Bilan

A la recherche des héritiers perdus

Le Français Frédéric Gorecki exerce un métier rare: généalogiste successoral. Lancée en 2012 à Genève, sa société aide à régler des successions vacantes ou des fonds en déshérence. Rencontre.

Swiss Genealogy Agency, créée par Frédéric Gorecki, emploie 17 salariés pour un chiffre d’affaires consolidé de 2  millions de francs.

Crédits: François Wavre/Rezo

Frédéric Gorecki, 50 ans, a eu une vie avant la généalogie. Sa réussite aurait pu lui suffire: expert-comptable et commissaire aux comptes en France pour de grands groupes, il voyageait dans le monde entier. Avec 110 salariés, les affaires étaient bonnes.

Pourtant, en 2009, ce Dijonnais décide de changer de vie et vend ses parts. «Tout le monde a essayé de me dissuader. Mais j’étais fatigué de ce métier et des voyages. J’avais envie d’autre chose…» 

Frédéric Gorecki est un homme posé, expert des chiffres et des bilans, il inspire confiance. Des qualités indispensables dans son nouveau métier: généalogiste successoral.

«J’ai créé mon entreprise en 2012 à Genève: Swiss Genealogy Agency recherche les héritiers dans des successions incertaines. Contrairement à une généalogie familiale où l’on enquête sur les ancêtres décédés, nous recherchons des vivants», explique l’entrepreneur. 

Un exemple? «Nous finalisons une généalogie autour d’un héritage d’environ 4 millions de francs dans le canton de Genève. Nous avons identifié 29 héritiers dans cette succession, dont plusieurs vivent aux Etats-Unis. Cela nous a pris dix-huit  mois.» 

Avant de connaître le nom du défunt et le montant de leur héritage, les héritiers doivent signer un «contrat de révélation». Mais les risques financiers sont nombreux: si un testament est découvert alors que les investigations ont commencé, le travail s’arrête et Swiss Genealogy ne perçoit rien.

Frédéric Gorecki se lève et ouvre une «généalogie». Un papier de six mètres de long, soigneusement renseigné. «Vous voyez, le défunt est ici au centre. Il s’est marié cinq fois mais n’a eu qu’un seul enfant avec sa troisième épouse… Nous avons tout vérifié.»

L’affectif - avec les liens familiaux - comme l’administratif - avec les pièces d’état civil: Frédéric Gorecki relie les deux univers sans rien forcer. Réminiscence de son ancien métier, il se souvient de tous les chiffres.  

De 12 000 francs à 12 millions

Sa plus grosse affaire? «Une succession de 12 millions d’euros. Mais cela n’arrive pas souvent…» Et la plus petite? «Une succession de 12 000 francs à Genève. Nous avons travaillé à perte mais, pour des questions d’éthique, nous acceptons toutes les affaires, quelles qu’elles soient.» Mais l’ancien expert-comptable sait gérer le risque et anticiper.

Et qu’en est-il des fonds bancaires en déshérence? «J’ai rencontré l’ASB, l’Association suisse des banquiers à Bâle, puis j’ai eu des rendez-vous dans 25 banques en Suisse. Beaucoup me reçoivent mais très peu sont réellement intéressées à retrouver des ayants droit de fonds chez eux.» Les fonds dorment encore. 

Nivez C Photoa
Catherine Nivez

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste en France depuis 1990, d’abord comme reporter et journaliste dans le secteur de la musique, puis dans les nouvelles technologies, internet et l’entrepreneuriat. Après 20 ans en France, j’ai migré en Suisse et à Genève ou je vis et travaille désormais sur ma nouvelle passion: l’alimentation et la santé.

J’ai fait l’essentiel de mon parcours dans l’audiovisuel français (France Inter, France Info, Europe1, ou encore Canal+). Désormais journaliste freelance en Suisse, j’ai signé une série d’articles pour le quotidien suisse-romand Le Temps et travaille désormais pour BILAN où je tiens la rubrique mensuelle « Santé & Nutrition ».

Vous pouvez aussi me retrouver sur mes blogs : www.suisse-entrepreneurs.com, galerie de portraits des entrepreneurs que je côtoie en Suisse, et sur LE BONJUS mon nouveau blog consacré aux jus et à l’alimentation.

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