Bilan

Cette année, je fais des économies!

Assurances, impôts, énergie, finances… Il est possible de réduire ses factures dans tous ces domaines. Voici quelques pistes pour mieux gérer son budget et accroître ainsi son pouvoir d’achat.
  • Regrouper ses abonnements dans un «pack» (téléphone fixe, internet, Swisscom TV) peut être avantageux.

    Crédits: Heide Benser/Corbis
  • Roland Etienne, associé de Kendris, vante les atouts des comptes de prévoyance.

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  • Une voiture bien réglée (pression des pneus par exemple) consomme moins de carburant.

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  • Il est possible de communiquer gratuitement par ordinateur, tablette ou smartphone, via Skype.

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En 2014, Bilan vous souhaite santé et bonheur. Mais aussi succès et argent. L’idéal serait évidemment de réaliser des gros gains en bourse, de monter une start-up puis de la revendre à hauteur de plusieurs millions, de gagner au loto ou encore d’hériter de l’Oncle Sam.

Mais gardons les pieds sur terre. Le meilleur moyen de renflouer son porte-monnaie reste encore d’alléger ses factures. Cumulées, les petites économies peuvent offrir un coussin financier qui pourra, au choix, être réinvesti dans un projet entrepreneurial ou dépensé sans compter pour des vacances.

Toutes les dépenses, même obligatoires, peuvent être réduites – et parfois de manière significative. Pour ce faire, voici quelques pistes simples à mettre en œuvre qui aideront les ménages, les entreprises et les travailleurs indépendants à mieux gérer leur budget.

IMPÔTS

Etre un excellent payeur

Il existe un avantage à s’acquitter à l’avance de ses impôts, quitte à en verser plus que le montant final: les autorités fiscales des contributions octroient des intérêts de l’ordre de 0,5%, dans la plupart des cantons, sur les remboursements d’impôts éventuels.

Ces taux sont, en règle générale, plus élevés que ceux proposés par les banques. En versant suffisamment d’acomptes, les contribuables évitent d’autre part le risque de devoir payer des intérêts moratoires sur une insuffisance d’acomptes, souvent de l’ordre de 3%.

Evidemment, cette aubaine ne profite qu’à ceux qui disposent de suffisamment de liquidités sur leur compte en banque. De plus, en cas de paiement avant la fin de l’année, le contribuable réduit le solde de son compte bancaire et, partant, sa fortune imposable d’autant. Il serait dommage de ne pas en profiter. Pour ceux dont le budget est plus serré, renvoyer sa déclaration et s’acquitter de ses acomptes à temps permet d’éviter les pénalités, les frais et intérêts de retard.

Préférer les rémunérations en nature

«Des dispositions fiscales permettent aux employeurs, dans certaines conditions, de prendre en charge des frais des salariés, tels que voiture d’entreprise, abonnement CFF demi-tarif, abonnement de transports publics, mise à disposition d’une place de parc gratuite au lieu de travail, participation aux cotisations versées à des clubs ou associations, même non professionnels (clubs de sport, fitness...), etc.», analyse Roland Etienne, expert fiscal diplômé auprès de Kendris. 

Ces diverses possibilités permettent de limiter la partie imposable de la rémunération, réduisant ainsi les impôts des employés. De leur côté, les employeurs peuvent y trouver un avantage financier en limitant les charges sociales dues sur les rémunérations.

«Les salariés qui estiment ne pas bénéficier d’une rémunération optimale seraient bien inspirés d’en parler à leur employeur. Ce dernier pourra ainsi envisager des modifications, pour le bénéfice de ses employés et à leur propre avantage», recommande l’expert.

Optimiser ses charges professionnelles

La déclaration d’impôt permet de déduire des montants forfaitaires pour un certain nombre de dépenses: les repas pris à l’extérieur s’il est impossible de rentrer à midi ou si le trajet est trop long (cela varie selon le canton) ou les frais de déplacement tels que l’abonnement pour les transports publics.

Dans certains cas, le contribuable peut faire valoir des montants allant au-delà des forfaits et demander, en lieu et place, la déduction de frais effectifs plus élevés: pour des véhicules motorisés, les frais effectifs ou, parfois même, les frais liés aux kilomètres si tant est que l’on utilise sa voiture pour se rendre sur son lieu de travail; l’habillement, les outils ou encore la littérature spécialisée pour son activité professionnelle (sur présentation des quittances).

Il ne faut pas non plus oublier les frais de perfectionnement et de reconversion. Les conditions de déductibilité de tels frais sont en passe d’être assouplies suite à de nouvelles dispositions fiscales.

Etre organisé et méticuleux

Les indépendants doivent pouvoir prouver au fisc leurs dépenses réelles. Ainsi, en optant pour un système facile de collecte des tickets de caisse ou autres factures et un classement efficace, le contribuable pourra déduire l’entier de ses dépenses au moment de remplir sa déclaration.

Attention, le fisc peut vérifier ces dernières, notamment pour les frais de repas professionnels, en demandant, par exemple, le nom des clients invités… D’où l’utilité de noter de telles informations au dos des quittances au fur et à mesure de l’année.

Et pour tous, qu’ils soient employés ou indépendants, il est fort judicieux de conserver l’entier des justificatifs d’intérêts de retard, y compris ceux des cartes de crédit, des impôts, de l’Office des poursuites, des hypothèques et des comptes bancaires, qui sont en principe intégralement déductibles.

Epargner pour sa retraite

S’il est connu qu’un compte de 3e pilier «a» permet des déductions fiscales, nombreux sont ceux qui n’ont pas encore de prévoyance vieillesse. Voici un petit rappel: le montant maximal qui peut être déduit était, à titre informatif, de 6739 francs en 2013 pour les salariés. Les travailleurs indépendants sans caisse de retraite peuvent y verser 20% de leurs revenus nets, sans dépasser cependant un seuil de 33 696 francs.

«Il faut aussi savoir que les montants présents sur les comptes de prévoyance, appelés aussi 3a, et que les revenus obtenus grâce à eux n’ont pas, selon la loi, à être déclarés, rappelle Roland Etienne, associé de Kendris. Ces comptes échappent ainsi aux impôts sur le revenu et la fortune.»

Par ailleurs, il est recommandé de bien comparer les revenus des comptes de 3e pilier. Ces derniers peuvent varier d’un prestataire à l’autre. Rappelons aussi que les rachats de prévoyance professionnelle (2e pilier) sont intégralement déductibles. Ils ne peuvent être effectués que dans la mesure où le fonds de prévoyance l’autorise.

La générosité paie

Si les donations en faveur d’organisations caritatives sont déductibles des impôts, celles effectuées à un parti politique suisse le sont aussi, jusqu’à un certain montant. A Genève et sur Vaud, celui-là s’élève à 10  000 francs, 20 000 en Valais et 5000 à Fribourg et Neuchâtel.

Bien qu’il s’agisse d’une dépense et non d’une économie, soutenir un parti ou participer financièrement à l’élection d’un politicien pourra, peut-être, avoir un retour sur investissement à long terme en fonction de la politique fiscale qui sera soutenue ultérieurement par l’élu en question.

ASSURANCES

Adieu les assurances superflues

«La toute première économie est celle de s’assurer pour son besoin réel», rappelle Georges-André Ledermann, assureur auprès d’Inter Assurances Services à Genève. Les besoins doivent être analysés et identifiés. Ils varient selon les individus, leur situation familiale et économique.

«C’est paradoxal, mais une personne économiquement favorisée peut prendre plus de risques et ainsi réduire son budget assurances par rapport à une personne économiquement défavorisée et dont les économies seraient les bienvenues.»

Evaluer son «risque maladie»

Si la LAMal est obligatoire, certains individus n’envoient que rarement des demandes de remboursement à leur assurance. Les «malades occasionnels» réaliseront d’importantes économies en optant pour une franchise élevée.

Plus elle sera haute, plus la prime sera basse. La franchise varie pour un adulte de 300 à 2500 francs et pour un enfant de 0 à 600 francs. A nouveau, le bon choix économique tient compte de la situation de chacun. Beaucoup d’assurés ont déjà compris ce principe. Cependant, entre les enfants et les adultes, nombreux ignorent qu’il existe une catégorie supplémentaire, les jeunes adultes, soit ceux entre 18 et 25 ans.

«Pour cette classe d’âge particulière, une réelle économie peut être réalisée en se tournant vers une caisse maladie pratiquant ce tarif, conseille Georges-André Ledermann. Mais toutes les caisses ne le pratiquent pas, et dans certaines un jeune atteignant l’âge de 18 ans passe automatiquement au tarif adulte.» D’où l’importance de se renseigner et, le cas échéant, de changer de caisse.

Oublier les assurances «package»

Lorsqu’il s’agit d’assurer son mobilier, sa maison ou encore son véhicule, les offres sont pléthores. Les compagnies d’assurances jouent des coudes, et cette forte concurrence, qui pourrait a priori être avantageuse pour l’assuré, ne l’est en réalité pas.

Les prestataires rivalisent de créativité pour offrir et assurer des prestations dites «package». Ces dernières, bien qu’intéressantes financièrement si l’on tient compte de l’étendue de la couverture, s’avèrent bien souvent inutiles et finissent par augmenter le coût final de l’assurance.

Ne pas s’assurer inutilement

La «surassurance», soit le fait d’assurer un objet pour une somme supérieure à sa valeur réelle, n’entraîne aucun avantage. Cela implique le paiement d’une prime correspondante qui pourrait être économisée. A contrario, il faut éviter la «sous-assurance»: en cas de sinistre, elle entraîne des conséquences économiques fâcheuses.

En effet, lors de «dommage partiel», la compagnie d’assurances peut réduire sa prestation selon une règle proportionnelle (rapport entre la somme d’assurance et la valeur de remplacement). Et en cas de «dommage total», la prestation est quant à elle limitée à la somme d’assurance.

Il est primordial aussi de proscrire la «double assurance», c’est-à-dire lorsque le même objet est assuré contre le même risque par plus d’une compagnie d’assurances, ce qui peut être le cas lors d’offres de prestations dites «package». La double assurance entraîne bien entendu un coût supérieur inutile.

TÉLÉPHONIE – INTERNET

Regrouper ses contrats

En regroupant tous les abonnements d’une famille sous un seul compte, le client devient plus important et donc précieux pour l’opérateur. Ainsi, chez Swisscom, par exemple, grâce à un «pack» (téléphone fixe, internet, Swisscom TV) associé à une ou plusieurs lignes de Natel, les tarifs mensuels deviennent dégressifs sur la téléphonie mobile. Il est aussi possible d’enlever l’option téléphonie fixe du pack afin de réduire encore les coûts.

Faire payer ses interlocuteurs

Les entreprises ou les indépendants inscrits au Registre du commerce ont la possibilité de mettre en place une taxe sur les appels entrants. De cette manière, les coûts sont partagés entre les clients et l’entreprise – selon les souhaits de l’entreprise – que les appels soient nationaux ou en provenance de l’étranger. 

Abuser de Skype

En janvier 2013, plus de 300  millions de personnes à travers le monde ont utilisé au moins une fois la plateforme de téléphonie, de vidéo et de messages instantanés Skype lancée en 2003. Celle-là permet de communiquer gratuitement par ordinateur, tablette ou smartphone.

Près de 40% des entreprises s’en servent pour réaliser des vidéoconférences. En quelques clics et sans engagement, chaque personne peut converser sans débourser un sou, pour autant que son correspondant ait lui aussi un profil Skype.

ÉNERGIE

Tout mettre en veille

De nos jours, un ménage de quatre personnes peut compter jusqu’à quatre ordinateurs, plusieurs tablettes et smartphones, deux téléviseurs, voire plus… Et tous ces appareils, lorsqu’ils ne servent pas, sont en position veille ou alors branchés au câble pour être rechargés pendant la nuit.

Quand bien même celle-là dure plusieurs heures alors que seulement une ou deux heures sont nécessaires pour que leur batterie atteigne 100%. Côté TV, lecteurs de DVD et audio, pourquoi ne pas adopter le réflexe de les éteindre directement plutôt que d’utiliser la télécommande qui, elle, laisse l’appareil en question sous tension et donc consomme de l’énergie payante?

Plus loin avec un plein d’essence

Le site autoenergiecheck.ch offre aux conducteurs une liste de garages, dont une quarantaine à l’heure actuelle en Suisse romande, qui proposent une analyse et un contrôle technique. En moins d’une heure, le client repart avec un véhicule sous contrôle et des conseils techniques à appliquer soi-même par la suite.

Il est en effet prouvé qu’une voiture bien «réglée» consomme moins de carburant que celle dont la pression des pneus, par exemple, ne serait pas adéquate. Cette initiative promet une économie de l’ordre de 20% par an et par véhicule! Le coût du contrôle dépend évidemment du type de véhicule et du garage choisi.

FINANCE

Adopter l’e-facture

Le papier coûte cher. L’impression aussi. Les frais postaux, n’en parlons pas. Sans compter le temps qu’un ou plusieurs employés «perdent» à plier puis glisser dans l’enveloppe les factures. La solution pour les entreprises et les professions indépendantes à l’heure où presque tout le monde possède une adresse électronique? Se passer définitivement des factures papier et réduire ainsi considérablement les charges de son entreprise.

Une seule carte de crédit

Il n’est pas rare de posséder plusieurs cartes de crédit dans son portefeuille. Pourtant, elles ont toutes la même utilité, à savoir payer sans argent liquide en Suisse, à l’étranger ou sur internet. Et toutes ont des frais annuels plus au moins élevés. L’économie est dès lors simple: n’en garder qu’une seule. Et la choisir en fonction de son utilité principale.

Ceux qui s’en servent comme «ligne de crédit» devraient opter pour les prestataires proposant les taux d’intérêt échelonnés les plus bas (9,9% contre 15% pour le maximum fixé par la loi), comme la Banque Migros, Coop SupercardPlus ou PostFinance.

La cotisation annuelle de cette dernière étant aussi l’une des plus basse du marché, à 50 francs. La Coop SupercardPlus ne prélève, elle, aucune cotisation annuelle. Quant à ceux qui voyagent beaucoup, les cartes de la Cornèr Bank, qui taxe moins les achats de devises étrangères, sont plus avantageuses, selon une récente enquête du magazine Tout compte fait.

Se passer d’un conseiller

Le temps où un conseiller à la clientèle était indispensable pour acheter sa maison semble révolu. Et comme toute transaction via internet limite généralement les coûts à la charge du client, la conclusion d’une hypothèque ne fait pas exception. Ainsi le site homegate.ch propose des conditions d’hypothèque largement plus avantageuses que les banques classiques, selon Tout compte fait

Nathalie Praz

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