Bilan

MSC se voit en vert et contre tout

Devenir la première compagnie de croisières au monde entièrement neutre en carbone: tel est l’objectif de MSC Croisières. La société a dévoilé son nouveau navire de croisière ce vendredi 8 novembre à Hambourg. Plein de promesses.

Barcelone est l'une des villes les plus touchées par la pollution des bateaux de croisière. Une pollution qui va diminuer?

Crédits: DR

A voir ces navires semblables à des immeubles naviguer sur les mers et les océans, difficile d’imaginer le coût énergétique. Un coût que MSC Croisières aimerait diminuer très. La société a annoncé ce vendredi 8 novembre à Hambourg sa volonté de devenir neutre en carbone. Elle l’a affirmé : à partir du 1er janvier 2020, toutes les émissions de CO2 de la flotte de MSC Croisières seront compensées – notamment grâce aux Blue carbon credits. L'idée est simple: il s'agit de compenser les émissions polluantes à travers la préservation ou restauration de certains écosystèmes maritimes.

Pierfrancesco Vago, le président exécutif de MSC Croisières le précise: il s’agit d’un axe spécifique du développement de la compagnie. «Nous mobiliserons notre personnes et nos ressources pour également soutenir le développement de projets spécifiques et les processus de certification permettant de générer cette forme innovante de compensations qui profitent directement aux océans et aux communautés côtières.»

Cette annonce intervient alors que les problèmes liés à l’environnement deviennent plus urgents chaque jour. Et les compagnies de croisières ont tout intérêt à rapidement agir, puisqu’elles figurent parmi les plus gros pollueurs au monde. Le média britannique The Guardian avait enquêté sur les problèmes de pollution de ces immenses navires. Il a fait l’objet d’une plainte par la compagnie Royal Caribbean International, citée en exemple.

Pour donner une meilleure idée de l’impact à l’échelle d’une ville, Transport et Environnement – l’organisation européenne qui regroupe une cinquantaine d’ONG actives dans le domaine, a réalisé l’infographie suivante :

Ces villes ont beau parfois compter un trafic routier important, il n'en est rien par rapport aux émissions des différents bateaux de croisière. A noter que pour ses données, l'étude s'est basée sur 203 navires de croisière. La méthodologie (en anglais) est expliquée en détail.

Bouffée d’air nécessaire

La pollution de l’air est une des conséquences néfastes de ces bateaux de croisière. Pour y remédier, le MSC Grandiosa – nouveau-né de la flotte et officiellement inauguré ce vendredi  8 novembre – a été conçu pour consommer et produire moins. Les constructeurs promettent un système qui permet de réduire de 80% les émissions d’oxyde d’azote. La formule magique? Une technologie de contrôle actif des émissions. L’oxyde d’azote émis passe dans un catalyseur, qui le transforme en molécules d’azote et d’eau.

Autre exemple de construction moderne: la coque assure l’utilisation de 28% de carburant en moins par rapport aux navires de la classe «Fantasia», sortis entre 2008 et 2013. Si MSC Croisières annonce sa volonté de soutenir des objectifs de développement durable des Nations Unies, bon nombre de compagnies de croisière sont à la même enseigne. Transport et Environnement a réalisé un tableau des grands pollueurs dans son étude «One Corporation to Pollute Them All».

Le top dix établi par l'étude de Transport & Environnement.

Pierfrancesco Vago, président exécutif de MCS Croisière, reconnaît que le chemin est long. «Nous reconnaissons que la technologie environnementale maritime, même la plus avancée présentement, ne suffit pas à elle seule d’immédiatement atteindre la neutralité carbone, notre engagement supplémentaire ce jour garantit que notre flotte ne contribue pas négativement au changement climatique à compter du 1er janvier 2020.»

En outre, les objectifs 2030 de la compagnie sont de réduire de 40% l’intensité en carbone de l’ensemble de la flotte. Pierfrancesco Vago indique qu’en 2024, cette réduction devrait s’élever à 29% - grâce aux nouveau navires plus modernes. Le système hybride de nettoyage des gaz d’échappement - Exhaust gas cleaning systems (EGCS) – permet lui de diminuer le soufre présent à plusieurs endroits. C’est-à-dire dans les émissions du navire, des dispositifs avancés de gestion et de traitement des eaux usées et de traitement des eaux de ballast. Le MSC Grandiosa en est équipe tout comme 10 autres navires de la flotte.

Actuellement, MSC compte 17 navires., et les six restants vont compter cette technologie d’ici fin 2023. Mais MSC voit toujours plus grand, et vise à mettre en circulation de nouveaux bateaux. Son plan d’investissement vise à en avoir 25 d’ici 2027. Ce qui représente 11,6 milliards d’euros à injecter.

Plus que les particules: l’impact humain

En plus de la pollution de l’air et des eaux, les bateaux de croisière font polémique avec l’afflux de touristes qu’ils amènent en peu de temps dans une ville. Les promesses de mise au vert donnent espoir quant à la prise de conscience collective des uns et des autres en termes de sauvegarde de l’environnement. Les objectifs affichés par MSC sont ambitieux, et le projet de compensation Blue Carbon concorde avec les demandes des différentes ONG. Cela permettrait de préserver ou de restaurer des sites maritimes pour compenser le grand nombre de particules néfastes déversées dans la nature – mais nécessaires au bon fonctionnement de ces navires. Là encore, il y a une marge de progression conséquente.

Un expert de chez Transport & Environnement réclamait une alimentation à quai pour les navires de croisière, ce qui permet de se brancher sur le réseau local et de diminuer les émissions à quai. Une solution que le nouveau navire de MSC Croisières adopte. Simplement, ces compagnies de croisière partent de loin en termes de pollution.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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