Bilan

Arrêté en Italie, l'ex-cadre d'UBS pensait être à l'abri

Raoul Weil, interpellé à Bologne, connaissait le mandat d'arrêt international émis à son encontre par les Etats-Unis. A moins que des blancs-seings de la Finma et de la CFB lui aient donné un excès de confiance.
  • Raoul Weil, responsable jusqu'en 2008 de la gestion de fortunes chez UBS Crédits: Keystone
  • La Finma et son siège à Berne. Crédits: Keystone
  • Reuss Private Group, où Raoul Weil occupe le poste de directeur. Crédits: WENN
  • UBS et sa succursale de Park Avenue à New York City, USA. Crédits: Keystone
  • L'homme par qui tout a commencé: Bradley Birkenfeld. Crédits: Keystone
Raoul Weil, âgé de 54 ans, est tout sauf un naïf. Cet ancien directeur de gestion de fortune chez UBS a pourtant été arrêté alors qu'il venait de prendre une chambre sous son nom dans un grand hôtel de Bologne. A croire qu'il avait oublié le mandat d'arrêt international délivré à son encontre par les Etats-Unis en 2008.

Jusqu'ici, l'ancien haut responsable de la banque suisse était soigneusement resté en Suisse durant toutes ces années. Et maintenant, il risque une extradition vers les Etats-Unis où il pourrait être condamné à une peine de prison de cinq ans. L'audace du banquier, qui risque de lui coûter cher, pourrait trouver son explication dans son travail.

Une autorisation de la FINMA

Raoul Weil travaille actuellement chez Reuss Private Group à Pfäffikon dans le canton de Schwytz et il en est aussi un des actionnaires. Cette société est spécialisée dans les services uniques pour les gestionnaires de fortunes, les Family Offices et autres investisseurs privés, comme elle l'explique sur son site internet.

Elle gère des actifs d'un montant de quatre milliards de francs. Raoul Weil se trouvait cependant en Italie pour des raisons privées, comme l'a précisé a porte-parole de Reuss Private Group au Tagesanzeiger.ch/Newsnet.

La filiale Reuss Private basée à Bremgarten (Argovie) avait obtenu en février de l'Autorité suisse de surveillance des marchés financiers (Finma) une autorisation de courtier et cambiste. Dans le cadre de la procédure d'attribution, la Finma a examiné si la direction remplissait la condition pour une activité irréprochable, ce qui concernait Raoul Weil.

Rien à dire chez UBS et la Finma

C'est ainsi que le directeur a dû s'engager par écrit auprès de la Finma pour confirmer qu'il n'avait rien à cacher pour l'enquête au sujet du différend fiscal entre les Etats-Unis et UBS, a précisé le porte-parole Andreas Hildenbrand dans l'Aargauer Zeitung.

Raoul Weil pouvait donc se sentir d'autant plus en confiance que la Commission fédérale des Banques (CFB) lui avait donné l'absolution en 2009 avec son rapport sur l'enquête des activités transfrontalières d'UBS aux Etats-Unis. La CFB n'avait trouvé «aucun signe d'une connaissance des organes supérieurs de la banque» quant aux agissement des collaborateurs d'UBS. La Finma n'a rien de plus à ajouter à ce sujet, a indiqué son porte-parole Tobias Lux.

Chez UBS, «le dossier est clos avec l'accord de 2010», a souligné son porte-parole Christoph Meier. La banque avait dû à l'époque s'acquitter d'une amende de 780 millions de dollars et livrer des données clients.

Des sueurs froides

Son cas pourrait donner des sueurs froides aux autres banquiers de la place. «Cette arrestation souligne à quel point il est dangereux pour un banquier suisse poursuivi aux Etats-Unis de quitter le territoire», explique dans l'édition en ligne duWall Street Journal le pénaliste Dan Levy. «Elle montre aussi que les autorités américaines sont patientes et persévérantes», ajoute le pénaliste.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."