Bilan

Norqain, la jeunesse en mouvements

La marque horlogère biennoise a été lancée en 2018 par des fondateurs qui voulaient créer des montres à leur image. Ils ont convaincu le hockeyeur Roman Josi de les rejoindre.

  • Ben Küffer, CEO, se réjouit de créer sa propre histoire: «La tradition, c’est quoi finalement?».

    Crédits: Keita Takahashi
  • La marque vise à attirer un public féru de nature avec des montres personnalisables.

    Crédits: Norqain

C’est un peu un ovni dans le paysage horloger suisse. Lancée en 2018, Norqain est née de la volonté de ses fondateurs de partir de zéro. Après plus de dix années passées chez Breitling, Ben Küffer se réjouit aujourd’hui de pouvoir avancer à son rythme: «Nous pouvons prendre des décisions ultrarapides. Nous avons une idée, et le soir on décide.» Un avantage par rapport à d’autres marques, qui doivent attendre
les directives du groupe. Spontanéité et opportunisme semblent animer l’équipe de Norqain, qui a pris ses quartiers dans les locaux d’une ancienne banque à Nidau (BE).

Le directeur de la communication, Brian Keene, était auparavant au sein de la marque de chaussures On. Dans le conseil, on retrouve des noms bien connus de l’industrie des montres: Ted Schneider, fils de l’ancien propriétaire de Breitling, Marc Küffer, père de Ben et ancien patron de Roventa-Henex, mais aussi Roman Josi, hockeyeur suisse qui évolue en NHL. Le sportif ne fait pas que siéger au conseil, il participe au développement de la marque. Ce qui réjouit le patron. «Ce sport va très bien avec la marque, les joueurs
de hockey sont humbles», lance-t-il.

De 3 à 16 personnes

Le Biennois est fier du développement de Norqain. L’équipe comptait trois personnes au départ, elles sont désormais onze à Nidau et cinq à Tavannes (BE). «Nous avons une vision à long terme», confie le CEO Ben Küffer. Norqain a annoncé début février un partenariat avec le sous-traitant Kenissi. Deux mouvements vont s’ajouter au catalogue. En plus de prix accessibles (dès 1700 francs), l’équipe a pensé à un moyen de personnaliser la montre: une plaquette est présente sur le côté de la montre, sur laquelle les acheteurs peuvent graver des mots. «Le marché des cadeaux est très important, raconte Brian Keene. Les ventes ont plus que doublé durant la période de Noël.»

«L’horlogerie repose sur quatre piliers: la tradition, le savoir-faire, l’expérience et la passion», relève Ben Küffer. Chez Norqain, trois de ces éléments sont bien présents. Mais «la tradition, c’est quoi finalement?», s’interroge le CEO, qui se dit satisfait de créer sa propre histoire. En tant que marque indépendante, Norqain vise à attirer un public féru de nature. L’une de ses montres est ainsi équipée d’un bracelet détectable en cas d’avalanche.

Et le plan fonctionne plutôt bien. Sans vouloir dévoiler ses chiffres, Ben Küffer parle d’un développement rapide. «Au début, on m’a dit qu’il n’y avait pas besoin d’une nouvelle marque sur le marché», se rappelle-t-il. Aujourd’hui, environ 70 points de vente dans le monde présentent ses montres. Les nouvelles marques qui utilisent les canaux de distribution traditionnels sont rares. Des sociétés horlogères récentes – comme Code41 ou Ba111OD – ont tendance à privilégier les réseaux et internet.

L’installation à Bienne était un choix du cœur. «Je suis Biennois; l’industrie est ici», affirme Ben Küffer. Il ajoute que «les gens viennent de toute façon à Bienne», étant donné que d’autres grands horlogers sont présents. Patron et père, Ben Küffer est comme un poisson dans l’eau dans la capitale seelandaise. Un prérequis, pour une marque décontractée.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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