Bilan

Le patron de Swatch s'attend à un redressement rapide de l'industrie horlogère

Le directeur général (CEO) du groupe Swatch, Nick Hayek, s'attend à un exercice 2020 difficile. "Ce sera une année qui laissera clairement des traces profondes sur le résultat", a-t-il déclaré dans une interview accordée à Bilanz (à paraître vendredi).

Le dirigeant considère son groupe comme "totalement sous-évalué" sur le marché boursier.

Crédits: Keystone

Le patron de l'horloger biennois anticipe cependant un rapide rétablissement de la branche et se dit convaincu que "la demande au second semestre dépassera celle de l'année dernière".

Une amorce de reprise est déjà perceptible en Corée, à Taïwan et en Chine - les premiers pays à être sortis de l'urgence sanitaire. "Les gens veulent toujours consommer", a poursuivi M. Hayek, rappelant que le groupe réalise plus d'un tiers de ses ventes dans l'Empire du Milieu (y compris Taïwan, Hong Kong et Macao).

Croissance sur la toile


La croissance devrait également provenir du développement du commerce en ligne. Jusqu'à présent, les ventes sur Internet ne représentent que 5% de celles du groupe. Omega a ouvert une nouvelle plateforme d'e-commerce pour l'Europe, et d'autres pays devraient suivre bientôt. Aux États-Unis, c'est la marque Swatch qui passe à l'offensive. Selon M. Hayek, l'objectif actuel de réaliser 20% des ventes par ce canal n'est "pas suffisamment ambitieux".

Le dirigeant considère son groupe comme "totalement sous-évalué" sur le marché boursier. Comme la valeur des titres est actuellement inférieure à leur valeur de bilan, la communauté des héritiers a étoffé ses positions. Pas question toutefois de ses retirer de la cotation sur SIX, "cela ne pourrait se faire que par le biais de dettes, et nous ne voulons pas de cela".

Pas prêt de lâcher les commandes


Même âgé de 65 ans, M. Hayek entend rester à la tête du groupe Swatch. "Du moins tant que cela me convient et que les autres souhaitent ma présence", a-t-il lancé. Interrogé sur l'éventualité de confier la succession à son neveu Marc, il a répondu que celui-ci faisait un "excellent travail" et avait "sans aucun doute" le potentiel pour diriger avec succès le groupe.

Actuellement à la tête de la marque Blancpain, l'intéressé devra décider pour lui-même de son avenir professionnel. "Il ne doit pas se sentir obligé", a affirmé son oncle, rappelant que sa soeur et lui-même n'avaient pas été contraints à devenir respectivement présidente du conseil d'administration et CEO.

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