore Schneider, alors propriétaire de la manufacture, m’avait déjà soutenu pour une traversée de l’Atlantique. Cela m’avait permis de gagner la course. Je peux vous dire que ma vie n’aurait pas été la même sans le soutien de Breitling.

Quel est votre souvenir le plus fort durant votre tour du monde en ballon?

BP: A la fin du vol, sur le Mexique, nous n’avions plus de carburant pour traverser l’Atlantique. Nous avions 9 chances sur 10 d’amerrir. Mais nous avons décidé, avec Brian Jones, de quand même y aller. Nous ne pouvions pas abandonner si près du but. Par miracle, nous avons attrapé un jet stream (courant d’air rapide, ndlr) qui nous a permis de traverser l’Atlantique en un jour et demi à 230 km/h. C’est la preuve qu’il ne faut jamais abandonner. Et cela m’a poussé à imaginer un moyen de transport sans carburant…

Ce même périple serait-il réalisé différemment aujourd’hui?

BP: Avec les problèmes politiques, les mesures de sécurité, le développement de la bureaucratie, les complications liées aux autorisations, je ne pense pas qu’on y arriverait encore aujourd’hui.

Vous qui êtes l’apôtre du développement durable, la vague verte doit vous réjouir?

BP: Oui, en sachant que je ne suis pas vert, je suis efficient, ce n’est pas la même chose. Je pense que nous avons besoin d’une croissance économique, sinon nous allons au chaos social.

Je ne suis pas pour la décroissance des écologistes, je suis pour une croissance qualitative où l’on crée des emplois en remplaçant ce qui pollue par ce qui protège l’environnement.

Economiser l’énergie est le marché du siècle.

Breitling se lance-t-elle aussi dans l’économie circulaire?

GK: Breitling soutient la fondation Solar Impulse qui entend identifier 1000 solutions technologiques qui sont financièrement rentables pour protéger l’environnement.

Par ailleurs, à travers notre collaboration avec Outerknown et Kelly Slater son cofondateur, nous avons lancé des bracelets confectionnés en fil Econyl®, une matière fabriquée à partir de déchets de nylon récupérés, provenant la plupart de filets de pêche jetés dans les océans (650 000 tonnes par année). C’est un petit geste, mais le message est fort.

Allez-vous remettre en question votre partenariat avec l’aviation?

GK: Nous soutenons depuis longtemps la patrouille de Suisse. Même s’il existe un scepticisme actuel envers l’aviation, les pilotes de l’armée doivent continuer à s’entraîner. Mais bien évidemment, dans un monde en transition, nous devons réfléchir intelligemment à nos futurs partenariats.

Comment se porte la marque?

GK: Très bien. On croît fortement, notamment en Asie, et je suis très optimiste quant à son avenir.

Chantal De Senger
Chantal de Senger

JOURNALISTE

Lui écrire

Licenciée des Hautes Etudes Internationales de Genève (IHEID) en 2001, Chantal de Senger obtient par la suite un Master en médias et communication à l'Université de Genève. Après avoir hésité à travailler dans une organisation internationale, elle décide de débuter sa carrière au sein de la radio genevoise Radio Lac. Depuis 2010, Chantal est journaliste pour le magazine Bilan. Elle contribue aux grands dossiers de couverture, réalise avec passion des portraits d'entrepreneurs, met en avant les PME et les startups de la région romande. En grande amatrice de vin et de gastronomie, elle a lancé le supplément Au fil du goût, encarté deux fois par année dans le magazine Bilan. Chantal est depuis 2019 rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan et responsable du hors série national Luxe by Bilan et Luxe by Finanz und Wirtschaft.

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