Bilan

Arrêtons de rêver

La situation économique se dégrade. Pas besoin d'être Prix Nobel pour le constater. Les Etats-Unis sont entrés en récession. Une partie de l'Europe aussi. Mais pas encore la Suisse. Après la «crisette» des subprimes, celle du manque de crédit contamine le moral de la planète entière. Et en matière de croissance, quand la confiance s?en va, tout s?en va. Comment a-t-on pu passer si vite de la folle euphorie de ces années dernières à la presque catastrophe qui nous guette?

Assez simplement, finalement. Des erreurs humaines ont été commises. Le monde des affaires a d'abord été conduit pas des valeurs discutables: cupidité et arrogance. C?est connu. N'en rajoutons pas. Faut-il dès lors vouloir jeter le bébé capitaliste avec les eaux boueuses des cadavres du passé? Franchement, je n'y crois pas. Toute crise a du bon.

Prenez les banques centrales. Elles se sont concertées pour tenter de sauver le système ensemble. C?est historique. Sans parler de l'intervention massive des Etats pour sauver des pans entiers d'une économie à l'agonie. C?était sanglant mais inévitable.

Le problème commence lorsqu?il s?agit de voir ce qui va se passer ensuite. Peu importe le nom du nouveau président américain, le monde ne va pas devenir meilleur pour autant. Les centaines de milliards de dettes américaines, qu?elles soient privées ou publiques, ne vont pas s?évaporer du jour au lendemain. Arrêtons de rêver. Un système financier mondial construit sur des dettes ne peut pas fonctionner à long terme. Cela fait vingt ans qu?on le sait. Nous en payons le prix aujourd'hui et ce n'est sûrement pas fini.

Le coût de tous ces plans de sauvetage d'urgence se paiera. Cash. La facture pour la classe moyenne s?appellera récession et chômage. Inutile d'amplifier encore la crise en laissant l'Etat intervenir dans la gestion des sociétés sauvées. Que de nouvelles règles soient fixées pour éviter les bonus indécents, pas de soucis. Mais que la politique vienne mettre son nez dans la gestion quotidienne serait périlleux. Les remèdes ne doivent pas être pires que la maladie et finir par achever le malade.

L'Etat doit agir mais pas en offrant bêtement 500 francs à tous les citoyens. Cette mesure n'aurait aucun impact sur le retour de la confiance. Pour redonner l'envie, l'Etat doit d'abord mettre le paquet sur des grands projets. Et ils ne manquent pas. De la troisième voie autoroutière et CFF entre Lausanne et Genève au deuxième tube du Lötschberg, en passant par de grandes infrastructures dans les villes. Et, une baisse ciblée de la fiscalité restera toujours le meilleur moyen de relancer la confiance.

A noter Prix Stratégis 2008. C?est la start-up genevoise IC-Agency qui décroche cette année le prix Stratégis, soutenu par Bilan. Cette société améliore la réputation en ligne des multinationales (page 71). Forum de Glion. La prochaine édition du Forum économique de Glion, soutenue par Bilan, aura lieu le 14 novembre. Thème de la journée: Economie ou politique: qui gouverne? Interview en page 26.

Photo: Pascal Vuistiner / © D.R.

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