Bilan

« Les boursicoteurs sont toujours bien vivants »

TTC lance son concours boursier 2018, pour la dixième année consécutive. Pour Patrick Fischer, le présentateur de l’émission diffusée sur la RTS, un tel concours permet aux plus jeunes de faire leurs premiers pas en bourse, sans exposition réelle mais en se rendant compte des risques.

Pour Patrick Fischer, la culture du petit boursicoteur, qui était forte dans les années 90 et jusqu’à la crise de 2008, a certes connu un déclin, mais reste bien vivante aujourd’hui.

Crédits: RTS / CHRISTIN Philippe

Patrick Fischer, le présentateur de l’émission TTC à la RTS, lancera ce soir le concours boursier de l’émission, pour la dixième année consécutive. Comme chaque année, les étudiants y participent largement. L'équipe gagnante s’envolera pour aller découvrir les géants de la Silicon Valley, tandis que le gagnant dans la catégorie individuelle recevra un portefeuille d'actions d'une valeur de 10'000 francs. 

Le principe est simple : il s’agit d’investir, de façon virtuelle, un capital de 10'000 francs, en essayant d’obtenir le meilleur rendement. Le participant peut donc simuler un portefeuille et tester son flair en matière boursière en misant sur les titres de son choix. Pour ce faire, la RTS s’est associée à la plateforme de trading de Swissquote, sur laquelle les participants pourront acheter et vendre les titres en version démo sur les marchés suisse, américain, allemand, français, belge, néerlandais, italien et anglais. Des produits plus sophistiqués tels que des dérivés (permettant d’obtenir un effet de levier) sont également disponibles sur la plateforme.

« Le jugement humain aura toujours sa place »

Pour Patrick Fischer, la culture du petit boursicoteur, qui était forte dans les années 90 et jusqu’à la crise de 2008, a certes connu un déclin, mais elle reste bien vivante aujourd’hui, malgré l’omniprésence des traders à haute fréquence, des algorithmes et des gros investisseurs institutionnels qui accaparent l’activité sur les marchés. « Je pense que le boursicotage garde tout son sens, car le père de famille, qui aurait un petit montant à placer en bourse, peut apprécier d’acheter et vendre lui-même des titres, même si petit à petit la bourse est dominée par les institutionnels et l’intelligence artificielle ». Il cite le taux de participation élevé au concours. « Nous avons quelque 5000 participants chaque année entre ceux de catégorie individuelle et les écoles. Ces dernières participent passablement ; c’est la preuve que le boursicotage intéresse toujours la population».

Selon le journaliste de la RTS, un tel concours est l’occasion pour les maîtres d’école d’intégrer un élément concret sur la finance et sur les marchés dans leur cours. Plus généralement, l’animateur de TTC estime que le trading humain doit garder une place de choix. « Il faut continuer à savoir piloter l’avion même si on confie les manettes au pilote automatique. Il faudra aussi continuer à avoir des chirurgiens même si les opérations pourront être faites par l’intelligence artificielle. Il ne faut pas tout confier aux machines. Le jugement humain aura toujours sa place ».

Le concours boursier ne cautionne pas le « casino boursier », répond Patrick Fischer à ceux qui lui opposent ce type d’argument.  « C’est l’inverse : il permet aux plus jeunes de faire leurs premiers pas en bourse sans exposition réelle et, dans le cas des étudiants, avec l’encadrement de leurs professeurs. Il est important d’aller s’y frotter pour se rendre compte des risques, de recevoir une formation civique en quelque sorte, ou préventive, dans ce domaine ». 

Les inscriptions sont ouvertes du 27 août au 28 septembre.  Les prix seront remis le 17 décembre prochain en direct dans l'émission.

Zaki Myret
Myret Zaki

RÉDACTRICE EN CHEF DE BILAN de 2014 à 2019

Lui écrire

Myret Zaki est journaliste indépendante, spécialisée en économie et finance, et conseillère pour influenceurs et leaders d’opinion. Entre 2010 et 2019, elle a travaillé au magazine Bilan, assumant la rédaction en chef à partir de 2014. Elle avait auparavant travaillé au Temps de 2001 à 2009, dirigeant les pages financières du journal. Ses débuts, elle les avait faits à la banque genevoise Lombard Odier dès 1997, où elle a appris les fondements de l'analyse boursière. En octobre 2008, elle publie son premier ouvrage d'investigation, "UBS, les dessous d'un scandale". Elle obtient le prix Schweizer Journalist 2008. En 2010, elle publie "Le Secret bancaire est mort, vive l'évasion fiscale" où elle prédit que la fin du secret bancaire profitera à d'autres centres financiers. En 2011, elle publie "La fin du dollar" qui prédit la fin du billet vert comme monnaie de réserve, puis «La finance de l'ombre a pris le contrôle» en 2016.

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