Bilan

2013, mauvaise année pour les banques privées suisses

Plus d'un établissement spécialisé dans la gestion de fortune sur trois a essuyé des pertes l'année dernière. Ils ont notamment souffert du programme fiscal imposé par les Etats-Unis.

Les rapports de gestion de 2006 à 2013 montrent que la majorité des banques privées suisses affichent une baisse des rendements des fonds propres sur le long terme.

Crédits: Keystone

L'année 2013 a été une mauvaise année pour les banques privées helvétiques, dont plus d'un tiers ont déclaré des pertes, selon une étude publiée mercredi à Zurich par le cabinet d'audit KPMG.

Outre la mauvaise conjoncture économique, les banques privées suisses, spécialisées dans la gestion de fortune, ont souffert du programme fiscal imposé par Washington pour régulariser la situation des avoirs non déclarés déposés chez elles par des Américains fraudeurs du fisc.

Pour régler ce problème, 21 banques suisses parmi les 94 analysées par l'étude ont fait des provisions pour payer les éventuelles amendes et les frais d'avocat. Le total des provisions sur ce dossier s'élève à 900 millions de francs suisses (750 M euros).

Sur le plan de la rentabilité, la situation des banques privées suisses s'est détériorée en 2013, avec plus d'un tiers en perte, contre 20% seulement en 2012.

En outre, 59 des 94 banques analysées ont vu leur croissance ralentir en 2013 ou ont stabilisé leurs résultats.

Par ailleurs, de nombreux clients ont retiré leurs fonds des banques privées suisses l'an dernier.

54% des petites banques et 50% des banques moyennes "ont souffert en 2013 de sorties nettes des actifs sous gestion".

L'afflux net de nouveaux capitaux est à mettre sur le compte des grandes banques, et s'est élevé l'an dernier à 18,6 milliards CHF.

Les rapports de gestion de 2006 à 2013 montrent que la majorité des banques privées suisses affichent une baisse des rendements des fonds propres sur le long terme. Plus du tiers (36%) fait état d'un recul continu sur la période, avec des rendements moyens de 4,5%.

Toutefois, 16% des banques passées sous revue enregistrent depuis la crise financière un rendement de fonds propres moyen de 14,9%.

Le secteur des banques privées suisses traverse par ailleurs une phase de consolidation.

De janvier à juillet 2014, il y a eu 9 opérations de fusion et acquisition dans ce secteur, représentant 125 milliards CHF d'actifs sous gestion cédés.

A titre de comparaison, en 2013, il y a eu 12 opérations de fusion-acquisition représentant cinq fois moins d'avoirs.

KPMG anticipe une nouvelle accélération, car les actionnaires des banques privées doutent de plus en plus de leurs investissements dans des instituts non rentables.

Les grandes banques, soit celles qui gèrent plus de 25 milliards CHF, sont les gagnantes de ce mouvement de consolidation. En 2013, leur part de marché a augmenté d'un tiers par rapport à 2006, pour s'établir à 78%.

Les petites banques, qui gèrent moins de 5 milliards CHF, ont une part de marché inférieure à 8%.

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