Bilan

«Il est faux de socialiser les risques des banques»

Les voix critiques ne manquent pas face aux opérations de sauvetage menées par les gouvernements et banques centrales ces derniers mois. Une constante: on souligne les incohérences du système, tout en reconnaissant à demi-mot que la marge de manoeuvre des autorités est quasi nulle. Si le patron de la Fed a secouru Bear Stearnsen mars, et si le Département du Trésor a sauvé Fannie Mae et Freddie Mac de la faillite il y a quelques semaines, c'est qu'ils n'avaient tout simplement pas d'autre choix. «J'ai toujours été opposé à la garantie d'Etat implicite dont bénéficiaient Fannie Mae et Freddie Mac, explique le gourou des marchés, Marc Faber, l'une des voix les plus écoutées du monde de la finance. Je comprends que, dans l'immédiat, le gouvernement doive assurer la stabilité du système. Ce qui me dérange, c'est que les autorités ne s'en prennent pas aux fondements mêmes de la crise, c'est-à-dire au fait que ces institutions ont pu emprunter pendant des années à des taux d'intérêt beaucoup trop bas. Il me paraît donc totalement faux de permettre aujourd'hui la socialisation des risques des institutions privées. C'est aux actionnaires privés d'assumer leurs pertes.» Marc Faber est en outre convaincu que la crise actuelle sera durable. «Le trend à long terme est à la baisse. Il y a énormément d'incertitudes et un manque de transparence sur l'exposition réelle des banques face aux crédits à risque. La meilleure chose à faire, pour l'investisseur comme vous ou moi, est de garder son argent liquide.» Quant aux répercussions sur l'économie helvétique, le financier suisse se montre pessimiste. «Tous ces clowns de la Bahnhofstrasse qui ont touché des bonus sous forme d'actions vont commencer à dépenser beaucoup moins. Progressivement, la crise financière contaminera donc tous les autres secteurs de l'économie.»

La seconde vague de la crise

Marc Faber n'exclut toutefois pas une légère correction des marchés financiers à court terme. «UBS pourrait remonter de 30%, avant de rebaisser. Personnellement, je ne suis pas intéressé par le court terme parce qu'il y a beaucoup trop d'opacité dans les marchés financiers. Nous savons trop peu sur la qualité des crédits commerciaux accordés par des banques comme UBS ou Credit Suisse. La phase suivante de la crise - après celle des subprimes - concernera probablement ces autres secteurs de crédit.»

Photo: Marc Faber , le 21 septembre 2007 / © Keystone

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