Bilan

Les filières pour trois métiers recherchés

Data scientist, business analyst ou encore spécialiste en ressources humaines: ces nouvelles professions sont très demandées sur le marché. Zoom sur les cursus.

Crédits: Laurence Dutton/Getty images/ Markus Spiske/Unsplash, Dr

Des métiers nouveaux, sexy, qui ne correspondent pas encore à des filières dédiées ont fait leur apparition ces dernières années. C’est le cas des professions de data scientist, business analyst et spécialistes des ressources humaines. Très recherchés sur le marché du travail, exigeant sens des responsabilités et initiative personnelle, ces profils offrent en outre rapidement de bonnes perspectives de salaire.

Data scientist

Cofondateur de Swiss Statistical Design and Innovation à Vaulruz (FR), Xavier Bays figure parmi les pionniers suisses de l’analyse de données. «Le data scientist est celui qui fait parler les données grâce à des modèles d’intelligence artificielle, puis élabore les meilleures stratégies à partir de ces analyses.» L’entrepreneur de 29 ans détaille: «Notre travail permet par exemple de prévoir la consommation d’énergie, d’anticiper les pannes dans une ligne de production ou encore d’optimiser le contrôle qualité. Pour nos clients, nos interventions se traduisent par des gains en productivité immédiats.» Ce diplômé EPFL a créé son entreprise avec deux compagnons d’études en 2018 et depuis, les affaires sont en progression constante.

Xavier Bays figure parmi les pionniers suisses de l’analyse de données. (Crédits: Laurence Dutton/Getty images/Markus Spiske/Unsplash, Dr)

Le CV du Fribourgeois comporte un master en mathématiques de l’EPFL. «Aujourd’hui, l’EPFL propose un cursus en analyse de données. Mais cette possibilité n’existait pas encore lorsque nous avons terminé nos études.» Le diplômé s’est donc formé en autodidacte à l’analyse de données, mettant à profit l’émulation et le partage des expériences au sein du trio de cofondateurs. Lancé en 2017, le master en Data Sciences s’adresse aux titulaires d’un bachelor en mathématiques, physique, génie électrique. D’autres possibilités existent à Genève, où le département d’informatique de l’Université intègre dans ses programmes de bachelor et master en sciences informatiques des cours se rapportant à ce domaine. Dans la région des Trois-Lacs, le Master of Science in Computer Science proposé conjointement par les Universités de Berne, Neuchâtel et Fribourg comporte une spécialisation en data science. Et en 2019, la FHNW (Haute Ecole spécialisée du nord-ouest de la Suisse), basée à Bâle, a mis sur pied un bachelor en data science qui permet aux participants de s’organiser de façon flexible. Selon le Livre des salaires suisses de l’Office de l’économie et du travail du canton de Zurich, un data scientist junior débute avec un salaire supérieur à 8000 francs mensuels et un senior gagne dans les 9500 francs.

Business analyst

Maxence Lovato. Dans sa volée, tous ont immédiatement trouvé un job. (Crédits: Laurence Dutton/Getty images/Markus Spiske/Unsplash, Dr)

La même source indique qu’un business analyst commence sa carrière avec un revenu mensuel de 5000 francs et voit sa rémunération monter jusqu’à 9000 francs après quelques années d’expérience. Ce métier consiste à faire le lien entre des équipes techniques, notamment dans les solutions informatiques (IT) et les besoins des vendeurs du produit et du management. «Il s’agit d’un professionnel qui comprend et parle les langages du business et de la technologie. Il joue un rôle de facilitateur dans la résolution de problèmes», explique Maxence Lovato (28 ans), business analyst à la Vaudoise Assurances. Le Fribourgeois d’origine a obtenu un master en systèmes d’information à HEC Lausanne en 2020. Sa volée d’une cinquantaine de diplômés a eu la chance d’arriver sur le marché juste avant la crise du Covid. Tous ont immédiatement trouvé un job. «En dernière année, le cursus prévoit un stage que j’ai effectué chez Swissnex India à Bangalore, l’aile scientifique du consulat suisse. Un stage que l’on fait dans une entreprise et qui débouche souvent sur un contrat fixe, une fois le diplôme obtenu.» Ce métier fait son apparition dans la plupart des entreprises car il doit accélérer les processus. Certains secteurs sont particulièrement demandeurs, comme la cyber-sécurité, en raison de contraintes techniques très pointues.

Côté filières, la HEG Genève (Haute Ecole de gestion) propose un CAS (Certificate of Advanced Studies) «Business analyse et design» à effectuer en emploi, pour un coût d’environ 9000 francs. Le programme est accessible aux titulaires d’un diplôme d’une haute école spécialisée (HES) au bénéfice d’une expérience professionnelle d’au moins trois ans. Les formations menant directement à un titre de «business analyst» sont encore rares. Mais les tâches s’inscrivent dans le champ répondant à l’appellation de «gestion de projet», largement enseigné dans des programmes de formation continue. La HEG Fribourg, la HEIG du canton de Vaud, la HES-SO Valais-Wallis proposent différentes possibilités de CAS. Sachez encore que l’Université de Genève offre une spécialisation management et technologie des systèmes d’information accessible aux diplômés des HES de Suisse romande.

Spécialiste RH

Encore un profil très en vue, celui de spécialiste en ressources humaines (RH). Sur le réseau professionnel internet LinkedIn, plus de 350 offres d’emploi répondant à ce terme étaient en ligne ce début d’année 2021. Niveau salaire, un junior décroche un peu plus de 5000 francs mensuels pour voir son revenu grimper à quelque 7000 francs, selon le site emploi-rh.ch. Cette profession permet aussi de créer une agence. C’est le cas de Steeves Emmenegger (58 ans) qui a ouvert un bureau à son nom il y a seize ans. «Nos mandats se divisent en deux catégories: le recrutement de cadres et de dirigeants, ainsi que le consulting.» Le Genevois a acquis son expérience en dirigeant les RH de grandes entreprises actives dans la construction, la banque ou l’industrie.

Steeves Emmenegger. Plus de 350 offres d’emploi de spécialiste RH étaient en ligne sur LinkedIn en ce début d’année 2021. (Crédits: Laurence Dutton/Getty images/Markus Spiske/Unsplash, Dr)

Il pointe un tournant dans la gestion du personnel. «Le cahier des charges consistait encore récemment en des tâches administratives et juridiques.» L’expert cite alors les marques Apple et Samsung. «Le client ressent tout de suite chez Apple que les collaborateurs sont totalement investis dans la compagnie, alors qu’il ne constate rien de tel en acquérant un Samsung. Cet exemple démontre comment la culture d’entreprise peut devenir un facteur de compétitivité. En agissant de manière proactive, les ressources humaines jouent un rôle central dans la création de cette culture et donc d’une valeur ajoutée.»

Faute de filière dédiée, il faut suivre des études de droit, de psychologie ou encore de sciences de l’éducation avant de se spécialiser en effectuant des post-grades. Les Universités de Genève, Lausanne, Fribourg et Neuchâtel proposent en collaboration un CAS et un MAS (Master in Advanced Studies) en ressources humaines. Il est aussi possible de suivre la voie professionnelle et de se former en cours d’emploi dans la perspective d’obtenir un brevet fédéral de spécialiste RH. Steeves Emmenegger ajoute: «Un excellent moyen de commencer sa carrière est de travailler pour une agence intérim. Cet emploi permet de se créer ainsi un bon réseau auprès des compagnies clientes, puis de rejoindre l’une d’elles, en fonction des affinités.»

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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