Bilan

«Les politiques d'austérité débouchent sur la stagnation»

La CNUCED a révisé sa prévision de croissance pour 2012 à la baisse. Elle ne devrait pas dépasser 2,3% au niveau mondial cette année. Pour l'agence de l'ONU, les politiques d'austérité débouchent sur la stagnation.
La CNUCED a révisé sa prévision de croissance pour 2012 à la baisse. Elle ne devrait pas dépasser 2,3% au niveau mondial cette année, dont à peine 1% dans les pays industrialisés. Pour l'agence de l'ONU, les politiques d'austérité débouchent sur la stagnation.

«Nous sommes à un moment très critique. La croissance ralentit partout et l'économie mondiale est dans une impasse», a déclaré à la presse Heiner Flassbeck, directeur de la division de la mondialisation, en présentant à Genève le rapport annuel de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

Les économistes de l'agence de l'ONU prévoient une récession dans l'Union européenne et une croissance d'environ 2% aux Etats-Unis et au Japon en 2012. L'expansion économique dans les pays en développement devrait atteindre 5% et dans les pays en transition près de 4%, des taux plus faibles que les années précédentes.

Absence de demande intérieure

Les pays en développement sont vulnérables face à un affaiblissement de la demande dans les pays industrialisés, à mesure que les programmes d'austérité sont appliqués pour réduire les déficits publics, souligne le rapport.

Pour la CNUCED, l'absence de demande intérieure est un obstacle à la reprise et condamne l'économie mondiale à la stagnation, si une politique de revenus énergique n'est pas appliquée par les gouvernements.

Les pressions à la baisse sur les salaires, la hausse du chômage, l'absence de marge de manoeuvre dans les domaines monétaire et budgétaire font que les attentes de hausse des revenus sont proches de zéro ou négatives, a expliqué Heiner Flassbeck. «Il n'y a pas d'investissement, s'il n'y a pas demande», a-t-il dit.

Accroissement des inégalités

Le rapport sur le commerce et le développement 2012 met aussi l'accent sur l'accroissement des inégalités de revenus. Dans plusieurs pays, les 1% les plus riches représentent de 10 à 20% de la richesse nationale.

«Une concentration excessive des revenus a contribué à la crise financière mondiale, en raison des incitations perverses adressées aux groupes à très hauts revenus et au fort endettement des autres groupes», écrit la CNUCED.

Pour l'agence de l'ONU, il n'y aura pas de reprise réelle tant que les groupes à faibles et moyens revenus ne verront pas ceux-ci augmenter suffisamment pour relancer la consommation. Il faut certes s'attaquer au problème de l'endettement public, mais à long terme, la solution passera par le rétablissement de la croissance et des recettes budgétaires.

Fiscalité progressive

La CNUCED préconise une fiscalité progressive et un accroissement des dépenses publiques, y compris des transferts sociaux. Une telle approche se traduirait par une réduction des inégalités de revenus tout en offrant les perspectives de développement de la demande nécessaires pour que les entreprises investissent davantage.

Il est possible d'améliorer le recouvrement de l'impôt et de rendre l'impôt plus progressif sans pour autant provoquer une réduction des incitations économiques. Par exemple, il serait possible d'imposer davantage les hauts revenus provenant d'activités de maximisation de la rente plutôt que ceux dont les bénéfices proviennent de l'activité industrielle et commerciale et du travail productif, affirme la CNUCED.

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