Bilan

Acheter Minergie s’avère payant

Construire Minergie revient généralement plus cher, en échange d’un gain énergétique conséquent. Mais faut-il payer plus pour acquérir une villa affichant un tel label?
Maison individuelle neuve dotée du Minergie-P. Crédits: Dr

L’association privée qui octroie les différents labels Minergie se porte bien. On compte, à l’heure actuelle, 29 347 bâtiments avec le label Minergie, dont 26 724 avec le label de base. Sur ce total, 24  637 ont été remis pour des nouvelles constructions et 2353 pour des rénovations. Rappelons que trois critères sont pris en compte pour l’octroi de ce précieux sésame: l’enveloppe du bâtiment, l’aération et la production de chaleur.

La norme de qualité énergétique impose une valeur limite maximale de 38 kWh/m² pour l’habitat (individuel ou collectif) neuf et de 60 kWh/m² pour les bâtiments antérieurs à 2000. Pour un hôpital construit aujourd’hui, cette valeur ne devrait pas dépasser 70 kWh/m².

Le standard Minergie-P répond quant à lui aux exigences de «la société à 2000 watts», un concept de l’EPFZ nettement plus contraignant, notamment du point de vue du chauffage.

Fribourg en tête en Romandie

En Suisse romande, cette norme a également le vent en poupe. D’autant que les législations cantonales contraignent les nouvelles habitations à répondre à des critères de hautes performances énergétiques. Cela se reflète au niveau des statistiques Minergie pour la Suisse romande: en tête, le Valais avec 1421 nouvelles constructions Minergie (dont 881 pour des maisons individuelles), devant Vaud avec 1250 (706), suivi de Genève avec 960 (555) et Fribourg avec 681 (471).

Le classement n’est plus le même si l’on observe uniquement les maisons individuelles neuves dotées du Minergie-P: Fribourg (71) devance ses voisins: Vaud (56), Valais (50), Jura (15), Neuchâtel (11) et Genève (3).

Une seule étude réalisée

Et qu’en est-il de la valeur de vente de bâtiments dotés de ces labels? «Le marché ne sanctionne pas encore cela dans les immeubles locatifs, du fait que les charges de chauffage sont payées par les locataires», relève l’expert François Hiltbrand, de la société Analyses & Développements Immobiliers, également blogueur pour bilan.ch. «La valeur d’une maison Minergie est forcément plus élevée du fait que son prix de construction l’est également.

Cela étant, sur le marché genevois, on assiste à une concurrence de situation, pas de qualité. Si l’on dispose de deux objets comparables, oui alors cela jouera en faveur d’une maison répondant à ces critères. Mais dans la réalité, à Genève, vu la rareté des objets sur le marché, cela n’arrive pas. Par contre, lors de la vente d’une maison qui nécessite des travaux de mise à niveau en termes d’isolation et de chauffage, alors cela sert aux acquéreurs potentiels à faire baisser le prix.»

En fait, une seule étude a été réalisée à ce jour: «Minergie macht sich bezahlt» (Minergie s’avère payante), publiée en novembre 2008 par le Centre pour la responsabilité d’entreprise et la durabilité de l’Université de Zurich. Marco Salvi, Andrea Horehàjovà et Ruth Muri, de la Banque Cantonale de Zurich, ont analysé les données relatives à 9000 maisons individuelles et appartements en PPE vendus entre 1998 et 2008 à Zurich, dont 250 étaient Minergie.

L'intérêt dans la consommation énergétique

Ils ont constaté que le prix moyen des maisons s’élevait à 1 million de francs lorsqu’elles étaient Minergie et de 800 000  francs quand elles ne l’étaient pas. Pour les appartements, le prix moyen était de 670 000  francs, soit supérieur de 13% à ceux sans le label.

Mais parmi les explications trouvées, il y a aussi le fait que les surfaces moyennes étaient supérieures de 10  m² dans les habitations répondant aux critères de hautes performances énergétiques. Bref, acheter Minergie s’avère surtout payant en termes de coûts de consommation énergétique. 

Serge Guertchakoff

RÉDACTEUR EN CHEF DE BILAN

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Serge Guertchakoff est rédacteur en chef de Bilan et auteur de quatre livres, dont l'un sur le secret bancaire. Journaliste d'investigation spécialiste de l'immobilier, des RH ou encore des PME en général, il est également à l'initiative du supplément Immoluxe et du numéro dédié aux 300 plus riches. Après avoir été rédacteur en chef adjoint de Bilan de 2014 à 2019, il a pris la succession de Myret Zaki en juin de cette année.

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