Bilan

Comment Raoul Weil a été arrêté à Bologne

La police italienne a pu intervenir très vite contre l'ex dirigeant d'UBS à son hôtel quatre étoiles à Bologne. Les hôteliers doivent désormais annoncer tous les nouveaux venus en vertu d'un décret pris en début d'année.
  • Raoul Weil, responsable jusqu'en 2008 de la gestion de fortunes chez UBS Crédits: Keystone
  • L'hôtel I Portici à Bologne où Raoul Weil avait réservé une nuit avec son épouse.
  • C'est dans une chambre de I Portici que Raoul Weil a été appréhendé durant la nuit par la police.
  • Raoul Weil aimait se rendre en Italie pour des vacances. Ici, la Piazza Maggiore de Bologne
  • La Finma et son siège à Berne. Crédits: Keystone
  • Reuss Private Group, où Raoul Weil occupe le poste de directeur. Crédits: WENN
  • UBS et sa succursale de Park Avenue à New York City, USA. Crédits: Keystone
  • L'homme par qui tout a commencé: Bradley Birkenfeld. Crédits: Keystone
Samedi 19 octobre à 1h45 du matin, la liberté de Raoul Weil prend fin à Bologne. La cavale, diraient les Américains qui avaient émis un mandat d'arrêt à son encontre en 2009 puisque l'ex-dirigeant d'UBS ne s'était pas présenté devant le tribunal en Floride après son inculpation.

L'ancien numéro trois de la banque a ensuite été emmené en prison, les risques de fuites étant jugés élevés. Et il pourrait y rester longtemps, jusqu'à un an, s'il fait jouer les recours du droit italien contre son extradition vers les Etats-Unis. Dans le cas contraire, la procédure ne devrait durer que quelques jours.

Le journal local de Bologne Il Resto del Carlino a pu rencontrer les avocats italiens de Raoul Weil qui ne comprend pas la situation. «Pourquoi suis-je arrêté? Je ne suis pas recherché. Je suis venu avec mon épouse en vacances en Italie», aurait déclaré Raoul Weil à ses avocats. Il qualifie le mandat d'arrêt international de «vieille histoire américaine».

La police au courant

Le mandat d'arrêt émis par les Américains est pourtant toujours valable. Il se peut que Raoul Weil se soit déjà rendu plusieurs fois à l'étranger sans être inquiété, ce qui aurait accru sa confiance. Mais il ne connaissait visiblement pas le décret qui est entré en vigueur dans la péninsule le 7 janvier.

Il stipule que les hôtels en Italie doivent désormais annoncer chacun de leur hôte aux forces de l'ordre 24 heures après leur arrivée, numéro de passeport ou de carte d'identité compris. Si un voyageur ne reste qu'une nuit, l'annonce doit se faire tout de suite via un site spécial des autorités. «Les annonces se font chaque nuit», a confirmé un directeur d'hôtel à Bologne au Tagesanzeiger.ch/Newsnet.

Impossible en Suisse

Les ordinateurs de la police comparent alors les données reçues avec la banque de données des avis de recherche et avertit les forces locales en cas de concordance. Dans le cas de Raoul Weil, on ne sait pas encore si sa nuit à Bologne était prévue de longue date ou si ce n'était qu'une étape. Mais dans tous les cas, la police a pu intervenir très vite une fois son identité établie.

Un tel décret est impossible en Suisse même si la loi fédérale prévoit un devoir d'annonce pour les hôteliers. Comme le confirme Corinne Seiler, porte-parole d'Hotelleriesuisse, cela relève de la compétence des cantons mais il n'est prévu nulle part de le faire dans les 24 heures.

En Images: ce que les banquiers suisses ont coûté au fisc américain

1/7 Raoul Weil, 20 milliards de dollars évadés?
Raoul Weil, ancien numéro 3 d'UBS dont il était le directeur général de la gestion de fortune, est aujourd'hui dans la tourmente. Il est arrêté en octobre 2013 dans un hôtel de luxe en Italie par un mandat d'arrêt américain. Il est soupçonné d'avoir organisé l'évasion fiscale de 20'000 clients américains, pour une somme de quelque 20 milliards de dollars.
Image: AFP

   

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