Bilan

Credit Suisse révise ses activités de gestion de fortune

Pour réduire ses coûts, le numéro deux de l'industrie bancaire en Suisse concentre ou abandonne ses activités de gestion de fortune dans une cinquantaine de pays. Principalement en Afrique et dans les ex-républiques soviétiques.
  • Credit Suisse annonce qu'elle va renoncer à certaines affaires offshore. (24 septembre 2013) Crédits: Keystone
  • La priorité a été mise sur le contrôle des coûts: Credit Suisse (CS) termine du coup l'année sur un bénéfice net de 1,483 milliard de francs. Même en valeur corrigée de l'impact des coûts extraordinaires, UBS a comparativement dégagé un bénéfice sensiblement inférieur, de l'ordre de 850 millions de francs. Crédits: Keystone
  • Bien que supérieur à celui d'UBS, le résultat net du CS est en recul de près de 500 millions de francs par rapport à 2011, où il avait atteint 1,953 milliard de francs. Crédits: Keystone
  • Le patron du CS compte resserrer davantage encore les coûts de fonctionnement du groupe. L'objectif est d'économiser 4,0 à 4,4 milliards de francs supplémentaires d'ici à 2015. Crédits: Keystone
  • Au dernier trimestre, CS a dégagé un résultat net en hausse de 56% à 397 millions de francs. A l'image, le président du Conseil d'administration, Urs Rohner. Crédits: Keystone
  • La division Private Banking & Wealth Management (banque privée et gestion de fortune) a généré un profit de 911 millions au 4e trimestre, soit un niveau à peine inférieur (-3%) à celui du trimestre précédent. Crédits: Keystone
  • Traditionnellement faible au 4e trimestre, les activités d'Investment Banking (banque d'affaire) ont reculé de 38% par rapport au trimestre précédent, à 298 millions de francs. Crédits: Keystone
Credit Suisse reste toujours intéressé par la gestion de fortunes mais plus pour tout le monde. La banque dirigée par Brady Dougan a enjoint ses clients d'une cinquantaine de pays à fermer leurs comptes d'ici la fin de l'année. Soit parce qu'ils n'ont pas assez d'argent en dépôt, soit parce que la banque se retire des pays en question.

«En conséquence de notre examen stratégique qui a englobé tous les aspects légaux, régulateurs et opérationnels, Credit Suisse a décidé de se retirer de certains marchés et ou de certains segments», a confirmé Marc Dosch, porte-parole de la banque, au Tages Anzeiger.

La double nationalité en question

Ce retrait concerne principalement l'Afrique et des pays comme le Congo et l'Angola. Les ex-républiques soviétiques que sont le Turkménistan, l’Ouzbékistan et le Belarus font également partie de la liste. Les risques pour la réputation de la banque sont jugés trop élevés.

Dans d'autres pays, Credit Suisse se concentrera sur les super-riches, comme au Danemark et en Israël, où les clients affichant moins d'un million sur leur compte sont priés d'aller voir ailleurs. Il s'agit ici de limiter l'inflation des coûts par client.

Dans l'état hébreu, ce sont les clients à double nationalité et surtout à ceux disposant d'un passeport américain qui posent problème. Car ils sont tenus de payer des impôts aux Etats-Unis, ce qui est délicat à gérer au cas par cas.

Credit Suisse espère ainsi économiser 150 millions de francs par an avec ses mesures, surtout en frais informatiques et honoraires d'avocats.

Spéculations en Allemagne

Si les activités extraterritoriales (Offshore) sont redimensionnées, les activités locales ne sont pas à l'abri pour autant. La banque s'est appliquée ces dernières années à garder les fonds devenus propres d'ex-fraudeurs fiscaux dans leurs pays de résidence.

Ce fut le cas en Italie où d'anciens fraudeurs blanchis par des amnisties fiscales ont transférés leurs avoirs dans les filiales locales de Credit Suisse. Et malgré les communiqués triomphants, cette stratégie n'a visiblement guère payé puisque sur 30 succursales, il n'en reste que huit qui sont également destinées aux super-riches.

Même la florissante Allemagne fait l'objet d'une évaluation alors que les rumeurs de vente des activités bruissent sur les marchés depuis le début juin. Credit Suisse, qui y exploite encore huit filiales sur les treize qu'elle contrôlait auparavant, n'a jamais commenté les spéculations.

Réputation entachée en Allemagne

Selon des sources proches du dossier, Credit Suisse aurait retenu deux variantes: soit ne toucher à rien, soit ne garder que deux à trois succursales pour les riches et super-riches, comme en Italie. Quant aux projets de développement Onshore en France, en Espagne ou n'importe où ailleurs en Europe, ils sont enterrés en toute discrétion.

Dans les faits, cela marquerait la fin d'une stratégie démarrée au changement de millénaire à coup de centaines de millions de francs puis abandonnée avant d'être ranimée. Rien de tout cela officiellement mais Credit Suisse ne compte plus les descentes de police, jugements et autres scandales outre-Rhin sans oublier les vols de données.

L'image de la banque s'en est retrouvée ternie et les clients ont désormais la désagréable impression d'être suspectés de fraude fiscale rien qu'en ayant un compte chez Credit Suisse.

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