Bilan

Actions: faut-il acheter en temps de crise?

Au terme d’un premier trimestre qui a vu les indices d’actions occidentaux s’apprécier de 4 à 5% en moyenne, faut-il croire à la poursuite de la hausse? Deux écoles s’affrontent. Celle qui ne voit, dans la catastrophe de Fukushima et dans le printemps arabe, que des incidents qui ne remettent pas en cause la reprise économique. Et celle qui, jurant du contraire, adopte des positions défensives dans l’attente du grand repli des marchés.

Deutsche Bank fait clairement partie de la première. «L’environnement macroéconomique est excellent. La croissance est plus forte que prévu et les taux restent bas», écrivent Michael Biggs et Gareth Evans, responsables de la stratégie actions européennes, dans une étude intitulée «Les marchés en 2011». Ils anticipent une progression de l’indice européen Stoxx 600, qui rassemble les grandes sociétés du Vieux-Monde, de 12% d’ici à la fin de l’année. Encore plus optimiste pour les titres émergents, l’établissement de Francfort est néanmoins plus réservé face aux sociétés américaines en raison des nombreuses incertitudes sur la solidité de la reprise outre-Atlantique.

Sarasin juge également les conditions idéales. «Le potentiel de hausse des actions est de 10% environ cette année», affirme Jan Poser, stratège de la banque. Et de conseiller, faisant référence aux inquiétudes suscitées par le Japon et le Moyen-Orient, d’«acheter en temps de crise». Les actions représentent actuellement 55% de la grille de placements de la banque bâloise au lieu de 45% en temps normal.

Les inconnues sur la croissance que font peser les difficultés japonaises et la crainte d’un nouveau choc pétrolier angoissent, au contraire, la Banque Clariden Leu à Zurich. La filiale du Credit Suisse redoute aussi la poursuite de la crise financière aux Etats-Unis. «Les risques sont trop élevés pour miser sur les actions», juge Claudio de Gennaro, de l’équipe de stratégie de placements. La banque a réduit son exposition à 33% de son portefeuille au lieu de 42% en temps normal et mise sur des titres qui lui paraissent sûrs. Les seuls marchés qui ont sa faveur sont les émergents, surtout latino-américains, «pour autant que les titres soient cotés en dollars ou en euros», poursuit l’économiste.

«Je suis revenu dans les actions après la surréaction des marchés au lendemain de la catastrophe de Fukushima, mais cela ne va pas durer!» note Alain Freymond, responsable de BBGI, société genevoise de gestion. A plus long terme, il ne croit pas à la poursuite de la croissance au rythme de ces derniers mois et redoute une érosion des marges des entreprises en raison de la résurgence de l’inflation, principalement dans les marchés émergents. Seul le marché américain lui semble porteur à court terme en raison du soutien apporté par la politique monétaire expansionniste de la Fed.

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