Bilan

L'hôpital de la Tour prône des opérations plus transparentes

Directeur du plus grand hôpital privé de Suisse romande, Rodolphe Eurin est un adepte de la publication des mesures de performance en matière d’interventions médicales. Rencontre avec un passionné.

Rodolphe Eurin dirige l’Hôpital de La Tour depuis plus de deux ans.

Crédits: DR

Venu de chez Medtronic et de Swiss Medical Network voilà deux ans et demi pour diriger l’Hôpital de La Tour à Meyrin (GE), Rodolphe Eurin veut se différencier sur le volet des indicateurs mesurant «la qualité de vie du patient retrouvée après un traitement». 

Il cite toujours en référence la Martini-Klinik à Hambourg, premier centre au monde pour le cancer de la prostate: «30% de leurs patients font plus de 300 km pour venir se faire soigner. Ils ont une culture de la mesure des résultats, de la transparence, de l’analyse de l’erreur et de l’amélioration continue. Il existe deux indicateurs de qualité de vie facilement mesurables en ce qui concerne le traitement de ce cancer: les problèmes d’incontinence et les problèmes érectiles. Or, les indicateurs chiffrés montrent que quand on va se faire opérer chez Martini-Klinik, on a entre 3 à 6 fois moins de risques par rapport à la moyenne allemande d’avoir ce genre de problèmes», explique le directeur général du plus grand hôpital privé de Suisse romande.

Mesures en Suisse

A l’échelle internationale, la transparence se développe sur les résultats qui importent aux patients. Le consortium international ICHOM a été créé pour standardiser les paramètres de mesures et faciliter la comparaison. En Suisse, le phénomène est plus lent à s’implanter. Méconnue du grand public, l’Association nationale pour le développement de la qualité dans les hôpitaux et les cliniques (ANQ) publie les résultats des mesures dans trois secteurs: soins aigus, psychiatrie, et réadaptation

Prenons l’exemple du taux de révision (soit lorsqu’il faut repasser sur la table d’opération). Des données sont publiques depuis début février de cette année en ce qui concerne les implantations de prothèses de hanche et de prothèses de genou, par clinique. La moyenne suisse est de 2,5% de révision sur la période 2014-2018. Cela correspond au taux du Groupement hospitalier de l’Ouest lémanique (avec 593 interventions), mais la Clinique La Colline fait mieux à 1,8% (678 interventions), la Clinique de Valère en Valais aussi à 2% (908), et l’Hôpital de La Tour est encore meilleur: 0,7% (313).

Evalués par le patient

«Ici, nous sommes en train de mettre en place une réelle culture de l’amélioration continue centrée sur la mesure de la qualité de vie du patient, affirme Rodolphe Eurin. Par exemple, nous demandons au patient d’évaluer le succès de sa prise en charge orthopédique sur la récupération de sa mobilité. Et je souhaite que chacun soit mesuré sur sa force de proposition en matière d’améliorations.» Il faut savoir que l’orthopédie et la médecine du sport représentent environ 35% de l’activité de l’Hôpital de La Tour.

Afin d’obtenir les meilleurs résultats possible pour le patient dans une médecine toujours plus spécialisée, le travail en équipe autour du patient est indispensable aux yeux du directeur général. «Pour les pathologies liées au mouvement, nous avons pu regrouper dans un seul bâtiment la médecine du sport, la physiothérapie, la rhumatologie, la radiologie spécialisée en ostéoarticulaire, la chirurgie orthopédique spécialisée dans l’articulation et l’unité d’hospitalisation dédiée.»

En France, pour l’oncologie, le législateur a rendu obligatoire l’approche pluridisciplinaire. A l’Hôpital de La Tour, ce fonctionnement s’étend au-delà des cancers. Des séances multidisciplinaires de discussion stratégique par pathologie ont lieu à échéance très régulière, par exemple pour la hanche, le genou ou l’obésité. Leur objectif est d’optimiser le résultat médical pour le patient. Et ce beau combat ne fait que commencer.

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

Lui écrire

Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin 2019.

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