Bilan

Credit Suisse sous pression après la visite de la ministre des finances à Washington

Aucune information n'a filtré sur cette visite. La pression sur l'établissement zurichois, qui fait partie de la douzaine de banques visées par une enquête de la Justice américaine, est montée d'un cran ces dernières semaines.

En février, le patron de Credit Suisse, Brady Dougan, a été appelé à témoigner devant une Commission d'enquête au Sénat américain et avait reconnu que la banque avait aidé des clients américains à échapper à l'impôt, imputant toutefois la faute à un petit groupe d'employés.

Crédits: Keystone

L'action de la banque helvétique Credit Suisse est sous pression lundi à la Bourse suisse après une visite vendredi de la ministre suisse des finances à Washington, qui a soulevé de vives inquiétudes dans la presse helvétique.

A 15H09 GMT, le titre perd 2,75% à 27,28 francs suisses alors que l'indice SMI des valeurs vedettes de la place suisse cède 0,87%.

Vendredi, Eveline Widmer-Schlumpf s'est entretenue avec le ministre américain de la Justice, Eric Holder, avec lequel elle a notamment discuté des enquêtes pénales en cours à l'encontre de banques basées en Suisse, a indiqué le département fédéral des finances dans un communiqué publié dans la nuit de vendredi à samedi.

"La Suisse s'efforce d'obtenir que les autorités américaines appliquent une procédure équitable et respectent le principe de proportionnalité afin que les banques suisses ne soient pas traitées plus sévèrement que les établissements bancaires d'autres pays", avait précisé le ministère suisse des finances dans le communiqué.

Aucune information n'a filtré sur cette visite, attisant les spéculations dans la presse helvétique alors même que la pression sur l'établissement zurichois Credit Suisse, qui fait partie de la douzaine de banques visées par une enquête de la Justice américaine, est montée d'un cran ces dernières semaines.

"Berne est alarmé", écrivait notamment le NZZ am Sonntag dans ses colonnes. La question ne se résume pas uniquement à la taille de l'amende, qui pourrait être "énorme", selon le journal, qui évoquait une somme "d'au moins 2 milliards de dollars".

"Washington demande un mea culpa", ajoutait le journal, se référant à une source proche de la banque sans la nommer.

Les autorités américaines exigeraient également que la banque livre les noms de ses clients américains qui ont fraudé le fisc, ajoutait le journal dominical.

Contactée dimanche par l'AFP, la banque n'a pas souhaité faire de commentaire.

Dans son édition de lundi, le Tages-Anzeiger a toutefois évoqué des "motivations tactiques" derrière l'accumulation de rumeurs menaçantes sur la banque qui, selon un expert interrogé par le journal, viserait à construire une position de négociation pour alourdir les sanctions.

En 2009, UBS, la première banque suisse et principale rivale de Credit Suisse, avait été sous forte pression mais était finalement parvenue à un accord, moyennant une amende de 780 millions de dollars.

En février, le patron de Credit Suisse, Brady Dougan, a été appelé à témoigner devant une Commission d'enquête au Sénat américain et avait reconnu que la banque avait aidé des clients américains à échapper à l'impôt, imputant toutefois la faute à un petit groupe d'employés.

La semaine dernière, le Financial Times avait toutefois affirmé que Anthony DeChellis, l'ancien chef de la gestion de banque privée aux Etats-Unis, avait tenté d'informer sa hiérarchie à propos d'irrégularités au sein de la filiale Clariden Leu. Mais ses avertissements avaient été étouffés par ses supérieurs, selon le quotidien financier britannique qui s'appuyait sur une série d'emails internes.

Deux banquiers helvètes ont également plaidé coupable d'avoir aidé de riches Américains à cacher de l'argent au fisc, dont Josef Dörig, qui a fait référence la semaine dernière à un grand établissement international zurichois, sans toutefois citer le nom de la banque.

Mi-mars, Andreas Bachmann, un ancien employé de la banque s'était également déclaré coupable et avait accepté de coopérer avec les autorités américaines.

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