Bilan

Comment Finance active aide cantons et communes

Une carte de la Suisse est accrochée au mur de la salle de conférences. Des épingles de couleur jaune, verte et violette localisent la clientèle de Finance active, une société qui aide les collectivités publiques et parapubliques à gérer leurs dettes à partir de ses bureaux au centre de Neuchâtel.

En trois ans d'activité, le nombre de cantons, de communes et d'institutions paraétatiques qui bénéficient de ses services n'a cessé de progresser: actuellement, il s'élève à près de 100. Parmi eux figurent deux cantons (Genève et Neuchâtel) ainsi que des communes réparties dans quinze cantons, dont les six de Suisse romande. Finance active estla filiale helvétique de la société française éponyme fondée en 2000 par deux anciens banquiers, Jacques Descourtieuxet Patrice Chatard.

La création de leur propre entreprise découle d'un constat relevé dans leur profession précédente: trop fréquemment, les collectivités publiques ne gèrent pas leurs emprunts de manière optimale. Le succès est immédiat. Six ans plus tard, l'entreprise décide de s'étendre hors des frontières hexagonales. Le choix se porte sur la Suisse romande en raison de sa proximité géographique etde la langue. Mais aussi parce que le marché recèle un potentiel important avec ses six cantons et ses nombreuses communes. Des emprunts aux coûts surfaitsC'est ainsi qu'en 2006, François Reber prend les rênes de la première implantation étrangère de Finance active. Ce Neuchâtelois connaît parfaitement les rouages de la politique helvétique. Il fut correspondant de la Neue Zürcher Zeitung et secrétaire du Parti radical cantonal. L'homme prend alors son bâton de pèlerin pour sillonner le pays.

En trois ans, il rencontre quelque 300 trésoriers. Ses constatations sont édifiantes. Les collectivités publiques empruntent des milliards de francs à des coûts parfois surfaits. «On connaît toujours sa fortune, mais rarement le niveau exact de son endettement et encore moins le nombre de ses emprunts.

La dette vit sa vie, et elle ne se rappelle à vous que lors de ses échéances», raconte François Reber.La recette de Finance active pour aider les trésoriers? Elle consiste en une plate-forme installée sur la Toile baptisée INSITO pour Internet Site Taux. Vendu sous forme d'abonnement annuel dont le montant dépend du nombre et des montants des emprunts, cet instrument interactif permet surtout aux responsables des finances de négocier en connaissance de cause. «Il faut se rendre compte que les prêteurs parviennent à dicter leurs conditions.

Car les emprunteurs ne disposent pas d'outils performants pour les aider dans leurs choix et parce qu'ils méconnaissent trop souvent les mécanismes financiers. Autrement dit, les créanciers maîtrisent souvent le marché au détriment des débiteurs», affirme François Reber. La preuve? «En novembre 2008, certains ont augmenté leurs taux variables, alors que ces derniers chutaient fortement sur les marchés.»Des offres mises en concurrenceAvec INSITO, Finance active rend possible la comparaison des offres afin de les mettre en concurrence pour obtenir les meilleurs prix. Ce qui n'est actuellement pas toujours le cas en raison de la passivité de certaines collectives publiques. «En Suisse, la très grande majorité d'entre elles ne choisissent que des taux fixes, indique François Reber. A l'étranger, par exemple en France, c'est l'inverse: 40% à 50% des dettes sont libellées en taux variables.

Notre outil permet une réactivité immédiate en permettant de combiner les deux solutions, d'alterner la périodicité des remboursements et d'obtenir des coûts de gestion les plusfaibles possibles.» Conjointement à cet outil,Finance active, qui emploie au total cinq collaborateurs, propose également des conseils à ses clients sous forme de recommandation et de politique stratégique. Avec INSITO, Finance active propose aux emprunteurs de chercher la meilleure solution et de ne plus subir la loi des prêteurs. «Le coût d'un emprunt est beaucoup plus important en Suisse qu'à l'étranger. La marge est surtout exagérée.

Elle peut être deux à quatre fois plus élevée en Suisse qu'à l'étranger. Or, les frais de fonctionnement ainsi que les coûts du risque et de refinancement ne sont pas plus chers dans notre pays qu'en France où qu'en Allemagne», s'indigne François Reber. De surcroît, le risque pour le créancier est très faible, pour ne pas dire nul.«Dites-moi, à l'exception de celle de Loèche-les-Bains, quelle autre commune a connu de sérieuses difficultés de remboursement? Aucune. Les grandes banques, comme leurs concurrentes cantonales et locales, n'ont jamais enregistré des pertes avec des collectivités publiques helvétiques.

UBS et Credit Suisse se sont plutôt fourvoyés aux Etats-Unis en spéculant dans l'immobilier avec des produits qu'ils ne maîtrisaient pas», s'emporte François Reber. De l'avis de plusieurs utilisateurs, INSITO semble leur donner satisfaction. «Cet outil nous apporte une plus-value dans la gestion du risque et la simulation des différents scénarios. Il permet à la Municipalité de disposer d'untableau de bord automatisé», analyse l'un d'entre eux. Quant à savoir si Finance active permet vraiment d'optimiser les emprunts, la réponse appartient davantage aux responsables politiques qui préfèrent souvent un prêteur de leur région plutôt que de chercher à réduire les coûts de la dette.

En dates2000: Création de Finance active à Paris2006: Ouverture d'une S.àr.l. à Genève.2006: Création d'un siège à Neuchâtel.2009: Une centaine de clients dans 15 cantons. Au total, ils disposent de 1900 emprunts pour un montant de 28 milliards de francs.

CollectivitésL'endettement public recule en suisseAu cours de ces dernières années,l'endettement des collectivités publiques (Confédération, cantons et communes) a reflué grâce à la bonne conjoncture et à la vente d'or de la Banque nationale suisse. De 246 milliards de francs en 2004, il a reculé à 221,3 milliards en 2008. Ce sont surtout les cantons (-26% à 57,3 milliards) qui ont réussi à diminuer le plus leurs dettes, alors que les communes et la Confédération ont enregistré une baisse respective de 11% à 42,3 milliards et de 4% à 121,7 milliards. Au final, le taux d'endettement mesuré au produit intérieur brut a chuté de 54,6% en 2004 à 41,5% en 2008. Une jolie performance en comparaison européenne. Avec la crise économique, dont les effets se répercuteront négativement sur les recettes, les collectivités publiques ne parviendront plus à réduire leurs emprunts dans les prochaines années. Lot de consolation: les taux d'intérêt devraient rester à des niveaux historiquement bas même s'ils remonteront quelque peu.

 

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