Bilan

Aidée par le courtage, Morgan Stanley double quasiment ses bénéfices

La banque new-yorkaise a gagné 1,71 milliard de dollars, contre 889 millions à la même période il y a un an. Le titre bondissait de 3,75% à 33,75 dollars dans les premiers échanges à Wall Street.

"Nous sommes bien placés pour dégager de bons retours sur investissements à nos actionnaires, notamment parce que l'économie américaine continue de se renforcer", a commenté le CEO James Gorman.

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La banque d'affaires américaine Morgan Stanley a presque doublé ses bénéfices trimestriels, redonnant le sourire aux marchés au terme d'une semaine tumultueuse où le secteur bancaire a été particulièrement malmené en Bourse.

Poids plume des six fleurons de Wall Street, l'établissement dirigé par l'Australien James Gorman a gagné 1,71 milliard de dollars, contre 889 millions à la même période il y a un an.

Le bénéfice par action ajusté, référence en Amérique du nord, est de 0,77 dollar, soit au-delà des pronostics des analystes (0,54 dollar).

Le chiffre d'affaires a atteint 8,7 milliards de dollars, en hausse de 7,4% sur un an, contre 8,17 milliards anticipés.

La réaction ne s'est pas faite attendre en Bourse: le titre bondissait de 3,75% à 33,75 dollars dans les premiers échanges à la Bourse de New York.

Un pari qui a payé

Après la crise financière ayant entraîné un exode des clients, Morgan Stanley a fait le choix de se consacrer à la gestion de fortune et de moins spéculer pour être moins vulnérable à de nouvelles secousses.

Depuis le début de l'année, ce pari engagé par James Gorman dès son arrivée est conforté par la solidité continue des revenus dégagés par cette division.

Le troisième trimestre en est encore une illustration. Les recettes de la gestion de fortune ont progressé de 9% à 3,79 milliards et le bénéfice imposable a bondi de 25,1% à 836 millions de dollars. La gestion de fortune a représenté un peu plus de 43,56% du chiffre d'affaires total et près de 48,9% des bénéfices.

Toutefois, La division de titres institutionnels, qui comprend notamment le courtage, a rapporté davantage d'argent.

Son bénéfice avant impôts a presque doublé sur un an à 1,01 milliard de dollars, tandis que son chiffre d'affaires a progressé de 10,8% à 4,3 milliards de dollars.

Dans le détail, le conseil financier, indicateur de la santé des fusions-acquisitions, a enregistré des recettes de 392 millions de dollars, en hausse de 42,5% sur un an.

Volatilité des échanges

Moteur de la rentabilité des banques d'affaires américaines depuis la crise, l'activité de "revenus fixes" (courtage des obligations, des changes et des matières premières) a enregistré un bond du chiffre d'affaires de 19,4% à 997 millions de dollars.

La performance de cette activité risquée dépend étroitement de la volatilité des échanges, mesurée par l'indice VIX, dit "indice de la peur". Quand celui-ci est haut, cela sous-entend que l'activité se porte bien et inversement. Le 3 juillet, le VIX était à 10,32, un plus bas depuis février 2007, avant d'amorcer une remontée l'ayant vu se hisser à 16,31 au 30 septembre, date de clôture du troisième trimestre.

Morgan Stanley fait toutefois moins bien que sa principale rivale Goldman Sachs, dont les recettes issues des "revenus fixes" ont flambé de 73% lors des trois derniers mois. A l'inverse de Morgan Stanley, Goldman Sachs reste accrochée aux activités spéculatives, très lucratives en période de volatilité accrue.

Les revenus issus du courtage des actions (émissions et titres de participation) ont augmenté de 4,1% sur un an à 1,78 milliard de dollars.

"Nous sommes bien placés pour dégager de bons retours sur investissements à nos actionnaires, notamment parce que l'économie américaine continue de se renforcer", a commenté James Gorman.

Faible rentabilité financière

Morgan Stanley, qui doit se conformer aux nouvelles règlementations exigeant des niveaux de liquidités importants pour résister à une crise éventuelle, poursuit ses économies.

Les dépenses hors rémunérations ont baissé de 200 millions de dollars sur un an à 2,4 milliards de dollars, en raison de faibles frais juridiques la banque étant épargnée par les litiges.

Malgré des suppressions d'emplois annoncées dans les salles de marchés, le taux des rémunérations a augmenté, soit 48,2% du chiffre d'affaires de la banque.

S'il salue une performance trimestrielle "solide", Matt O'Connor, analyste chez Deutsche Bank, s'interroge sur le niveau bas de la rentabilité financière (RoE), indicateur clé dans le secteur.

Celui-ci est d'environ 8% des fonds propres alors que les autres grandes banques américaines sont à 10% voire au-dessus.

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