Bilan

Bellinzone, médaillée d'or des villes

C'est une année de grâce pour les villes. Certes, trois cités (Fribourg, Delémont et Berne) ne parviennent pas à complètement équilibrer leurs charges (Indicateur 1), mais leur taux (entre 99 et 100%) n'apparaît pas dramatique, n'était- ce l'excellence de la conjoncture. Toutes les villes peuvent aussi payer l'entier de leurs investissements (Ind. 2). «Les 2655% de la capitale fédérale sont toutefois à prendre avec des pincettes: ses investissements nets restent très faibles, et comme il s'agit d'une moyenne lissée sur trois ans, Berne profite de l'effet d'années où les recettes perçues dépassaient ce qu'elle avait investi», précise Nils Soguel, de l'IDHEAP à Lausanne. Les municipalités profitent aussi de l'environnement favorable pour réduire leur endettement (Ind. 3). A l'exception notable de Lausanne et, plus encore, de Delémont. Pour cinq villes - Genève, Lucerne, Zurich, Coire et Schaffhouse - les revenus du patrimoine financier dépassent les intérêts passifs et donnent un revenu (Ind. 4). En revanche, des cités comme Berne, Neuchâtel, Delémont et Lausanne, qui doivent consacrer de 7 à plus de 9% de leurs rentrées fiscales au service de leur dette, prennent le risque d'un fort goût de bouchon.

Jusqu'à l'idéal

Mais le millésime reste exceptionnel: à l'indicateur de santé financière, toutes les villes font mieux que 5,5 de moyenne! Lausanne est un peu en retrait (5,21). Petite bulle: Delémont carrément lâchée (4,38). A signaler la performance de Coire qui atteint la note idéale de 6. Dans la gestion, certaines municipalités ont desserré les boulons des dépenses (Ind. 5). En point de mire: Lausanne, Berne, Genève et Sion. A part Berne, l'effort d'investissement (Ind. 6) est partout correct, avec de très gros volumes à Coire, Zurich et, surtout, Sion. Dans les prévisions fiscales (Ind. 7), il y a deux écoles citadines: celles qui sont trop optimistes (Bellinzone, Fribourg, Zurich ou Delémont) et projettent plus de rentrées que finalement encaissé. Et celles qui s'octroient une marge supplémentaire par rapport aux projections canto- nales: Sion, Lausanne, Berne, Genève et Coire, où l'erreur a dépassé 17%! Malgré un rating souvent moins bon que les cantons, les villes ont bien usé de l'embellie économique pour négocier leur dette à des taux intéressants (Ind. 8). Au final, l'année 2007 s'avère définitivement une cuvée exceptionnelle. «Mais c'est le principe des exceptions de ne pas se reproduire souvent!» souligne le professeur Soguel.

1er Bellinzone: 5,79 Felice Zanetti(PLR)

«Bellinzone bénéficie de son statut de ville administrative qui nous offre une grande stabilité fiscale. Contrairement à Lugano, les surprises liées aux impôts ne sont jamais grandes. Tant à la hausse qu'à la baisse. Nous voulons désormais plus investir. Souvent nous ne dépensons que 50 à 60% des budgets alloués. Nous allons les augmenter et entamer de gros investissements, comme la construction d'un second EMS ou d'entrepôts communaux.»

4e Fribourg: 5,59 Madeleine Genoud-Page(PCS)

«Fribourg ne parvient pas à équilibrer ses comptes de fonctionnement car elle paie des charges trop importantes pour sa couronne. Et nous ne sommes aidés ni par la péréquation cantonale, ni par les constants reports de charges du can-ton. Pour les investissements, nous avons retenu certains montants car de gros projets (salle de spectacle, site sportif de Saint-Léonard, locaux scolaires) étaient en attente. Mais ils ont maintenant démarré.»

5e Neuchâtel: 5,46 Alain Ribaux(PLR)

«Nous bénéficions d'une illusion d'optique: nos finances sont catastrophiques, mais les ratios ont été améliorés, comme en 2006, par 10 millions de francs imprévus venus de Philip Morris. Malheureusement, nous allons replonger dans le rouge dès 2008. Et l'importance de notre service de la dette (1 franc d'impôts sur 12) restera alors que nous n'aurons plus la soupape de sécurité des Services industriels pour trouver 1 ou 2 millions supplémentaires.»

9e Genève: 5,01 Sandrine Salerno(PS)

«Certes, la ville de Genève profite d'un très fort excédent de recettes, mais sa dette reste importante. Les intérêts de cette dernière représentent deux nouvelles écoles ou encore l'équivalent des efforts fournis dans le domaine de la petite enfance. C'est d'ailleurs la poursuite de notre engagement dans ce secteur qui, avec l'indexation et l'application des mécanismes salariaux, explique l'essentiel de la hausse de nos dépenses courantes.»

10e Lausanne: 4,95 Daniel Brélaz(Verts)

«Nos comptes ne sont pas équilibrés du fait d'une facture sociale en hausse constante et d'une énorme politique d'investissement. Mais, avec Tridel et le M2, nous préparons l'avenir. La croissance de la dette tient à des achats importants de terrains, des occasions qu'il fallait saisir au vol. Bien sûr, je regrette que la conjoncture n'ait pas eu un impact plus favorable. Mais nous sommes revenus à l'équilibre en remontant d'un grave déficit.»

11e Delémont: 4,75 Françoise Collarin(PDC)

«Oui, Delémont continue de vivre à crédit! C'est difficile de tenir la rigueur financière avec une majorité de gauche dont je peine à freiner les dépenses supplémentaires. Notre dette a encore augmenté et son poids (1 franc d'impôt sur 12) ne fait peur qu'à moi. Au moins, j'ai pu, à grand-peine, obtenir une planification financière des investissements. Car les gros engagements du passé réclament déjà beaucoup de temps pour être absorbés.»

13e Sion: 4,57 François Mudry(PDC)

«Nous sommes pénalisés par notre très, très bonne santé. Certes, nos inves-tissements sont conséquents (20 millions), mais nous les avons financés tout en réalisant encore 24 millions d'amortis sements complémentaires. Avec nos ressources, nous avons pu offrir 5,9 millions de libéralités (500 francs par enfant, 100 par adulte), tout en augmentant le niveau d'indexation fiscale et en proposant une nouvelle réduction du taux d'impôt pour 2009.»

Photo: Petit Vin/ © D.R.

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