Bilan

Uber va lancer en Suisse une version relookée de son application

Le géant du VTC Uber s'apprête à lancer en Suisse une version retravaillée de son application dans le cadre d'un projet pilote. Les changements "en profondeur" de la plateforme sont avant tout destinés aux quelque 3200 chauffeurs que compte le groupe dans le pays.

Actuellement, Uber propose ses services dans 13 villes helvétiques et y revendique plus de 430'000 utilisateurs.

Crédits: AFP

A partir du 20 juillet, l'interface utilisée par les chauffeurs Uber proposera à ces derniers de nouvelles fonctionnalités offrant "plus de transparence et d'information" avant d'accepter les réservations, comme le prix minimum de la course, les frais de service Uber et une estimation de la distance et du temps d'approche, énumère Uber jeudi.

"Les chauffeurs VTC (véhicules de tourisme avec chauffeur) utilisent notre application pour la flexibilité et la capacité à être leur propre patron", assure Steve Salom, responsable des marchés suisse, français et autrichien, cité dans un communiqué. "C'est cette capacité à décider, contrôler et réaliser son activité en toute indépendance que nous allons encore renforcer."

Les chauffeurs opérant pour Uber pourront notamment fixer leurs prix en appliquant au tarif standard de la course proposé par l'entreprise un coefficient multiplicateur de 0,5 à 3,0 "à tout moment de la journée, et autant de fois qu'ils le souhaitent".

De leur côté, les utilisateurs auront la possibilité d'établir une liste de "chauffeurs favoris", qui permettra à ces derniers de se voir proposer la course en priorité, pour autant que celle-ci ait été planifiée au moins 30 minutes à l'avance. "Nous avons développé ces changements pour la Suisse, afin de montrer notre engagement envers le pays", a ajouté M. Salom.

Manque de chauffeurs


En téléconférence, M. Salom a reconnu que pour le moment, l'entreprise manque de chauffeurs utilisant l'application sur le marché suisse. "Nous devons atteindre une masse critique dans un périmètre donné pour que le produit soit fiable et intéressant", a-t-il expliqué.

A cet égard, la Suisse est un des marchés les plus difficiles pour le mastodonte de San Francisco. Contrairement à ce qui est pratiqué dans d'autres pays, les chauffeurs affiliés à Uber Suisse doivent être titulaires d'un permis pour le transport professionnel de personnes.

Or ce dernier suppose un investissement conséquent de temps et d'argent - 1000 francs au bas mot, selon Uber - sans compter un cadre réglementaire encore plus strict dans certains cantons. Cela explique aussi le taux particulièrement bas de femmes parmi les chauffeurs. "Nous n'avons pas fait suffisamment pour promouvoir la présence féminine", a concédé M. Salom.

Pas épargné, mais optimiste


"Le semi-confinement occasionné par la crise de Covid-19 a affecté nos activités de manière significative en mars et en avril", a poursuivi le dirigeant, sans toutefois divulguer de chiffre précis, invoquant les obligations inhérentes à la cotation de la société-mère à Wall Street.

Il a cependant souligné que dès la levée progressive des mesures à partir de mi-mai, la Suisse a été un des pays où le redressement a été particulièrement réjouissant. Au plus fort de la crise, l'entreprise a aidé les chauffeurs en leur fournissant des équipements de sécurité: masques de protection, lingettes désinfectantes, barrières en plexiglas.

Côté syndical, l'annonce du jour n'a pas suscité un grand enthousiasme. Dans un communiqué titré "Rien de neuf chez Uber", Unia estime que le géant californien n'a procédé qu'à des changements cosmétiques et appelle les autorités à "mettre un terme au jeu du chat et de la souris".

Selon le syndicat, les chauffeurs opérant pour Uber sont des employés à part entière, et ont droit à ce titre "au salaire, au remboursement des frais, aux vacances et aux cotisations aux assurances sociales". Unia chiffre leur manque à gagner à "plus de 500 millions de francs" et celui des assurances sociales à "plus de 100 millions".

Actuellement, Uber propose ses services dans 13 villes helvétiques et y revendique plus de 430'000 utilisateurs. L'entreprise compte bien poursuivre son expansion dans en Suisse romande et outre-Sarine, mais n'a pas encore de projet concret pour développer ses activités au Tessin.

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