Bilan

«Avec les taux o%, on n’a plus aucun repère»

Le point d’ancrage des marchés, c’était les taux d’intérêt. Avec la politique de taux zéro, le marché a perdu ses repères», explique David Bloom, responsable global de la stratégie des changes chez HSBC. En effet, lorsque les taux d’intérêt américains étaient positifs, «les attentes de hausse ou de baisse donnaient une direction aux intervenants du marché», dit le stratège. Et de nombreuses stratégies d’investissement en découlaient. Mais avec l’assouplissement quantitatif, les effets sur les obligations et les devises sont beaucoup plus subjectifs.

En outre, les corrélations entre différentes classes d’actifs ont généralement augmenté, ajoute David Bloom, et cette situation a persisté tout au long de 2010. Avant la crise, en 2006, on trouvait encore des classes d’actifs décorrélées les unes des autres. Les investisseurs pouvaient arbitrer subtilement à l’intérieur d’une même classe d’actifs, par exemple entre les obligations américaines et allemandes. Mais depuis la faillite de Lehman, on constate que les matières premières se comportent comme les obligations, qui se comportent comme les actions. Le risque est devenu binaire: soit les perspectives sont bonnes, et on augmente le risque, et les actions, le crédit et les monnaies à haut rendement performent le mieux. Soit les perspectives sont mauvaises, et les obligations et les monnaies refuge reviennent au-devant de la scène. «Avec cette polarisation, la diversification devient très difficile.»

Le marché a donc perdu en sophistication. Ce «paradigme, estime David Bloom, dominera les marchés tant que les conditions macroéconomiques ne se sont pas améliorées de façon durable. Il sera donc là pour une période de temps considérable.» L’analyste envisage un autre scénario, moins réjouissant: que les corrélations élevées soient devenues «la nouvelle norme» des marchés.

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

En 1997, Myret Zaki fait ses débuts dans la banque privée genevoise Lombard Odier Darier Hentsch & Cie. Puis, dès 2001, elle dirige les pages et suppléments financiers du quotidien Le Temps. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage, "UBS, les dessous d'un scandale", qui raconte comment la banque suisse est mise en difficulté par les autorités américaines dans plusieurs affaires d'évasion fiscale aux États-Unis et surtout par la crise des subprimes. Elle obtient le prix de Journaliste Suisse 2008 de Schweizer Journalist. En janvier 2010, Myret devient rédactrice en chef adjointe du magazine Bilan. Cette année-là, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle expose la guerre économique qui a mené la Suisse à abandonner son secret bancaire. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin de la monnaie américaine à cause de sa dévaluation prolongée et de la dérive monétaire de la Réserve fédérale. En 2014, Myret est nommée rédactrice en chef de Bilan. Elle quitte ce poste en mai 2019.

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