Bilan

Sensile Technologies veut automatiser les chaudières

L’entreprise active depuis Morges exporte depuis vingt ans ses systèmes de télémétrie à tous les groupes pétroliers. Désormais, elle espère intéresser les propriétaires immobiliers.

Les systèmes de télémétrie visent désormais les chaudières à mazout privées

Crédits: Sensile Technologies

Depuis vingt ans, Sensile Technologies vend des systèmes de télémétrie à tous les groupes pétroliers à travers le monde. Désormais, cette société dont la technologie est issue de l’EPFL vise un nouveau marché: les chaudières à mazout privées. «Près de 800'000 citernes en Suisse pourraient être équipées par nos capteurs. En Europe, on en compte 24 millions», note Cédric Morel, directeur de cette PME de 15 personnes basée à Morges.

Actuellement, la plupart des propriétaires de maisons individuelles équipées de chaudières au mazout font des relevés épisodiques pour gérer leur stock de fioul et commander au meilleur moment. Pour vérifier le niveau de leur cuve, les mesures se font à l’œil nu ou grâce à une jauge. «Notre système permet de tout automatiser grâce à un capteur de pression qui mesure le volume de la citerne en temps rée», explique Cédric Morel.

20 ans d'expérience

Cet appareil de télémétrie contient un modem GSM, des batteries – d’une durée de 10 ans - et une carte SIM. L’équipement sans fil permet d’envoyer des informations à un serveur central. «Les propriétaires n’auront plus à se soucier de leur citerne de mazout. Les commandes seront automatisées, relève Cédric Morel. Nous réduisons le risque qu’une personne doive se doucher à l’eau froide pendant tout un week-end.»

La PME possède 20 ans d’expérience dans le domaine. Elle vend chaque année 18000 unités de télémétrie à des groupes comme Vitogaz, Eni, Total ou Soccar. Ces derniers les proposent à leurs clients pour des besoins variés. Cela va d’un éleveur de poulet qui chauffe sa halle avec du GPL, à des restaurants d’altitude qui possèdent des citernes de GPL en passant par les cuves de stations-service. «Notre système permet chaque année de faire des économies de près de 30% sur le nombre de livraisons», affirme Cédric Morel. La flotte de camions livreurs peut ainsi être réduite ce qui réduit la facture et les émissions de CO2.

En vingt ans, le coût du système a baissé grâce notamment à une diminution du prix des composants électroniques. Swisscom a introduit un nouveau réseau, le Low Power Network (LPN) qui demande moins d’énergie pour fonctionner. Les batteries ont été redimensionnées, abaissant encore le prix des systèmes.

80% du chiffre d'affaires à l'international

Il équivaut aujourd’hui à 400 francs environ, installation inclue. Sensile Technologies ne prévoit pas de faire de la vente directe auprès des particuliers. «Nous continuerons de travailler avec les pétroliers», poursuit Cédric Morel qui espère multiplier par cinq son chiffre d’affaires de 5,5 millions de francs. «Nous espérons vendre 100'000 équipements par année», prévoit le directeur de l’entreprise qui réalise actuellement 80% de son chiffre d’affaires à l’international.

Tout le développement est effectué à Morges. La fabrication est en revanche sous-traitée dans le Tessin, en Suisse alémanique, au Mexique et en Belgique. Fondée par Peter Ryser, professeur en microtechnique à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), le financier Benno Zehnder et l’ex-directeur de Huba Control, Sigfried Straessler, la société Sensile Technologies doit toutefois affronter une certaine léthargie du marché. «La principale difficulté est liée à des cycles de décisions très long chez les pétroliers. Mais aujourd’hui ils ne peuvent plus faire faire l’impasse de l’Internet des objets et de la digitalisation.» Sensile Technologies doit aussi faire face à une concurrence relativement importante dans le secteur de la télémétrie, avec notamment des sociétés comme Anova aux Etats-Unis.

Bloch Ghislaine NB
Ghislaine Bloch

Journaliste

Lui écrire

Ghislaine Bloch a découvert le monde de la vidéo et du reportage dès son adolescence. Après l'obtention d'un master à la Faculté des Hautes Etudes Commerciales de l'Université de Lausanne, elle démarre sa carrière à L'Agefi où elle effectue son stage de journaliste. Puis elle rejoint le quotidien Le Temps en 2004 où elle se spécialise dans les sujets liés aux start-up, à l'innovation, aux PME et à la technologie. Des thématiques qu'elle continue de traiter chez Bilan depuis 2019.

Du même auteur:

ADC Therapeutics va entrer en Bourse
Andrea Pfeifer: AC Immune «mise surtout sur la prévention face à Alzheimer»

Bilan vous recommande sur le même sujet

Les derniers Articles Entreprises

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."